Huhu j’hallucine, je note deux aspects culinaires au milieu d’un paragraphe animé et touchant sur la vie des vieux en Chine, et vous ne retenez que ça ? Et après c’est moi qui suis focalisée la dessus… personne n’a eu une larmichette pour le pauvre hère à pédales, c'est honteux. Je vous renie, je vous conspue, je vous déshérite de ma collection d’os de poulet gravés au pollonium.
Aujourd’hui, la nuit. Prenez vos livres à la page 102. Les nuits de Gao ming sont pleines de surprises. Tu t’embarques benoîtement pour un dîner sur les coups de 7/ 8h, tu vas prendre un verre au New Face (repère des jeunes branchés reconnaissable à leur coupe de poulpe électrocuté) histoire , penses tu, de finir la soirée, mais de parties de dés en kampeï tu te retrouves à faire la fermeture, le patron te pousse pour sortir, t’embarques dans un taxi pour un deuxième dîner avec des gens venus de nulle part, et tu te retrouves dans ta chambre un peu groggy vers les 5/6h à te demander comment ton réveil va s’y prendre, sans bras, pour te réveiller. Mais la nuit à l’avantage d’éclairer d’un jour nouveau (expression bécasse s’il en est, il fait nuit on a dit) les turpitudes des petits locaux. Marcel pédale gaillardement sur son vélomoteur pour livrer à temps ses 274 bottes d’algues aux restaurants du coin. Au feu rouge, il s’arrête dans un équilibre précaire - les algues ca glisse. Oui, le chinois ne respecte que deux choses sur terre : le billet de 100 RMB et le feu rouge. Juste à temps, en travers, en tête à queue, au milieu de deux voies, mais il s’arrête – et attend. Le feu passe au vert, Marcel relance sa pétrolette, mais la pétrolette ne relance pas Marcel : il se retrouve stupidement en panne au beau milieu d’une 2 x 4 voies vide, à la ligne de feu, avec un 5 tonnes derrière qui klaxonne. Allez savoir pourquoi le camion ne le double pas... Nous on est passé à toute berzingue à côté, en rigolant, un peu. Peut être les deux y sont toujours. Faudra repasser, pour voir. Voyons le bon côté des choses, si ça s’était passé en plein jour, Marcel auraient eu 800 camions de fournitures, des exilés de la Mer Noire, le gouvernement et des ânes du Machu Pichu en rogne derrière lui. D’autre part, la nuit, on peut hocher la tête de manière appuyée même si on ne comprend rien à la visite guidée de la région par Hua Siji en patois du Guangdong, genre « ah ouiii, ce que tu me montres au loin, c’est le gouvernement/ton école/la ferme de ton grand-père (rayer la mention inutile) – ah non ce qu’il voulait dire, c’est juste ferme la fenêtre », de toute façon, on en voit rien. Mais, on est plus crédible. Hier donc, on a passé pour la première fois la soirée CHEZ un chinois, invitation aussi rare qu’appréciable. Les chinois reçoivent toujours au restaurant, jamais chez eux. Une sorte de ferme communautaire où tout le monde vit ensemble avec les animaux et les tracteurs bizarres. La famille entière avait été mise à contribution pour désosser bœuf, poulets, canard au hachoir à mammouth, et nous préparer un dîner super sympa – d’autant qu’on était à peu près 8 ou 9…Kampeï au lait de soja tiède, apéritif aux mini mangues et aux clémentines.
Mention spéciale à Yannick qui par ce chaud dimanche de mars a eu le courage de confier sa tête au coiffeur préféré d’A Qin et qui a hérité d’une coupe ‘Poulbot du Marais’, fort heureusement aisément modifiable avec un peu de gel. Mais oui elle va te reconnaître quand même ta chinoise du bar d’hier….
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