Lundi 19 mars 2007

Happy time, me voilà de nouveau catapultée sur cette planète étrange qu’est la Chine. « Catapultée » ne rend pas forcément hommage à la smooth attitude d’Air France et les délices de la classe affaire, mais l’atterrissage en milieu cantonais est toujours aussi percutant.

 

Juste histoire de rappeler qu’ici, c’est le gouvernement seul qui statue quand on a le droit de se gratter l’omoplate, les douanes nous laissent mariner quelques minutes, coincés à l’intérieur de l’avion, avant qu’on ait l’autorisation de sortir. Cela dit j’évalue encore assez mal ce qu’un message type : « Ici le commandant, les douanes ont décidé qu’aujourd’hui on ne débarque pas. Pas envie ils ont dit. PNC préparez vous au décollage » pourrait déclencher chez un mec de la cabine éco qui a passé 12h15 à se sucer les genoux entouré d’un bébé qui fait ses dents et d’un hublot qui ne ferme pas : Cannibalisme douanier ? Concours instantané de cris du phasme ? Syncope mortelle ? A tenter. Juste pour rire allez, rhô, on n’est pas comme ça. A l’arrivée, on se relaie avec les instances paternelles (qui m’accompagnent aimablement en ce début de séjour J) pour tenir notre position du côté du tapis bagage, parce que si le chinois n’a pas les dents sur le tapis, il meurt. Et comme il vient d’arriver dans sa patrie, il a envie de vivre un peu, donc il te pousse sans ménagement pour se coller au tapis et guetter son sac plastique scellé au scotch. Vu sa petite taille, on passera par-dessus, allez.

 

Le comité d’accueil est composé d’AQin et d’ A Qin, qui nous attend en mini jupe et tee shirt, l’air dégagé pour faire oublier qu’en fait dehors il fait 10 et qu’il pleut, mais ça ne prend pas !! J’ai déjà les poils au garde à vous. Et nous voilà embarqués dans une …hem… une quoi, tiens ? A première vue je dirais benne à roulettes marron, à deuxième vue skoda bordeaux, qui a le mérite de renouer tout d’un coup avec les frayeurs oubliées de l’autoroute : paf le camion, braaam le nid de poule et le tout nouveau « sploutch la flaque » ponctuent le trajet. Et lorsqu’à l’arrivée à l’usine la Skoda tombe en panne - le volant ne tourne plus, teeeeellement classique - la pétrolette verte a trouvé son maître. Que dire de plus sur cette journée qui s’achèvera bien des heures après : les retrouvailles avec toute l’équipe, dont Kevin qui me met directement à contribution pour aller négocier un canapé à prix « occidental » dans la ville à côté, un temps très très humidement glacial et bretonnant (crachin et vent), une balade de nuit dans la boue de Gaomin pour dénicher un tailleur pour confectionner les uniformes de l’expo, un dîner fidèle à l’excellente gastronomie locale, et un COUCHER 48h après mon dernier lever.

 

Le réveil est moins difficile que prévu, d’autant qu’un « Chifaaaaaaaaaaan » tonitruant m’amène devant un bol de liquide rempli de gros morceaux mous, jaunes et gluglus et de bouts d’omelette. Je mastique avec précaution, j’ai peur que le mou ne soit contagieux et que ma molaire décide de rallier les belliqueux rangs du bol, mais non, c’est plutôt goûtu. Les vitres grandes ouvertes sur le temps radieusement pourri m’ordonnent de toute façon de manger le plus possible pour survivre à la passion des fenêtres ouvertes par -15  - en voiture, au resto, dans les immeubles, le chauffage n’existe pas, et les fenêtres sont béantes, donc la température est strictement la même qu’elle que soit la position géographique d’un être lambda). La journée est occupée à la visite d’un domaine qui abrite un bouddha monstrueusement grand, des vestiges de la dynastie Ming, des curiosités géographiques et des panoramas qui sont sûrement magnifiques. Quand on les voit. Sans cette brume légumineuse qui recouvre tout. La pétrolette verte de Hua Siji a été appelée à la rescousse, pour trimballer tout ce beau monde occidental (Toni, Papa, Terence, Yannick, Ellen et moi) ; il en profite pour tourner un film d’1h20 sur son portable, ce qui lui vaut désormais le surnom de Spielberg. Mode d’emploi du bonhomme : Lorsque tout le monde photographie le bouddha, lui filme Yannick, lorsqu’on s’extasie sur une cascade, il filme Toni. Sortie DVD prévue en août.

 

Enfin, terminons par ces nouveautés qui changent la vie de l’usine : le trou qui sert de WC est désormais muni d’un verrou, mais bon, tjs pas de chasse, une cuisinière a été embauchée qui prépare le riz sur place – le déjeuner passe donc désormais de 8 minutes à 5. Je ne m’en remets pas.

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Jeudi 25 janvier 2007

Comme toute la greluche tribe, mon calendrier interne s’organise autour d’une session biannuelle de stress appelée : semaines de soldes. Bien sûr, envers le public extérieur je montre une humeur détachée de toutes ces contingences consuméristes (comme promis, le diplôme supdeco m’autorise à manier les mots de plus de 2 syllabes), je suis la free spirit qui se fout de la mode et déniche aux puces de Reims des blouses vintage trop trendy. Là où le bas (chair) blesse, c’est que trouver un magasin pas de chaîne à Reims, c’est une bataille que Jeanne d’Arc elle-même a abandonné il y a quelques siècles. Donc les puces, tu oublies.  Donc, envers le public intérieur (on appelle ça organes en biologie), je suis plus excitée. Les semaines qui précèdent la date fatidique, je m’auto-morigène pour ne pas lorgner les vitrines en me disant que c’est bien ballot de dépenser à ce moment là alors que cinq jours après, c’est plaisir des sens.

 Sauf que. Ladite date arrive, et mentalement déjà je baisse le bras. Pas moyen que j’arpente des allées bourrées d’hormones féminines en ébullition dans un espace clos qui ressemble à Neuilly vers 9h, Iwo Jima vers 9h30, Tchernobyl vers 10h. Avant même de le tenter, tu te retrouves virtuellemnt collé à un portant de jeans kaki taille 44, alors que par la droite te double une paire de siamoises du bras, qui se jette vitalement sur les étagères bien rangées comme si elles allaient se racheter un rein (pourquoi les filles font elles toujours les soldes par deux en se tenant par le coude en poussant des cris de loutre affolée…va savoir). Donc, les premiers jours, moi je ne me risque pas. Mais après, souci, faille du système. On est bien d’accord que le seul truc potable du magasin en taille normale, c’est la vendeuse. Exit les tentatives de trouver un vêtement sobrédebongou, tapis rouge pour les tops mauve léopard, les échecs de la saison, les jupes ras la moule en macramé. En plus la New Collection c’est toujours vachement mieux, ça te saute au beignet dès la 2e semaine, c’est joli et… plus cher oui. C’est le principe, Marie.

 Cela dit, Armaggeddon attend en général au tournant des magasins de chaussures. Les chausseurs créent une collection spécialement moche et importable qu’ils ressortent aux soldes pour garnir les portants et empêcher les articles normaux de partir trop rapidement. Soyez sans crainte, on reconnaît assez rapidement ce genre de stratagème : cherchez les seuls portants à rester bien rangés, à arborer toute la gamme du 34 au 42, et surtout, à avoir un intérieur sec. Car oui, la chaussure soldée est humide et chaude. Elle a contenu toute ce qui peut passer comme aventurier de la solde : le pied de sa taille qui bon, ne l’a pas élue, le pied trop grand qui a quand même voulu essayer d’en faire rentrer un max avant de décoller la couture du coté – et a d’ailleurs déposé un peu de peau sur le renfort - le pied trop menu qui a laissé un mouchoir-semelle au fond en souvenir - Souvent, ledit mouchoir de fortune est une serviette de La Brioche Dorée. Bref, l’escarpin moite tue le feeling de la solde. En plus comme te l’a seriné monmon, tu veux – et dois ! - essayer les deux de la paire; tu quittes donc tes ballerines pour faire quelques pas en crabe vers un miroir et quand tu reviens, tu passes ta vie à tenter de retrouver la fille qui a cru que tes chaussures à toi, abandonnées dans l’allée, étaient soldées.

Un conseil : en général tu la retrouves à la caisse, en train de demander si « ces ballerines existent en 40 », et « c’est une honte les prix sont pas affichés partout rhoo quel esprit peu commerçant ».

 Donc les soldes, c’est bon pour se réjouir, rarement pour investir.

 

 

 En tous cas à Reims. Villeu de lumièèèèreuuu.

 

 

 

 

 

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Jeudi 11 janvier 2007

Alors là il est 11h et la vie vient de s'arreter dans les couloirs du campus. La condition d'étudiant , difficile, pénible, vient de se cristalliser dans les 3 propos 1/4 d'une brunette qui a une Delsey sous chaque paupière. J’ai pas compris les ¾ restants de la phrase, la faute en incombe au sandwich-caféteria qui a remporté le budget 2007 du Colloque : « Plastique Industriel Comestible : sous quelle forme le commercialiser ». Notons ici le conseil avisé de ne pas trop courir les soirees de liste, pour les raisons évidentes suivantes : 1 - non, tu n'auras pas plus d'open bar si tu cries « RED IMPACT », la gratitude n'étouffe pas le listeux élu (tu le sais, mais tu le nies) , 2 - tu te retrouves avant même d'avoir validé un demi crédit, avec un tee-shirt violine à manches ocres barré d'un nom de liste ridicule (pourquoi ocre, parce que c'est la seule couleur pour laquelle aucune asso n'a jamais opté - et pour cause). Et 3 - les valises sous les yeux, on a vu mieux au Mondial du Glamour.

 

Donc, d'un oeil barré d'une mèche plus occupée à exhiber son balayage parfait qu'à laisser le champ libre pour la fonction visuelle, la nénette s'exclame : "... (bla bla bla sujet people ) ..nan et puis tu vois, la ça me gave TROP, je dois me laver les cheveux et tout, ca saoouûle. Je crois que ça va attendre la fin des partiels." iiiiiiiggghhhhh. Je calcule en quatrième vitesse que, vu qu'on rentre de vacances, que les partiels étaient AVANT Noel, et que les prochains sont dans une belle paire de mois, ça laisse champ libre au sébum capillaire de graisser tous les gratins étudiants du mois de janvier. Eurk. Pauvre monde.

 

Sinon, virgule, hier, virgule, gala d’hiver. Définition: Caravensérail bon esprit d'étudiants qui a sorti sa tenue de réveillon pour assurer la DAP de celle-ci. On retiendra le noeud papillon blanc sur chemise bleu nuit - un sex-appeal rarement vu depuis Balladur (c) - un total look papier cadeau pour une demoiselle qui avait oublié que le papier kraft, ça se plie mal, un banc de veuves corses en noir de la tête au pied - la mode est peu clémente pour les robes bleu ciel, et pourtant le look première de la classe peut faire son petit effet. Mais ma préférence va à la greluche sur stilettos qui, étouffant dans ses atours trop justes tel un saumon sous cellophane, essaye de compenser l'action de la petite robe qui remonte avec le déhanché Martin Solveig qui tue sa mémé. Pour le résultat, on hésite entre la danse de l'émeu et une loutre parkinsonienne. L'administration RMS était là, aussi, à peu près aussi à l'aise qu'une congrégation de jésuites en visite au Lido, l'esprit Colgate collé à la mâchoire. Certains avaient convié leur femme "allez tu vas voir, c'est sympa, c'est plein de jeunes"; Grosse erreur,  à l'heure où je vous parle, on m'apprend que le juge des divorces a été appelé pour procédure exceptionnelle.  

 

Bref, oui, on a bien rigolé, et non, les 1A ne savent pas boire

 

 

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Vendredi 5 janvier 2007

Bonne annéeeee les gennnssss!!

La Mouette is back, reviendue de ses pérégrinations fin 2006esques, forcément francofrançaise, et donc nettement moins tordues qu'au sein du vaste empire du Milieu-pas-très-au-milieu-vu-de-France. Mais bon, la fin de l'année a eu son lot de surprises du chef : un poste de perdage de doigt sous zéro absolu dans le Picard de mon coin, surnommé: le Surgelé de la Mauvaise Humeur, une tonne de billets de 200 et 500 euros pour payer trois haricots (jaunes, pas verts, c'est d'un commun le haricot vert...), du vol à l'arrache de myrtilles de Mauritanie (ils ne savent plus quoi inventer pour faire vendre des produits de base... le premier qui voit une myrtille en Mauritanie l'envoie au Musee des Arts Decoratifs, ca relève de la prouesse artistique), du ronchonnage de manteau en rat misqué - ci di rat misquéééé ? - parce que son Picard quotidien ferme le 1er janvier "alors comment je vais faire pour nourrir Zezette mon bichon maltaisde brocolis Weight Watchers"?

Donc, en fait , vive 2007. vive 2007 parce que je retourne à Canton-les-zoies en mars si mon administration daigne revenir à l'école AVANT mars, parce que ma PRO (petite réserve d'organes - Ln, en fait) investit HK vers avril mai, donc ca fait encore plus d'occasions de revenir ingurgiter ma dose de bacteries macrobiotiques, et distribuer de la charlotte de douche à tout va.

Pour bien faire, faisons nos voeux et résolutions: 

- Des cheveux qui se lavent et se coiffent tous seuls au son du réveil, genre c'est 6h, ça zouk, tu poses la droite a terre en pumping up the volume, à peine t'es devant la glace que t'es la fille capillaro-spirituelle de John Frieda et de Fabio Salsa. La classe absolue, et gain de temps non négligeable. Merci la Vilaine.

- Retenir autre chose que "Bon anniversaire" en chinois. Je vous jure, c'est la seule que j'ai retenue, et ca fait euh... un peu cheap. et c'est surtout moyen recasable à la Foire Internationale du Cuir Repoussé de Canton." On peut en mettre combien dans un container? Ah, bien, 280. C'est très bon anniversaire tout ça." Voyez vous mêmes.

- Arrêter d'être grande. Si. Je peux.

Et puis bon, ca suffit, déjà avec ça je sens que je vais pas perdre une gougoutte de sueur dans l'effort. si c'est pas beau la vie, on peut s'autopromettre des choses et pas les tenir sans crainte d'être foudroyée en barbecue géant par une instance omnipotente.uhuhuh.

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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