Mercredi 13 juin 2007

Hong Kong reste Hong Kong, et c’est plutôt cool de la part de l’oncle Tcheng, j’ai pu réutiliser mes vieilles bribes de chinois industriel et mon plan de métro MTR. Ce post est donc un update de mes précédentes visites dans la schyzoville. Plus ou moins fraîchement débarquée, munie d’une valise à roulettes «  je mène une vie d’ascète, un peu comme le père de Foucault mais sans les lépreux », c'est-à-dire presque légère pour une valise de fille, je me plonge dans la moiteur hongkongaise pour un WE subtilement marathon de la night. Précisons que ce WE se plaçait sous le haut patronage du consulat français. Ce qu’il y a de marrant dans le milieu des ambassades, consulats et autres univers interlopes  - oui interlope, car introduire du fromage et du Piaf dans cette ville qui sent déjà le soufre et la marée se révèle d’une morale douteuse – c’est que tout événement multiculturel se sous-tend d’un second degré improbablement délicieux. Morceau choisi pour la démonstration: le refrain de joyeux anniversaire programmé pour l’arrivée des desserts à la soirée du French May - soirée courue du tout HongKong avec ses milliardaires chinois et autres représentations VIP locales -  qui éclate, dans le silence appliqué de l’assemblée, sous la forme d’un dynamique«  300 millions de chinois, et moi et moi et moi ». Dieu nous garde, peu de chinois maîtrisent la langue de Molière, et c’est heureux. Bonne barre de rire pour les expatriés. Cela dit, les instances chinoises avaient quand même dégusté leur plat principal sous les gémissements de Jane Birkin chantée par Gainsbourg. Je t’aime moi non plus en ambiance de diner, c'est un peu le je vais zet je viens de la fourchette, il fallait le faire. Je propose que le programmateur musical de génie du French May nous organise un concert du  sirupeux Massimo Gargia pour la prochaine fête de l’Huma, un people chez les coco sac à dos c’est super hype.

Côté anthropologie, je te rassure, le chinois te marche toujours dessus pour atteindre son but, que ce dernier revête la forme d’un ATM, d’un guichet de gare, d’un comptoir de bouffe ou d’un simple passage clouté. On note même une recrudescence du nombre de méthodes de bousculage, les JO ne sont pas loin. La politesse est un pur concept, la galanterie n’en parlons pas ; Rien ne te permet d’échapper à la mamie d’1m04 qui te piétine quand les portes du ferry s’ouvrent pour être sûre d’arriver la première, ni ta stature, ni ton statut. Peut être les chinois respectent ils la célébrité française dépoussiérée, la prochaine fois j’essaye de glisser un Polnapack dans ma valise (ne haussez pas le sourcil, le kit perruque nouille blonde et lunettes blanches est en vente sur la tournée Polnareff). Ils vénèrent Mireille Mathieu aussi, mais la coupe au bol façon vinyle, j’assume moins, et je suis jamais arrivée à chanter « donnez nû milleu colombes pour les cccent mille ans qui vienneu » sans que les pigeons du périmètre ne meurent subitement. Mais bon, peu me chaut de ne pas atteindre le ferry en pole position, en revanche quand ladite tête blanche me passe devant au guichet et là reste les bras ballants parce que le message « acheter un ticket » s’est perdu entre le cerveau et la main, j’ai moins d’indulgence. Le chinois d’âge vénérable est un brin léthargique. A vrai dire moins rapide ça s’appelle un élan. Mort. 

Pour combattre l’esprit Tsunami qui nous baptisait depuis le vendredi, nous avons tenté le diable en la personne du ferry Aberdeen-Lamma, lequel nous aurait fait pernicieusement couler s’il avait été vraiment en colère. Petit bras, il nous a juste secoué le ban bao. Lamma est une île sans voiture, avec un mini centre ville aux ruelles tortueuses, de mini echoppes, des mini sentiers ; Alors aucun étonnement de notre part quand on a entendu une sirène de pompiers, puis vu passer un .. euh… tricycle? de pompier à toute berzingue dans la ruelle.  Je vous jure, une vraie motocrotte.  En fait le  revers de la médaille c’est qu’il doit y avoir l’équivalent d’un verre d’eau dans le réservoir, du coup on en a vu passer…. Huit. Oui, il faut huit camions et deux ambulances pour sauver un mérou de l'infarctus à Lamma; c’est moche.

 Le WE est passé trop vite, de jour, de nuit, sous la pluie et le soleil, et déjà mardi j’étais de retour devant mon comptoir préféré d’Air France. Florilège de mes derniers fou rires intérieurs : les japonais tous estampillés de l’étiquette  ronde JAL (Japan Airlines) sur la veste, en file rangée à la douane. Le papi tout devant qui appelle sa mamie tout derrière, elle arrive le sourire triomphant pensant griller toute la queue, son mari lui prend le billet qu’elle a à la main et la renvoie fissa à la fin de la queue - la prochaine fois la piteuse prendra des billets séparés. L’employé de l’aéroport qui fait son jogging sur le tarmac le long du taxiway fréquenté comme le périph à 18h, comme quoi le jogging est un sport de l’extrême. L'improbable canette  de Bloody Mary partagée avec le steward de veille en business, un prémix indéfinissable qui nous a bien attaqué le cerveau ; très happy mood par la suite, j’ai été gratifiée de la médaille de la « meilleure endurance en cabine pressurisée sur vol de plus de 12h ». La classe internationale.

 Enfin, un petit sondage de bon aloi. D’aucuns diraient idoine, mais je trouve ce mot laid, ses parents devaient pas l'aimer. Atterrissage, vous écrivez ça comment ? Moi comme ça ß Mais tout le vol j’ai eu devant les yeux  tous les objets doivent être placés sous le siège lors du décollage et de l’attérissage. Depuis, je suis inscrite dans un groupe de parole «  Assumer son côté Bescherelle et être quand même épanoui». Et si c’est moi qui ai raison, c’est quand même la grosse honte pour Air France.

 

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Lundi 4 juin 2007

J’ai failli m’enchaîner à un munster pour que le fonctionnaire de La Police Nationale daigne s’occuper de ma procuration dans une unité-temps qui ne concourre pas au Guiness. Quitte à éveiller l’attention, autant y aller fort et laisser un souvenir sympa au Fonctionnaire du Mois de la Pause Midi - le plus ponctuel à pointer à la purée de carottes Nationale de la caféteria Nationale. En fait, je n'ai pas eu besoin de dégainer cette solution ultime. Je suis passée en même temps que deux motards qui se sont gourés un minimum remarquable de 12 fois sur leur fiche, et qui doivent encore y être a l’heure qu’il est. "Quand on dit prénom(s) , on ne demande pas les surnoms, Monsieur". Donc après avoir compté une bonne dizaine de fois les enfants disparus, traduit les infos sur les violences conjugales en croate, et grillé au briquet le pelage mité d’un animal qui ressemblait vaguement à roquet en rut passé au blender, j’ai grillé mon monde. Bel effort, mais on retiendra de ce bref passage en territoire National que l’éveil n’est pas un critère de sélection au concours de police. Toujours est-il que ma famille pourra remplir mon devoir à ma place pendant que je me ferai bronzer le dim sum sur les plages de Lamma. C’est beau la 5e République.

 

Sinon, nouvelle du jour : je suis une überbitch, c’est mon horoscope qui m’a révélé ce nouvel état intérieur. Perplexitude : une âme charitable et/ou bien informée pourrait-elle me renseigner sur l’überbitchitude ? C'est comme une greluche mais à un niveau tantrique? Quelle idée aussi de cliquer sur les pops-ups de People.com. Je voulais juste voir si Roselyne Bachelot, à défaut d’être sur Facebook, était dans le Who’s Who. Je suis tombée sur le fils de Celine Dion, oui fils qui normalement rime avec « j’ai un pénis », mais là rime plutôt avec «j’ai le cheveu überlong et überlisse ». Ce gamin va avoir les cheveux qui saignent quand on les lui coupera pour le service militaire en Irak. A moins qu'il soit interné avant, en découvrant qu'il descend d'un oeuf coque barbu et d'une cruche surémotive. Donc, en bonne überbitch, je vais suivre ma propre définition; je vais arrêter de m’empêcher de traverser quand le feu est vert pour les voitures, chambrer tout fort le lumineux look de championnes des wesh-girls du train Paris-Charleville,  griller dans les queues du Parc Astérix et me casser un ongle devant le préposé aux chaises volantes pour l’apitoyer, et manger des fraises en novembre pour que le réchauffement climatique me donne un bon 20°C en décembre. Quitte à être bitch, autant que ca serve l'humanité.

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Mardi 29 mai 2007

Parcourant d’un œil inhabité le Biba[1] de ce mois-ci (j’avais laissé mon neurone collé au bord de la casserole pour avoir voulu lécher de trop près du caramel) mais muni d’un retour à la ligne automatique en option de série, mon iris d’un marron magnifique appelé aussi  marron commun à  98% de la terre  déboule sur la page Bibathérapie, paragraphe « 10 façons d’être heureuse à un mariage ». Cette catégorie d’article explore en général le spectre des choses de la vie d’un œil neuf et moderne, id est : pour vivre vraiment selon de saints préceptes,  on doit tous arborer des mitaines de tong en buvant de l’exsudat de graines germées pour dire à nouveau oui à la vie. Que nous conseille aujourd’hui l’inénarrable J.P. pour suer de la joie au mariage de son meilleur ami? Entre de judicieux conseils type faire rimer fringues et meringues, ou encore bras en l’air, on pique les yeux du public en trémoussant ses Optic 2000  sur du Gilbert Montagné, se glisse un des avis les plus stupides des trois dernières ères glaciaires : Pour que la fête soit plus folle, on cadre mal exprès les photos et on laisse son doigt traîner sur l’objectif. Hallucinée, je lis dans la phrase dans l’autre sens, essaye de la traduire en araméen, saisis mon briquet, fais chauffer la feuille pour y déceler de l’encre sympathique, vais boire un jus de citron pour changer de perspective, rien à faire, la phrase ne change pas de signification. Alors je sais pas vous, mais moi qui depuis 23 ans fais semblant à la fin de toutes les vacances d’avoir perdu la pellicule pour éviter de filer aux gens les photos du coin gauche du micro onde de la location, du cousin Jérôme en plein effort agrémenté d’un bel « index de l’artiste » ou des monuments européens en mode flou, je l’ai mauvaise. Tant de prix Cartier-Bresson condamnés à la poubelle. C’est moche. Sauf que j’ajouterais que dans toutes les familles traînent de vieilles rancunes décennales qui accusent la cousine célibataire d’avoir délibérément laissé un bout de son chapeau flotter sur la série de photos officielles du mariage, ce qui a pourri tous les arrière-plans de la série «buffet de campagne». Rater des photos d’accord, mais rater des photos de mariage, c’est passible d’un an de Serge Lama, avec les basses boostées et tout. On ne rigole pas avec ça. Les bons conseils dans les magazines féminins sont maigres comme une intention de vote communiste.

 Sinon il paraît que le nouvel aliment à la mode c’est le thé matcha. Badigeonné en masque, tissé en tee-shirt, broyé en coke bio. Et ça donne aussi des gâteaux verts. Appliqué à la vraie vie de tous les jours, si je fais des cakes au thé matcha pour la fête des Mères, je vais me prendre une rafale de remarques pertinentes se souciant de savoir si je sors avec un alien, si ça scintille la nuit, si ça peut occire Spider Man ou plus basiquement tuer le chien d’à côté, si je peux en refaire en modèle plus petit pour constituer la rangée de cyprès d’une maquette des soldats de plomb « scènes de guerre au Vietnam », si c’est ce gros muffin, là,  qui a déclenché les raz de marée à la Réunion, ou si  après le dessert on fera pipi vert . Admirable vague du bio, qui nous ferait porter aux oreilles des pommes de terre sculptées par des fermières guatémaltèques juste pour se sentir éthique. Moi je me sens, juste, et de ce fait, je préfère l’argent, ça moisit moins vite.

 Biba, c’est quand même la chronique des gens hypes.

 


 

 

 [1] BIBA : Mensuel féminin qui fait la promotion de la technique « Belle, Intelligente et surtout Bonne à Arnaquer »

 

 

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Lundi 21 mai 2007

Juste une pensée très affectueuse pour accompagner jusque là-haut la seule personne qui ait jamais su faire aimer les chiffres aux filles "mathématiquement  les plus atrophiées du cerveau" que sont les soeurs Allain.. si  son rire et ses gourmandises vont inévitablement nous manquer, on sait qu'un oeil rieur veille désormais sur nous :) Merci Joëlle.

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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