Mercredi 28 mars 2007

Je ne poste plus. Pas d'inquiétude, je me suis juste faite manger par un siège. 

Un moment d'inattention, sans doute. L'estomac est pas très spacieux mais on y fait des rencontres intéressantes. Ghandi vient par exemple de me battre à Chi Fu Mi, et j'ai appris par Charlemagne que Berthe aux Grands Pieds piquait dans le garde manger. Je vous tiens au courant. Bye.

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Lundi 26 mars 2007

Huhu j’hallucine, je note deux aspects culinaires au milieu d’un paragraphe animé et touchant sur la vie des vieux en Chine, et vous ne retenez que ça ? Et après c’est moi qui suis focalisée la dessus… personne n’a eu une larmichette pour le pauvre hère à pédales, c'est honteux. Je vous renie, je vous conspue, je vous déshérite de ma collection d’os de poulet gravés au pollonium.

 

 Aujourd’hui, la nuit. Prenez vos livres à la page 102. Les nuits de Gao ming sont pleines de surprises. Tu t’embarques benoîtement pour un  dîner sur les coups de 7/ 8h, tu vas prendre un verre au New Face (repère des jeunes branchés reconnaissable à leur coupe de poulpe électrocuté) histoire , penses tu, de finir la soirée, mais de parties de dés en kampeï tu te retrouves à faire la fermeture, le patron te pousse pour sortir, t’embarques dans un taxi pour un deuxième dîner avec des gens venus de nulle part, et tu te retrouves dans ta chambre un peu groggy vers les 5/6h à te demander comment ton réveil va s’y prendre, sans bras, pour te réveiller. Mais la nuit à l’avantage d’éclairer d’un jour nouveau (expression bécasse s’il en est, il fait nuit on a dit) les turpitudes des petits locaux. Marcel pédale gaillardement sur son vélomoteur pour livrer à temps ses 274 bottes d’algues aux restaurants du coin. Au feu rouge, il s’arrête dans un équilibre précaire - les algues ca glisse. Oui, le chinois ne respecte que deux choses sur terre : le billet de 100 RMB et le feu rouge. Juste à temps, en travers, en tête à queue, au milieu de deux voies, mais il s’arrête – et attend. Le feu passe au vert, Marcel relance sa pétrolette, mais la pétrolette ne relance pas Marcel : il se retrouve stupidement en panne au beau milieu d’une 2 x 4 voies vide, à la ligne de feu, avec un 5 tonnes derrière qui klaxonne. Allez savoir pourquoi le camion ne le double pas... Nous on est passé à toute berzingue à côté, en rigolant, un peu.  Peut être les deux y sont toujours. Faudra repasser, pour voir. Voyons le bon côté des choses, si ça s’était passé en plein jour, Marcel auraient eu 800 camions de fournitures, des exilés de la Mer Noire, le gouvernement et des ânes du Machu Pichu en rogne derrière lui. D’autre part, la nuit, on peut hocher la tête de manière appuyée même si on ne comprend rien à la visite guidée de la région par Hua Siji en patois du Guangdong, genre « ah ouiii, ce que tu me montres au loin, c’est le gouvernement/ton école/la ferme de ton grand-père (rayer la mention inutile) – ah non ce qu’il voulait dire, c’est juste ferme la fenêtre », de toute façon, on en voit rien. Mais, on est plus crédible. Hier donc, on a passé pour la première fois la soirée CHEZ un chinois, invitation aussi rare qu’appréciable. Les chinois reçoivent toujours au restaurant, jamais chez eux. Une sorte de ferme communautaire où tout le monde vit ensemble avec les animaux et les tracteurs bizarres. La famille entière avait été mise à contribution pour désosser bœuf, poulets, canard au hachoir à mammouth, et nous préparer un dîner super sympa – d’autant qu’on était à peu près 8 ou 9…Kampeï au lait de soja tiède, apéritif aux mini mangues et aux clémentines.

 

Mention spéciale à Yannick qui par ce chaud dimanche de mars a eu le courage de confier sa tête au coiffeur préféré d’A Qin et qui a hérité d’une coupe ‘Poulbot du Marais’, fort heureusement aisément modifiable avec un peu de gel. Mais oui elle va te reconnaître quand même ta chinoise du bar d’hier….

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Vendredi 23 mars 2007

La technologie pourrit mes poncifs bien ancrés par les BD de Tintin et c’est plutôt déstabilisant. Sur le chemin de l’usine, le matin, par exemple,  on croise souvent un vieux pépé ultra pouilleux sur un tricycle rouillé. Poncif n°1 : il dodeline de la tête, coiffé à la Mao, en récitant les pages 34 à 78 de son petit livret rouge. Poncif n°2 : il trimballe dans sa carriole un amas de déchets plus ou moins recyclable qui refoule l’essence, l’huile et le poisson, en annonçant son passage d’un cri récurrent autant qu’incompréhensible type « Waanebaaa. Wanebaaaa. Wa-ne-baaAaaaAAaaaaaaaaaaaaaa ». Jusque là, le pépé rentre dans les critères du comics, le pauvre chinois qui recycle pour vivre, en attendant de trouver le Tintin (qui lui tapera dans le dos d’un bon geste paterno-colonialiste, mais ça on est pas censés remarquer). Mais au Poncif n°3 : il plonge la main dans sa poche pour en sortir un mouchoir crasseux afin d’essuyer les gouttes de l’effort qui perlent sur son visage grimaçant (tu remarqueras, cher lecteur, que j’ai étudié jusque dans ses moindres recoins les bulles de Tintin et le Lotus Bleu), un événement inattendu vient bouleverser la théorie Tintin : le pépé s’arrête, (crache), plonge effectivement la main dans sa poche, mais de mouchoir que nenni, c’est un portable LG nouvelle génération avec radio et télévision qu’il porte à son front. A son oreille. Limite tu t’attends à ce qu’il claque un « Hey sugar, what’s up» en décrochant. Je m’en serais liquéfiée de désillusion, mais ça aurait été un mouvement encore trop rapide pour mes colocs – il faut savoir que, comme l’année dernière, leur vitesse de croisière sur le chemin de l’usine avoisine les 12 mètres à l’heure. Le but en fait c’est de marcher le plus lentement possible pour que tu ais l’impression de reculer – et même parfois, ça marche : tu recules.Mais c’est vrai que du coup elles ont la concentration maximale pour poser la tennis blanche immaculée là où ça ne se salira pas.

 Petite info à usage de qui se reconnaîtra : Oui, ici, je mange des aubergines tous les jours et personne n’en rigole. Je pense dès à présent établir ma carte de séjour ici, ou monter une association en faveur des discriminés de l’eggplant. Aujourd'hui à midi en revanche, dans la soupe de l'usine floattait des morceaux de tofu noir. Enfin, ce que j'ai pris pour du tofu, jusqu'à ce qu'AQin m'assène d'un ton docte :"Blood is very good for  health". C'est donc bien du sang (devrais je dire, des caillots? Mais non, vous sortez de votre petit déjeuner, j'épargne), qui coagule l'allure en une gelee ferme et tendre quand il est plongé dans l'eau bouillante, qui flottait dans ce liquide clair, et qui a eu le bon goût de justement de pas en avoir de prononcé, de goût. A l'heure où j'écris, je me sens euh. Vaseuse. J'ai un peu peur de vivre une expérience "Visiteurs" à la comte de Montmirail, m'évaporer dans les airs avec un nez en forme de groin et atterrir dans une cour de ferme dans le Honduras du 11e siecle.

 Sinon, côté audiovisuel des choses, la techno monobeat (=un seul rythme de boum boum ponctue des paroles suraiguës et répétitives) a atteint Gaoming, c’est dommage, j’aimais bien les rengaines romantiques larmoyées par des Maoettess en twin-sets. Et je ne saurai jamais qui de la fille de la compta ou de la fille du département juridique a fini par chopper le directeur du cabinet d’avocats de Hong Kong : la série Love Affairs (18h35, CCTV3) est terminée depuis 2 mois.

 

 

 

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Jeudi 22 mars 2007

Les garçons demandaient hier (enfin SEMBLAIENT demander, puisque notre système de communication ressemble de près à un téléphone arabe pour Corkys de fortune - Peter pose une question, je comprends 1 fois sur 10, les 9 autres fois Ellen me traduit, je réponds, elle traduit. Souvent on se retrouve dans des situations absurdes : il me répond « oui, il faut aller a droite» à « tu préfères une glace au poulet ou un Nugget au chocolat ») Donc, ils demandaient, à quoi ça sert une fille dans une maison. Hors contexte, ça peut paraître un poil incongru, mais ça s’intègre dans une conversation sur nos appartements respectifs, 100% girly avec les pyjamas à chatons de mes colocs, et 100% testostérone de l’autre coté avec Peter, Kevin et Steve. Et donc, je demandais benoîtement si ça ne leur manquait pas, une touche féminine dans leur appart. D’où le tranchant et très caustique «  Une fille, pour quoi faire ? ». Vains arguments de la partie adverse : comme ça tu peux lui piquer en douce du vernis pour les orteils, ou encore plus pragmatique, au moins 25% des habitants de l’appart penseront à racheter du liquide vaisselle. Cette plaidoirie n’a pas trouvé oreille bienveillante, vu que la vaisselle se résume à un trait d’eau chaude sur le plateau et que le vernis, ils en achètent déjà pour faire des blagues potaches. Tant pis pour la condition de la femme en Chine. Du reste, comment différencier un habitat chinois masculin d’un habitat féminin ici? On a déjà vu que le mauvais goût touche les deux rangs des belligérants, que les garçons affectionnent les ongles longs et soignés, que les femmes crachent et portent culotte. Pas facile de ce fait de distinguer les genres. En France, c’est fastoche. Si le matin ton colocataire ressemble à Chubaka, c’est un mec, spécimen avant rasage ; Mais les chinois sont imberbes, cette astuce ne marche pas ici. Essayons autre chose. En France, tu lances audit spécimen un « Bonjour ca va ? ». Il te répond : « boarf, ouais, ca se passe », c’est très vraisemblablement un garçon. Mais si il te répond « Mais pourquoi tu me demandes ça ? J’ai l’air moche c’est ca ? J’ai l’air d’aller moins bien qu’hier ? Je le savais, j’aurais du rester coucher,vous me faites tous braire puisque c’est comme ca je vais m’enfermer deux heures dans la salle de bains ». Ca c’est une fille. Mais en Chine, point de baignoire, donc point de velléité d’aller bouder sous la mousse – en plus du fait que tu ne sais pas dire Bonjour ca va en chinois. Résumons : le seul et ultime outil de différenciation des genres en Chine, c’est la crème blanchissante dans la salle de bains. Un mec n’osera jamais s’étaler un concentré de Tchernobyl aux extraits de Napalm pour avoir la peau plus claire, alors qu’il a été avoué publiquement au Karaoké dimanche que la gent masculine chinoise préfère la peau bronzée. 

 

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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