Lundi 31 juillet 2006

Ca y'est, je suis la seule occidentale du coin. Vue d'avion on doit quand même me voir, je vous rassure, j'ai mis une robe rouge et je depasse mes congénères de 50 cm.

Dernier dîner ensemble, accompagnées de Coco et A qin, rejoints par Peter qui a encore dû payer des glaces à tout le monde pour une raison qui lui échappe et qui - mais on ne lui dira pas - n'existe pas, puis tout le monde rejoint ses pénates. Je déambule avec A qin et Coco dans les rues surbondées de Gaomin - on est saturday night fever ou on ne l'est pas - en essayant de ne pas rigoler quand A qin me demande quelle coupe de cheveux je préfère entre cette fille qui a un oursin mort sur la tête et cette autre qui a du se faire coiffer dans un Lavauto  Elephant Bleu avec des rasoirs rotatifs en guise de balais. Puis, ramenée vers Longjian dans le pot de yaourt vert pomme, je joue à Qui Veut Gagner des Millions de Décibels en chantant à tue tête dans le taxi avec mon chauffeur unilingue, sur le CD chinois que je me tape depuis le début du séjour. L'avantage, c'est que j'ai l'impression de pouvoir les chanter - en fait je chante en miaourt, c'est à dire comme quand sur un tube anglophone tu t'égosilles sur des "I will mmnnnnneeemmmeyyyy , mmmmlowey toooo ", ce qui ne veut en soi rien dire mais va bien aussi sur la chanson. Ca marche bien sur du Mariah Carey, par exemple.

Le lendemain, c'est dimanche, qui dit dimanche dit off, qui dit off dit : encore plus de monde sur l'autoroute à côté de ma chambre. ouais! Donc Jakadi a dit : pas de grasse mat pour toi Malie. Je fais connaissance qq heures après avec le très maigre boyfriend d'Ellen. En allant à la cuisine, il me gratifie d'un " hello good morning" (j'attendais le: "Vietnam"), donc je me lance de fort bonne humeur dans un tirade de mon plus bel anglais shakespearien, quand ses yeux écarquillés et tout à fait paniqués me stoppent net : c'est Ellen qui a du lui apprendre ça, mais le pauvre ne parle pas un mot de plus d'anglais. Je pouvais toujours attendre mon Vietnam.

Je rejoins Toni à l'hotel, où il finit son rendez vous avec Shirley dite la veuve de Mao, et on monte au Ming Can Tchang chez les filles, qui d'après mon évaluation personnelle, doivent être en train de boucler leur valis, et d'après la leur, sont effectivement en train de faire leur valise, mais dans leur sommeil. Bref, le déjeuner est repoussé d'une bonne heure, c'est pas grave, j'ai quand même mangé des farcis vapeur au boeuf au petit déjeuner, j'ai des réserves. J'avais entr'aperçu les beignets de saindoux de la veille dans le frigo, mais je sais pas, je le sentais pas. Puis c'est l'heure des adieux déchirants dans le soleil couchant sur une musique titanesque. En vrai, c'est la ruée vers le ferry pour passer à la douane avant les mille personnes de la salle d'attente, donc point d'adieux déchirants, de toute façon je suis attendue au même moment pour un badminton avec A qin, Coco et son frère. Nous passons l'après midi entre salle de sport (moite), petite terrasse et jus de pastèque/frites, et visite enorgueillie du supermarché du coin (2 employées par rayons, qui scrutent les étagères des fois qu'un bidon d'huile voudrait vivre sa propre vie. Le plein emploi je vous dis). Je rejoins le Ming can Tchan pour la soirée.

Pour rejoindre A qin le lendemain matin, je réunis toutes mes forces GPS. Me souviens plus où elle habite, zut. Au dernier moment, le flash, ça me revient, je suis sauvée. La vie est une lutte perpétuelle. Elle doit passer à la banque pour régler l'électricité, c'est pareil pour tout le monde, chaque mois. Ils sortent un petit carnet genre livret rouge, où est consigné le montant de chaque mois, et chaque mois il faut faire le déplacement pour payer en cash et faire tamponner son livret. Easy. Après avoir acheté le meilleur petit déjeuner de mon séjour (il en a l'air, en tous cas, on n'y touchera qu'arrivées au bureau 1 h après), on prend le bus pour longjian. Il faut savoir que le bus ne suit pas d'arrêts, il s'arrête quand quelqu'un fait signe au bord de la route, quand le chauffeur veut acheter une bière à ses potes, quand il veut faire une pause... mais le pire du voyage reste la moto de Longjian à la factory, j'ai cru que j'allais simultanément perdre une dent avec les nids de poule, mes cheveux avec la vitesse et ma raison avec l'obéissance plus qu'aléatoire à la sécurité routière. Mais je suis là, rassurez vous je ne vous écris pas avec ma dernière dent et en plus, le petit déjeuner est divin.

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Samedi 29 juillet 2006

Je vois bien arriver le 12:00 fatidique de mon horloge digitale, mais j'espére pouvoir le prendre de vitesse, et je tape de plus en plus vite les mesures des fiches techniques, mais bientôt, c'est le drame : 12h sonne dans l'estomac d'Ellen alors qu'il me reste encore 2 catégories. Je lève des yeux implorants, je vois que c'est peine perdue.  Que voulez vous. Ventre affamé n'a point de zyeux.

 

La belle soeur d'Ellen nous a invité Ellen et moi à venir partager son repas avec son mari, qui est donc, si je suis bien, son frère. Celui d'Ellen. Elle, travaille au bureau à côté de nous et son frère est un ouvrier de la factory. Ils habitent  l'immeuble à coté de leur lieu de travail, c'est très commun ici (ceci dit si ils marchent aussi vite qu'Ellen, ils  peuvent mettre 20 min à venir le matin). On pénètre dans une ruelle sombre, boueuse dans laquelle fument les antres des cuisines des restos avoisinants.Des poules me fixent d'un air stupides, elles ont 8 pattes. 8 pattes....8....paaaaaaaattes ....(j'essaye de retranscrire ma réflexion).8 pattes???!? le SRAS a fait des ravages dites-moi. Bon en fait, elles sont juste à 10 dans 90 cm², ceci explique pourquoi ma poule avait deux pattes qui lui poussaient sous le menton.Vu la puanteur, je ne m'attarde pas et je suis Ellen qui franchit l'entrée de l'immeuble. On monte 3 , 4 étages, et on arrive dans une pièce de, allez , 11m², qui est donc l'appartement de sa belle soeur et de son frère. En fait il s'agit d'une cellule, avec trou pour les toilettes turques, surmonté d'un pommeau de douche, qui lui même empiète sur le plan de travail où est posée une plaque chauffante (qui sert de lit. Non, là je plaisante). Le reste de la pièce est envahie par un lit superposé et une mini table, le tout recouvert de papier journal. Promis, je ne me plaindrai plus JAMAIS de ma chambre d'étudiante ou de ma location de ski. Ceci dit, on mange très bien, comme d'habitude, un gros bol de riz comme base, et plusieurs plats de légumes et viandes pour accompagner. On me fourre d'office une espèce de beignet, un peu farineux visuellement, croustillant en fait, et à l'intérieur, c'est mou et un peu translucide. Le temps d'analyser et de comprendre, je viens donc de m'enfiler allègrement 3 beignets de gras de porc frit (le gras de porc ne sert pas de friture, mais de garniture, oui de garniture appelez le SAMU je suis victime d'une crise de cholestérol galopante). Et 3, parce que au début j'ai trouvé ça bon, mais maintenant je crois que je vais me concentrer sur mon riz, d'accord? non, merci madame, déclinons poliment par geste un 4e beignet, sinon en plus de leurs effets personnels, de leur mobilier et de leur lit dans leur 11m, ils vont avoir mon corps en phase de lipidisation dans un coin; et franchement, ya pas la place. Je précise que pendant qu'Ellen et moi mangeons assises, eux sont debout. Pas de place.

 

L'avantage certain de manger à coté de son lieu de travail, c'est qu'il était 12h13 quand on est parties, et qu'il est 12h40 quand on remonte. Sur le chemin du retour, je vois un cuisinier sortir un canard mort de parmi ses congénères du clapier suscité. Un jeu de cartes qui a mal tourné, sans doute, la loi de la jungle est sans pitié dans les clapiers. Ceci dit, je me demande depuis combien de temps il est mort, parce qu'on a quand même mangé là hier.....

 

De retour, Ellen se pose sur sa chaise et s'endort aussi sec; La sieste post dejeunale est sacrée. Surtout qu'elle doit aussi récupérer d'hier soir, dîner lors duquel nous a été proposé un buffet. Ne proposez jamais un buffet à un chinois, à Ellen, ils deviennent fous. Ayant intégré que le buffet fermait à 21h, elle a fait des allers et retours au pas de course pour ramener l'intégralité du buffet sur notre table. Vous auriez vu son sourire jubilatoire lors des démarrages en côte pour aller recharger, c'était magnifique. Moyennant quoi, on en a mangé la moitié, et on n'a même pas remporté le reste en doggy bags. 

 

Sacrée Ellen, si elle n'existait pas, on ne pourrait même pas l'inventer.

 

 

 

PS : AL, ce que je raconte de mes aventures culinosuicidaires ne reflètent que le neuvième de ce qu'on mange ici; Le reste est vraiment délicieux, donc lâche immédiatement ce sac de nourriture déshydratée pour cosmonautes long-cours que tu allais fourrer ni vu ni connu dans ton sac.

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Vendredi 28 juillet 2006

Plus de photos plus de frissons plusssss d'aventûûres (enfin à partir de midi...lol)?

Courez sur http://learacioppi.spaces.msn.com.

 

J'aurais pu faire annonceur à la radio... quel talent.

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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Vendredi 28 juillet 2006

Avant toute chose, ceci est un hommage au titre de Chacha;)

Attention, il est 12h03, comme je vous l'ai précédemment signalé, les Chinois s'autodigèrent à partir de 12h; tout délai d'attente prolongée avant l'appel libérateur  - "Chifaaaaaaaaaaaannnnnn" - met en jeu leur vie. Tout au moins l'équilibre de leur journée (il en est de même pour le repas du soir : 18h). Donc, à 12h05, nous partons en cortège pour le resto qui jouxte presque la factory. On y mange souvent ces temps-ci, ce n'est pas une raison suffisante pour nous accorder un discount selon la gérante, mais bon, on y mange plutôt bien.

Aujourd'hui, c'est Steevy qui invite, et il a décidé de nous faire goûter du serpent. Comme ça, je n'ai rien contre (je vous rappelle mon état de faiblesse général, pour ceux qui penseraient que la raison me fuit - c'est peut être le cas). Pensez donc, du serpent. Représentez-vous la bête (pas un anaconda, hein, prenez ce que le steak est au T Bone: une pièce normale). Or, prenez un serpent lambda - vous en croisez tous les jours, je sais-: pas plus épais qu'un bic .Je vous l'accorde, ces considérations ne sont d'actualité que lorsque l'on vous met en perspective de MANGER un serpent. Sinon, on n'en à que faire que la population "serpent "comporte Fat Snail ou Sim (l'acteur). Mais quand il s'agit de trouver de la chair sur un bic, ceci est une autre paire de manche.

On nous amène donc un bain bouillonnant aromatisé à je sais pas quoi, qui ressemble assez à du jus de viande, ou même à un roux délayé, et la serveuse y précipite tronçons de bics -serpents pardon - os de veau (très charnu aussi, il faut le reconnaître :/), coriandre, gingembre (euuuaaaark). Ca bouillonne un temps, et après, festival: avec tes petites baguettes, tu te saisis d'un morceau de pneu glissant, bourrés d'os fins comme des arêtes avec rien à grignoter dessus que la peau caoutchouteuse de ladite bête, qui n'a rien perdu de sa superbe  et de sa morgue dans l'humiliant jaccuzzi.

Bref, heureusement un peu de riz et de legumes nous apportent un réconfort subtantiel. C'est sur Peter cette fois qu'est tombée la charge d'aller nous chercher des glaces, et comme il n'avait pas du non plus se rassasier ce midi, il nous a ramené des sundays du Mc Do avec deux grandes frites. Mondialisation culinaire, vous disais-je. Deux choses à noter en passant: les frites du Mc Do donnent des boutons aux chinois, d'après Peter (seulement celles là, il faut dire que celles de leur resto sont divines), et ils mettent les sundays dans des grands sacs remplis de glaçons pour les transporter. Ingénieux, ça évite le sunday chocolat supplément salmonelle:).

par La Mouette publié dans : wizlamouette
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