Ca y'est, je suis la seule occidentale du coin. Vue d'avion on doit quand même me voir, je vous rassure, j'ai mis une robe rouge et je depasse mes congénères de 50 cm.
Dernier dîner ensemble, accompagnées de Coco et A qin, rejoints par Peter qui a encore dû payer des glaces à tout le monde pour une raison qui lui échappe et qui - mais on ne lui dira pas - n'existe pas, puis tout le monde rejoint ses pénates. Je déambule avec A qin et Coco dans les rues surbondées de Gaomin - on est saturday night fever ou on ne l'est pas - en essayant de ne pas rigoler quand A qin me demande quelle coupe de cheveux je préfère entre cette fille qui a un oursin mort sur la tête et cette autre qui a du se faire coiffer dans un Lavauto Elephant Bleu avec des rasoirs rotatifs en guise de balais. Puis, ramenée vers Longjian dans le pot de yaourt vert pomme, je joue à Qui Veut Gagner des Millions de Décibels en chantant à tue tête dans le taxi avec mon chauffeur unilingue, sur le CD chinois que je me tape depuis le début du séjour. L'avantage, c'est que j'ai l'impression de pouvoir les chanter - en fait je chante en miaourt, c'est à dire comme quand sur un tube anglophone tu t'égosilles sur des "I will mmnnnnneeemmmeyyyy , mmmmlowey toooo ", ce qui ne veut en soi rien dire mais va bien aussi sur la chanson. Ca marche bien sur du Mariah Carey, par exemple.
Le lendemain, c'est dimanche, qui dit dimanche dit off, qui dit off dit : encore plus de monde sur l'autoroute à côté de ma chambre. ouais! Donc Jakadi a dit : pas de grasse mat pour toi Malie. Je fais connaissance qq heures après avec le très maigre boyfriend d'Ellen. En allant à la cuisine, il me gratifie d'un " hello good morning" (j'attendais le: "Vietnam"), donc je me lance de fort bonne humeur dans un tirade de mon plus bel anglais shakespearien, quand ses yeux écarquillés et tout à fait paniqués me stoppent net : c'est Ellen qui a du lui apprendre ça, mais le pauvre ne parle pas un mot de plus d'anglais. Je pouvais toujours attendre mon Vietnam.
Je rejoins Toni à l'hotel, où il finit son rendez vous avec Shirley dite la veuve de Mao, et on monte au Ming Can Tchang chez les filles, qui d'après mon évaluation personnelle, doivent être en train de boucler leur valis, et d'après la leur, sont effectivement en train de faire leur valise, mais dans leur sommeil. Bref, le déjeuner est repoussé d'une bonne heure, c'est pas grave, j'ai quand même mangé des farcis vapeur au boeuf au petit déjeuner, j'ai des réserves. J'avais entr'aperçu les beignets de saindoux de la veille dans le frigo, mais je sais pas, je le sentais pas. Puis c'est l'heure des adieux déchirants dans le soleil couchant sur une musique titanesque. En vrai, c'est la ruée vers le ferry pour passer à la douane avant les mille personnes de la salle d'attente, donc point d'adieux déchirants, de toute façon je suis attendue au même moment pour un badminton avec A qin, Coco et son frère. Nous passons l'après midi entre salle de sport (moite), petite terrasse et jus de pastèque/frites, et visite enorgueillie du supermarché du coin (2 employées par rayons, qui scrutent les étagères des fois qu'un bidon d'huile voudrait vivre sa propre vie. Le plein emploi je vous dis). Je rejoins le Ming can Tchan pour la soirée.
Pour rejoindre A qin le lendemain matin, je réunis toutes mes forces GPS. Me souviens plus où elle habite, zut. Au dernier moment, le flash, ça me revient, je suis sauvée. La vie est une lutte perpétuelle. Elle doit passer à la banque pour régler l'électricité, c'est pareil pour tout le monde, chaque mois. Ils sortent un petit carnet genre livret rouge, où est consigné le montant de chaque mois, et chaque mois il faut faire le déplacement pour payer en cash et faire tamponner son livret. Easy. Après avoir acheté le meilleur petit déjeuner de mon séjour (il en a l'air, en tous cas, on n'y touchera qu'arrivées au bureau 1 h après), on prend le bus pour longjian. Il faut savoir que le bus ne suit pas d'arrêts, il s'arrête quand quelqu'un fait signe au bord de la route, quand le chauffeur veut acheter une bière à ses potes, quand il veut faire une pause... mais le pire du voyage reste la moto de Longjian à la factory, j'ai cru que j'allais simultanément perdre une dent avec les nids de poule, mes cheveux avec la vitesse et ma raison avec l'obéissance plus qu'aléatoire à la sécurité routière. Mais je suis là, rassurez vous je ne vous écris pas avec ma dernière dent et en plus, le petit déjeuner est divin.
Commentaires