Je commencerais juste par une aparté « Gra-no-la, président !! » . Voilà, c'était juste pour dire ça.
« Tadam tadammm » La sono à fond entrecoupée de baragouinage qui ressemble à du chinois, le Larsen en plus, rythme ma journée depuis 2 jours. Les joueurs olympiques s’entraînent en face de mon usine, sur le stade d’un grand bâtiment, avec des fanions rouges de bienvenue et de les choeurs de l’armée Jaune, exhortés par le flot oral ininterrompu du Tiewi Woland de Longjiang. A la fois ça ressemble à une compète, avec des sportifs habillés en rouge sautant par petits groupes en petite foulées comme si leur vie dépendait de l’uniformité de leurs sauts de cabri, et à la fois on dirait des étudiants ... en fait je crois que c’est juste la rentrée. Buahahahaha. Ma foi si j’avais eu des rentrées comme ça sur trame de fête nationale maoïste, avec défilés, sport et musique, peut être que j’aurais oublié moins souvent ma liste de fourniture le premier jour. Les chinois savent comment motiver les foules c’est certain... ils peuvent pas donner des cours de motivation à Ellen ? lol non c pas gentil.
Ellen prend des cours de conduite tous les soirs, 2h à arpenter un circuit sur une jeep toute seule. Pas assez de profs, donc c’est son frère qui vient lui apprendre parfois (il était chauffeur de camion l’année dernière. Bientôt dans vos kiosques, « Ellen chez les Routiers »). Elle paye donc vachement cher un permis qu’elle pourrait passer toute seule, c’est bien, ya pas que l’ECF qui entube ses élèves. Du coup A Qin est une nouvelle fois promue cuisinière du soir ; elle apporte toujours les repas avec un sourire d’excuse genre « si tu meurs j’ai pas fait exprès ». Ceci dit, je lui ai dit que c’était pas la peine qu’elle fasse des repas de restaurant, il suffit qu’elle prépare un plat avec tout ce qu’elle a acheté et qui lui tombe sous la main, (à l'exception d'un poulet vert ou d'un poulpe cru non nettoyé, réfléchissez un peu tout de même...) , et c’est toujours très bon.
Je préfère ça aux surprises d’Ellen. Hier , elle m’amène avec empressement au bureau un sac plastique humide contenant une masse grise et odorante, qu’elle pose sur mon clavier l’air gourmand. Bonne nouvelle, le chauffeur de taxi en a ras la pastèque que son grand père passe ses journées à pécher et nous refile l’air de rien la production du jour (euh, de la veille, vu le poisson.) Elle me dit « Yeah, I like it !!! I will share with my brother » Nous voilà en train de trier les poissons (que j’ai décalés de mon clavier, le E menaçant d’être noyé sous le jus de mer - mais trop tard la touch st d c d , hum, mort . ) .Les sacs triés,un pour sa belle soeur, un pour nous, on les pose sur le bureau, et pendant les 6h du travail de l’après midi, ils sèchent, doucement sous la chaleur estivale. Les remugles de marée me transportent sur les marchés de poisson, à ceci près qu'il fait 20 degres de plus. Je me dis, euh, peut être ce soir moi je vais finir le concombre d’hier, hein ? J’ai pas tant besoin de protéines que ca finalement…. Quand tout d’un coup Ellen me balance « ce soir on mange chez ma belle sœur, tu viens ? » - vous vous souvenez celle qui habite un 2m² sans frigo avec le frère d’Ellen. Oh ben oui, je viens, je prends mon petit Smecta d’abord hein ?
J’apprécie quand même les invitations de son frère et de sa belle sœur, qui me témoignent une grande gentillesse. A 18h donc, on se dirige vers le 2m², forcément on attend ds le couloir pendant qu’elle prépare à manger (pas de place). Le logement est vraiment d’une indigence rare, j’ai beau savoir que c’est temporaire ca me sert un peu le cœur de voir que les tabourets sont des bobines usagées de fil de fer clouées les unes aux autres et recouvertes de papier journal, et qu’ils n’ont même pas l’eau courante… Mais trêve de réflexions, le poisson est prêt... J’ai un peu de mal a trouver le poisson sous les piments, mais au moins le goût est puissamment dissimulé sous la brûlure du piment et l’étranglage des arrêtes (ici on fait cuire le poisson non vidé avec la tête et les nageoires, en fait ils tronçonnent juste le pauvre animal avant de lui faire danser la Cucarraça dans le Wok. Et puis ils viennent tous les 3 du Hunan, où les bébés reçoivent un œsophage en Kevlar pour leur premier Noël, donc ca ne dérange personne d’avoir plus de piments que de poisson entre ses baguettes. Des grands malades je vous dis. C’est peut petre pour ça que Ellen rote autant ? (mouhahaha. Coup bas.)
PS : oui, 2 articles en une même matinée. N’y prenez pas goût, c’est juste que je fais mon testament et que je me débarrasse de mon stock d’anecdotes… on sait jamais peut être demain je mangerai du ver.
PS 2 : PO, tu fais une seule réflexion sur le sujet de mes articles, je te fais avaler tes sourciles par les oreilles. ;))
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