Puisque je n’ai pas de fulgurance littéraire en ce grand brun ténébreux sinistre et moche mois d’août - oui, je l’ai personnifié en Jafar, ça m’aide à exorciser – je vais utiliser cette tribune mondialement lue (on remercie la famille à l’étranger, qui me permet d’utiliser cet adjectif qui claque sa mémé) pour élaborer un kit de survie en milieu social.
J’avoue, je suis à court d’idées pour répondre intelligemment à des situations complexes.
Situation tendue du tanga n° 1 : Un courtier dont le costume-gris-qui-craque-aux-coudes suffit à me déprimer, intègre quotidiennement et en même temps que moi la cage à poule estampillée Otis du hall d’entrée, et immuablement s’enquiert de savoir « si je monte ».Ahaha. mais quid mon brave (il n’y a pas de sous sol à ma connoissance). Donc, 1er jour, ton poli, « oui, je monte ». Deuxième jour, ton toujours poli, « oui, je vais au 5e ». Troisième jour, ton goguenard (on tente le comique de situation) : « Oui je monte, ai-je le choix ? ». Là, silence, froncement de sourcil gnééééééééééé je buggue, Raie-on-left m’assène un : « Ben oui, moi je vais au 7e ». Ok, donc Le Courtier n’a pas d’humour, à noter dans le Survival Manouel. Fin de la semaine : « vous montez ? ». Réplique motivée par le désespoir : « Non, je descends ». Et là, le mec sort de l’ascenceur. Le MEC SORT, quoi !!! Hallucinée, je laisse mon doigt errer jusqu'à l’étage RH, pour fourguer ma démission de cette boite de fous. Et puis non, en fait, a posteriori… y’aura vraiment moyen de se marrer ici huhuhu. Mais demain, je lui réponds quoi ? « oui, mais que les Shetlands parce que les chevaux ça me fait peur ? »
Situation tendue du string n°2 : Survivre en août sur la ligne 1 quand la masse touristique à Birkenstock craquelée et poussiéreuse investit les lieux de son humeur vadrouillarde . Je me lève un matin, fraîche comme un bulot Lidl en hyperthermie sur son rayon mal réfrigéré (Lidl oblige), optant pour le déplacement dit mécanique censé me conduire en un temps étudié de mon lit à mon siège de bureau, sans aucun geste volontariste de ma part. Pilote automatique, en langage booléen. Jusqu’ à la rame du métro 1, c’est finger in da nose. Mais là, le processus huilé se heurte au sport national du touriste à Paris : le lever tôtif et guilleret pour aller s’immortaliser le steak devant l’Arc de Triomphe – on sait jamais, quelquefois qu’il disparaisse avant 10h, Closer a indiqué que Copperfield passait ses vacances dans le Marais. Tu ne peux PAS prétendre survoler ton enveloppe corporelle lorsqu’un after-shave dégoulinant de senteurs marines t’agrippe de toutes ses petites phéromones vicelardes. Collée à la porte, j’ouvre néanmoins un œil prudent sur la famille guatémaltèque qui pourrit mon espace vital. Un radieux sourire m’accueille : l’espace d’un instant, je crois que par un mauvais aiguillage du dieu SNCF je me suis réincarnée dans la mauvaise enveloppe corporelle : celle de l’Arc de Triomphe. Un flash m’aveugle, puis 2 : sur l’album de vacances des Poncho Kuzco, je vais me retrouver entre l’Arc, un plat d’escargots et la baraque à frites du château de Chambord. Un coup d’œil circulaire confirme mes craintes : je suis le seul spécimen vivant d’ « autochtone français qui part au travail » de la rame. Une belle prise pour la famille de lamas, car cette espèce est difficile à traquer aux alentours du 15 août. Donc, ami lecteur, aide moi à trouver une Birkenstock craquelée pour compléter mon tailleur et passer inaperçue. Au moins des pieds . s’il te plaît. Je t’enverrai une carte postale de mon local à photocopieuse.
Demande de conseil 3 : le soleil, c’est par où ?
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