Jeudi 19 octobre 2006

Je n'avais jamais employé le verbe clore à l'impératif avant, mais bon, c'est comme l'oeil de poisson, il faut bien une première fois. La Mouette a fini de décrire des cercles concentriques autour de Longjiang, maintenant elle va essayer de délimiter les limites de son cerveau; après avoir défini les tentaculaires limites de gaomin, ca devrait le faire.

Afin de passer la barre des 12 000 pages visualisées, je vais m'adonner à la technique ancestrale du Remerciement . (ahah oui, public, tu as bien lu, 12000 pages lues, il paraît même qu'ils vont rebaptiser le rond point des Champs Elysees à mon nom, la classe) 

Merci à Toni pour avoir eu un jour la bonne idée de se dire que le siège sur lequel il était assis pourrait avoir les yeux bridés, ca n'enleverait rien à son charme. Et pour m'avoir fourni un stage expérimental et extraordinaire, au delà de mes attentes et de mon imagination (et pourtant Dieu sait si cette greluche est debridée).

Merci à Ellen et A Qin pour avoir été simultanément mon cerveau à l'heure chinoise, mon bouclier devant le soleil pernicieux de la Chine, mes gardes du corps sur les passages cloutés, mes traductrices des Feux de l'Amûr à la Banque d'Assurances entre 20h et 22h chaque soir, mes initiatrices de gelee de tortue et de piments sous riz (avatar  culinaire de baleine sous gravillon), bref, mes portes d'entrées indispensables et inestimables vers cet Empire du Milieu de Nulle Part si bizarre mais si attractif. Speciale Dedicasse à la terrifiante reprise chinoise d'Hotel California par  tous les KTV, qui a marqué mon passage du statut d'occidentale muette à "elle est des nooootreu, elle a gagné son micro comme les auutreuu".

Xie xie au chauffeur qui jusqu'au bout aura tenté de me refiler les classiques romantiques de Paris en 2CD. Pas folle la guêpe, je lui ai refourré dans sa boîte à gants à l'occasion d'un péage. Sa maitrise du bitume et sa sollicitude obsessionnelle envers ma ceinture de securité et ma vitre méritent la palme d'or du mec qui survit le mieux aux situations mortelles.

Merci à Maman, Rita, la petite Marie, et surtout mon inénarrable famille qui, outre le support d'une cellule psychologique à distance, ont prêté une oreille attentive à mon incessante activité de déblatération cynique, à laquelle je n'ai pu renoncer même en l'absence de mon meilleur tandem du genre (Drin,au hasard. lol). Merci de tous vos petits mots. Je n'oublie pas le pôle "commentaire qui sert à rien, mais qui fait bien", incarné par son secretaire général  Tibo.

Et puis tous les autres. Il fallait bien en oublier qquns, sinon ca fait pas professionnel.

A bientôt ..en Bolivie (Ah Maman je t'avais pas dit?)...

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Jeudi 12 octobre 2006

La mode à Longjiang, en ce moment, c’est chaleur chaleur . Un peu le tue-l'amour des catwalks. Si vous êtes un homme, allez ! on se refroidit le nombril en coinçant le bas de son T-shirt sous les aisselles, et on déambule en canard les bras le long du corps, bedaine en avant – le Chinois n’est certes pas gros, mais victime de la Tsing Tao. Si vous êtes une femme : petit pull en crochet émaillé de perlouzes qui ne couvre que les épaules et s’arrête aux… aisselles. (Le nombril, cela vient d’être prouvé, constitue la centrale de refroidissement de nos amis les Chinois) Si vous êtes un singe… mais qui vous a appris à lire ? Mouhahaha , la bonne blague Carambar. Si, je t’ai vu, tu as ri. Brièvement, mais tu as ri.C’est votre punition pour m’avoir apporté des Carambars à la place de Michokos pendant trois mois.

 Bon les zenfants on passe aux choses sérieuses : je m’en vais après demain matin. Je ne pense pas que l’inspiration ira me soulever le coude cette nuit, vu que ledit coude est calé contre la télécommande de la clim, quelquefois qu’on prendrait des dizaines de degrés en une nuit sur Longjiang – c’est Monsieur Al Gore qui m’a dit – donc je ne lâche pas la télécommande. Donc ceci est mon dernier post uhuhuh. Bon ceci dit, on ne s’emballe pas. Tant que je n’ai pas passé l’épreuve décoiffante de l’autoroute tôt-le-matin, dans une pétrolette verte qui joue à saute-mouton avec un du 15t hurlant  entre deux files, puis celle du comptoir de l’aéroport qui pratique le plein emploi mais pas la politique de l’efficacité, puis celle de ma valise qui, à vue de noeil, doit contenir un chargement tentaculaire pesant un buffle (DOIT c’est une obligation). J’ai déjà pensé à ce que j’allais offrir aux gens de l’aéroport si d’aventure ma valise dépassait 30 kilos : mes dix bouquins de greluche ; mon shampooing reflets cuivrés – sur un chinois ébène coiffé des ailettes de Mao, ca va taper sa mère-grand ; mon paquet de gelée aux algues, tant pis, je pourrai pas faire de blague dans le café de maman le matin ; mon panier en osier autocuiseur de Ban Bao – nan papa là je déconne, promis l’escale ne sera pas obligée de me débarquer comme une réfugiée Tibétaine. Bref, j’ai de la ressource. Enfin, si je mets autant de temps à passer les formalités que dimanche dernier, mon visa va être périmé. Donc, c’est pas gagné, mon prochain post pourra très bien être rédigé de la geôle de l’aéroport de Canton, entourée d’un sac de riz gluglu et d’un congénère d’Ellen qui se sera fait avoir en achetant un billet d’avion en papier toilette imprimé .

 

 En guise de bilan, une ou deux découvertes qui ont ensoleillé ma fin de séjour :

 

 

  §          L’appartement de Gaoming donnait en fait sur la salle de bains d’un client assidu du karaoké du 2e etage. D’où vomissements dès 21h, rendage d’œsophage dès 6h, répercutés sur toute la hauteur des 19 étages du Ming Can Tchang.  Je suis rassurée, je me demandais pourquoi chaque dimanche un ragondin grimpait sur la façade extérieure de l’immeuble pour venir fredonner du Joey Starr avant de mourir juste sous ma fenêtre d’une combustion subite de la tête (attention délicate, mais difficilement appréciable)  

 §          Le chinois est rétroactif. Lorsque tu croises un chinois, tu peux compter un, dos, tres, chanter un cantique maoïste, refaire ton lacet et enfin, faire coucou au même chinois qui vient d’imprimer que tu n’étais pas bridé, et de se retourner, 20 mètres plus loin, sur ton passage. Ceci explique l’absence de platanes sur la route, trop de collisions. Ca marche aussi pour le hello, qui arrive 1min34 en moyenne après impact.

 §          Je viens de réaliser que la musique militaire du lycée en face, qui rythme matins et soirs les moulinets du bras des étudiants en survêt mou, est en fait la MEME que l’hymne accueillant le régiment de l’adjudant Pernouille, détaché de Trifouillis les Moules au jour du 14 juillet, sous les commentaires avisés du sémillant Jean-Claude Narcy. Larmichette d’émotion : c’est aussi insupportable, mais c’est tous les jours

 Voilà, à samedi J

 Ah oui, pour finir, une nouvelle mode pour éviter que mon chat conceptuel, Belle Nouille, se gèle la gougoutte à l'heure des premiers frimas

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 PS : ah si, je ferai un poste remerciements. Il le faut uhuhuh. Du style "Merci à ma Maman qui a beurré mes tartines, pour qu'elles finissent un jour au vide-ordure et moi sur les routes de Chine, merci à mon agent sans qui je ne serais pas ce volatile méchant et pernicieux qui ricane quand un chinois se vautre sur une peau de pastèque au sortir du karaoké, etc".... bref, un post bien de chez nous.

par La Mouette publié dans : wizlamouette
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Mardi 10 octobre 2006

A l'aide d'un ciseau découpe Bip dans le titre et remplace le par "Overblog, mon serveur  de blog" . Rajoute "préféré", ça passera mieux - mon blog ne se retrouvera pas dans la demie seconde dans les cachots sombres-et-humides-qui-sentent-le-soufre de l'Antre Infernalement Pernicieuse du Cimetière des Blogs Bannis. N'hésite pas à demander à ta maman si tu as du mal dans la partie difficile (le découpage).

Donc Goulag, mon nouvel ami, est une entité super sympa qui interdit de mettre plus de 5 albums en ligne. Sur 3 mois, c'est un peu short, surtout que pour mettre une photo en ligne il faut le faire image par image, c'est long, fastidieux, et on ne peut même pas aller se taper une soupe de riz gluglu entre-temps par crainte de s'apercevoir en revenant une heure après que le chargement est bloqué à la PREMIERE photo. Auquel cas, oui, tu craques. Tu as le droit.

Donc les dernières photos de mon séjour, je vous les mets dans les posts. Au menu aujourd'hui, une photo qui résume mon WE à HK avec Papa - rigolage, soif (car crapahutage), et bonne humeur -, et Ellen avec sa charlotte car je ne compte plus les gens qui demandent une photo, je devrais faire monter les enchères - non par humanisme mais par crainte de me faire avoir une enième fois: je refuse.

par La Mouette publié dans : wizlamouette
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 7 octobre 2006

Prologue : si vous petit déjeunez, merci de prendre connoissance de la note de bas de page, dont le rôle est d'éviter toute réclamation future.

Allo oui ? Comment ça, la SPA des blogs ? Oui je sais, j’ai le blog terne ces jours ci, il croupit un peu dans sa moisitude. MAIS j’ai fait une découverte qui pourrait sans rougir grappiller un 7 sur l’échelle de Richter des blagues du jour (auto évaluée à 8, on se distrait comme on peut dans un ferry). Vous aurez remarqué que dans tous les hôtels du monde les problèmes de douche tournent autour de « j’ai voulu prendre une douche réconfortante et je me suis pris la banquise en hallebardes sur la tronche ; est ce normal que l’eau chaude ne fonctionne pas ? ». Et bien vous serez heureux d’apprendre que dans les hôtels estampillés 5 étoiles de Hong Kong, ce n’est pas l’eau chaude qui fait défaut, mais l’eau froide. Question de standing. Donc, vendredi soir au Harbour Plaza Hôtel, alors que la réception baignée d’un halo plafonnier passe du mauve au violet en donnant l’impression aux clients du hall que la Fête des Loges a élu domicile sur nos têtes, nous commettons l’erreur de débutants de poser cette question d’une banalité renversante: la douche est-elle réparée ? Une demi-heure plus tard, on ne sait toujours pas, mais la chinoise a perdu 12 ans de vie (c’est ça ou se ronger les ongles, mais si c’est pour se pourrir une manucure de griffon qui coûte un bras, l’option don de sa vie est hautement conseillée), regrettable perte due au stress de ne pas connaître la santé de la douche de la suite 4716. Je peux presque entendre son mantra culturel : On ne perd pas la face, on ne dit pas non. Moralité : Ne posez jamais de questions, allez vérifier par vous-même. Pour info, je me suis ébouillantée l’épithélium, mais il aurait fallu me payer pour redescendre à la réception. Sinon, hôtel somptueux, climatisation à 8°C pour confire bonnes manières et ficus du hall. (Petit plan de notre appartement ici). Pour arriver jusqu’à ce havre de luxe, il a fallu que je prenne cet inénarrable ferry qui relie le bas de mon immeuble au centre de HongKong – plus pratique ça s’appelle de la télé transportation – dont l’enregistrement des 300 passagers apathiques mais animés d’une belle HQA (Hargne dans la Queue d’Attente) a débuté 13 minutes avant le départ (frayeur); Que je survive à la congélation Findus de la classe VIP du ferry (lutte à mort); Que je décline poliment une patte de poulet bouillie de la part d’un voisin bienveillant (sourire urbain); Que je retrouve la belle chevelure argentée de mon papa au coin Nord Est du Peninsula à l’heure convenue – Pas dur, vous voyez un sequoia dans une forêt de bonzaïs ? Ma mission de combat a trouvé son apogée dans le meilleur restaurant de sushis de Kow Loon, au son des bonjours et au-revoirs psalmodiés avec un enthousiasme las par l’équipe de cuisiniers à chaque fois qu’un être vivant (chinois, étranger, chien, poulpe frais) passe le seuil de la porte.                  Le lendemain, on opte pour l’activité « ça passe ou ça casse dans le bus à impériale ». Les hauts de HK sont des petites routes sinueuses bordées d’une végétation dense et dotés de bras qui font la holà en  longeant la baie en lacets. Le chauffeur de la ligne 6X se targue de détenir un chrono imbattable sur le tronçon centre ville/Stanley Market, fierté traduite en langage carrosserie par « étoile dans le parebrise de l’impériale ». Il fait, aujourd’hui encore, honneur à sa réputation, et chaque virage est un quitte ou double, formule à laquelle j’ai souscrit pour 3 mois mi-juillet, rappelez-vous. Puis j’ai faillu perdre un membre quand j’ai voulu céder aux sirènes de la fashionitude en achetant un jean slim. Je suis officiellement maintenant dotée de l’accessoire tendance genre je suis un bête de la meûde, et privée de l’usage de mes cuisses, restées en apnée trop longtemps. Trop fashion la greluche. Mais c’est chacun avec deux bras et deux jambes au bon endroit que l’on assiste le soir-même au mirifique feu d’artifice du Mid Autum Day dans la baie de HK. Un sons et lumières inoubliable, secondé par les néons des innombrables buildings qui bordent la baie, sur une orchestration au poil distribuée par des hauts parleurs discrets - Karayan, sors de ce pylone. Je suis fascinée, au point d’oublier que le papi à côté de moi me crache les reliefs de son œsophage sur le coin des sandales (Tudieu, ca colle au palais, l’amidon ! C’est qu’il faut cracher fort* !). Dans la foulée, dîner indo-thaïlandais dans le quartier hyper grouillant d’happy hours peuplés d’expatriés, dîner clos par une glace d’une taille indécente, où se terrent des morceaux de pâte à cookies crue - une tuerie – que l’on déguste sous la pleine lune sur le ferry qui traverse la baie. Hong Kong est bluffante.

Coté Gaoming, la vie suit son cours. Les Chinois ont des occupations ...uhm ...intéressantes. Dans le ferry du retour, j’ai droit à un compagnon de salon privé parlant anglais – glop – décidé à me convaincre des bienfaits de la bigamie dans la société chinoise - moins glop: visiblement il a trouvé la première, et part en quête de la 2. Volontairement, je m’isole ostensiblement dans mes activités de greluche futile qui lit Cosmo, m'excluant par là de la liste officielle des concubines en lice. Puis je croise sur les routes poussiéreuses un garçon qui porte des légumes verts dans un sac en plastique - mon cerveau bugue comme si j’avais croisé la duchesse d’York en goguette sur un mototaxi. Garçon de 20 ans + légumes verts = équation inconnue lorsque la variable X prend la valeur d’un occidental moyen. Il va falloir que j’explore plus avant la génétique asiatique, et peut être un jour « beuah, un cordon bleu c’est un plat complet, le fromage c’est du légume » disparaîtra de la conception masculine de la nutrition. Le gardien de ma porte d’immeuble s’ennuie, il exploite à fond son gène humour quand je me pointe à la caméra les bras chargés de paquets et qu’il feinte par deux fois l’ouverture de la porte. Je ne lui en veux (presque) pas (à mort), je n’ai aucune légitimité question humour depuis que j’ai du tenter d’expliquer à A Qin sa blague Carambar. Pour faire court, voici ce que nous proposait Guillaume 44 ans : « c’est quoi le pire : avoir du chewing-gum entre les doigts de pied ou de la mayonnaise entre les fesses ». Je me suis sentue pathétiquement short of words pour éluder la traduction et sauver la réputation du savoir-penser français.

 

 

Bien, il est l’heure d’aller avancer de quelques chapitres le marque-page du livre intelligent (i.e. The Devil wears Prada). L’incurable greluche vous salue bien bas.

 

 

 

 

PS : je promets d’ouvrir un vrai livre intelligent si d’ici là mes deux hémisphères cérébraux ne s’auto-attaquent pas d’exaspération d’avoir une barque de pécheur dotée d’un moteur de Soyouz qui fait des A/R depuis plus de 2h, sous mes fenêtres, sur le fleuve. Je vous jure j’ai envie de lutter avec un ours tant ça me porte sur les nerfs. Des propositions?

* Je ne veux plus de commentaires sur le caractère ragoûtant ou nom de cette coutume qu’est le crachat ici. On le sait, c’est dégueu, on n’y peut rien, je ne vais pas lui fourrer sa langue au fond de sa gorge pour que ça suinte par les zoreilles :))

 

 

 

par La Mouette publié dans : wizlamouette
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
renouveler un nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus