11h 20 de vol, 1h de navette équipage au son des bonbons Haribo, 2h de train corail facon chinoise ( une mention speciale a l'hotesse en soubrette, d'une régularité héroïque en ce qui concerne le passage de la soupe aux pattes de poulet dans les allées dudit train), et quelques heures de voiture , voilà ce qu'il faut pour mériter Longjian, Gaomin et les autres contrées joyeuses et étouffantes des abords de Canton.
Assise dans le bureau de l'usine, je contemple Ellen mangeant du je sais pas quoi à je sais pas quoi en sachet (j'ai cru analyser une sorte de beef jerky pimenté à la kalachnikov et au sésame: chaleur du gosier assurée) et qui s'endort toutes les 30 secondes devant son ordi. elle a une excuse : on les a fait poireauter jusqu'à minuit pour le diner, et on a regagné nos pénates à 3h. Mais ca en valait la chandelle: un diner genial et succulent avec tout le staff Racioppi, Allain et Creaform; je retiens le croquage de phalanges frites de poulet, ca a alimenté tous mes rêves cette nuit (le syndrome du membre fantôme sûrement : qui me croque les phalanges?). En tous cas, Aurélie a eu, une fois encore, ses frites. Que demande le peuple?
En attendant les papas et les petites soeurs, signalés dans un resto du coin il y a déjà quelques heures ;), le ventilateur parme s'agite en vain pour animer l'air moite d'un mouvement rotatif. J'admire, j'aurais déjà abandonné à sa place.
Règle n°1 : Phares en face tu vois dans ta voie , vite tu réagiras. Règle encore assez peu intégrée par nos amis "je choisis la voie qui a l'air le plus sympa, même si c'est pas le bon sens". D'où l'intérêt du siège passager, qui, occupé par qu'elqu'un d'éveillé (dans tous les sens du terme), peut te sauver la vie.
Règle n°2 : Du klaxon dans toutes circonstances tu n'abuseras. Une idée pourtant pas si bête à faire partager à nos amis parisiens, dans la mesure où lorsqu'il est utilisé fréquemment pour n'importe quoi, le klaxon devient un compagnon de vie agréable, pas forcément utilisé par quelqu'un qui vous en veut, ou qui est tout rouge. Le klaxon chinois est flegmatique, voire bienveillant ("attention, je vais t'écraser" (bon sourire de Père Noël)). Mais à l'entendre partout, on finit par se laisser avoir.
Règle n°3: Rien n'est plus intéressant que la route en face de soi. Je sais, quand son passager prend des photos sympa avec un Lumix tout neuf, il est tentant de regarder dans l'objectif en même temps que lui. Mauvaise idée. La route n'est pas exempte de gens qui se trompent de voie. Cf règle 1.
Règle n°4: Parfois, garder une trajectoire "tout droit", c'est sympa. En effet, on ne répétera jamais assez que changer de file est certes distrayant, mais il faut metrre son clignotant. Si par malheur on ne voulait pas changer de voie, s'interroger sur ses capacités motrices à garder une trajectore droite. Un crapaud écrasé, ca pue. un cycliste écrasé, ca fait désordre.
NB : ces règles n'ont jamais été éditées en chinois. Ceci explique peut être cela.
Aujourd’hui, jour de chaleur monstrueuse, l’état chinois s’amuse. Coupons donc l’électricité aux entreprises du coin (jamais aux particuliers, ce serait contraire à la solidarité du peuple. A la limite, heureusement), on va voir ce qui se passe.
Apres 20 min de dégoulinage intense dans les bureaux, car le ventilateur ne peut rien non plus sans jus, Retour Bienfaisant à l’appart (j’ai décidé de tout baptiser d’un concept chinois. Je suis moi-même « Grande Occidentale Moite et Blanche ». J’ai eu beau expliquer à Ellen que vu que j’étais bronzée, j’étais bien plus noire qu’elle, elle continue de me trouver plus blanche. C’est vraiment un complexe étrange. An Qui se blanchit la peau des poignets, des chevilles, et du visage tous les matins)
Où en étais je ? Ah oui, retour à l’appart. J'ai traversé le carrefour moyennement rassurée, vu que le matin même avait été témoin d’une scène des plus atroces : Ellen et A Quin sous leur ombrelle s’exclament « ouah, trop mimi la petite souris » (enfin d’après ce que j’ai compris de leurs petits cris de ravissement). Je regarde et l’instant d’après : pluie et purée de souris émincée à la Honda. Trop kawaï, diraient les Japonais. En plus elle a été traînée sur des mètres par le camion de derrière, un peu écoeurant, mais pas le temps de s’attarder, rappelez vous : nous sommes sur un passage clouté, vaste lieu de perdition corporelle s’il en est.
Un travail intensif à l’appart récompensé par un déjeuner choisi par Ellen : Mac Do. Ceci dit, c’est à visiter, le Mc Do en Chine : un lavabo dans tous les coins, pour se laver les mains. Les Mc Do proposent la plupart des plats servis dans les McDo occidentaux, en plus épicés et bp plus de poulet… sous toutes ses formes (même celles qu’il n’ya pas dans le poulet. Type le losange de poulet. Ahahah.
Cet après midi, boulot….. et diner tôt, car demain, c’est réveil 5h du matin pour prendre l’avion pour Xi An, la ville des warriors. Ce sera le premier décollage de Ellen…. Peut être même son premier voyage. Bon, si elle crie comme elle parle au téléphone, on n'a pas fini de trembler pour les parois de l'avion ;)
PS : là on regarde la télé chinoise : c vraiment trop kitsch, mais il ssont trop à fond....ca parle deprincesse, de chavalier du Moyen age, ils se touchent à peine (hyper trash, de toucher l'épaule de quelqu'un!!). En fait je pense que je sais ce qui se trame : leur amour est incompris. pPffff . trop triste. Bon, je vais me coucher ;)
En prenant la route a 6h du matin pour la cité du tombeau des warriors, Xi An (prononcer Chi An, meme si c'est pas joli), j'étais coincée dans la voiture de la taille d'une pétrolette en plus petit, en vert pomme - ca donne mauvaise mine la matin - entre Ellen, Lili et Léa. Oui, ça fait quatre à l'arrière, non, je ne suis pas paraplégique depuis, merci. Me revint alors à l'esprit la réplique cinglante du grand, sinistre et moche sorcier dans Aladdin, l'infâme Jaffar : " La Môôôrrtttt. Par décapitation....""". Non, la soupe de riz du matin n'avait pas été cuite au saké, c'est juste que, au choix, on peut mourir de mille façons très ludiques sur la route. Pêle mêle ; sous un sac de riz, sous un tube en zinc, sous une bâche plastique, écrasé entre deux bus qui veulent se faire des bisous alors que vous êtes au milieu, sous un rouleau de fil en plomb, enfin bref, sous tout un tas de composants divers et variés qui sont éjectés des fardeaux mal attachés des camions de la file-de-droitequi-double. Angoisse. Nervosité. Ellen qui dort.
Nous arrivons, sains et saufs pourtant, à l'aéroport de Canton, magnifique édifice, et sortons nos billets d'avion. Par "billets d'avion", j'entends "feuille archi mince de papier imprimante, qui pourrait être fabriqué sur l' EasyPrint de votre voisin". On se dirige vers le comptoir, un peu étonnés parce que tout le monde semble avoir un billet un peu plus officiel, mais bon, confiance confiance. Après moultes parlementations au comptoir qui durent des heures, Ellen nous apprend que nos billets sont des "fakes" . Hallucination totale- d'abord d'elle même - puis elle nous explique que l'employé de l'entreprise qui a été a l'agence l'a trouvée fermée, et a acheté les billets à un vendeur sur le trottoir, en payant cash quelques 6 mois de son salair. Si nos bulbes avaient pu éclater d'ébahissement, ca aurait été 14 juillet au comptoir de South China. Eux qui ont tellement la valeur de l'argent qu'ils pourraient escamoter le duvet du nombril de Mao si l'opération était finacièrement rentable, c'est étonnant. Pesamment, nous nous dirigeons vers un café, seul moyen vraiment salutaire de noyer notre incrédulité. Finalement, nous partirons 3h plus tard par l'avion suivant.
Etre dans un avion avec 200 chinois, c'est à vivre. Déjà, le réservoir de silence est si peu profond qu'on pourrait y noyer un rat. Ca hurle, ca crie, ca parle quoi. Les rires causés par VidéoGag ont manqué de faire capoter l'avion. Mr Bean a de l'avenir sur les chaînes chinoises. Tout le paysage digne d'être vu devait être par notre hublot, parce que ts les rangs se tordiaent le cou pr regarder au travers. Je n'ai même pas tenté le "c'est la même Chine par votre hublot, vous savez" ou bien " vous voyez vos ancêtres dehors?Parce que moi je vois rien", parce que mes notions de chinois se cantonnent actuellement à "manger" et merci". Très utile, mais peu efficace ici. C'était le premier vol d'Ellen, qui s'est bien passé, je vous rassure pour ceux qui s'y interessent, moi oui (j'allais dormir avec elle le soir, je n'avais pas envie que cela suscite trop de cauchemars.)
Nous avons été reçus comme des rois par les clients de Creaform, vraiment. Un accueil très prévenant, au point de nous acheter 1 parapluie chacune devant la tornade qui s'est abattue sur la visite de Xi An et des warriors. Site magnifique, mais fait au pas de course car menace de noyade. Un peu violente, cette vitesse, car sur la route, les voitures sont conduites avec l'énergie d'une ampoule de 10 watts. (Au vu de l'espérance de vie sur ces axes, je ne m'en plaindrais pas). Le site est donc immense, mais encore, ce n'est qu'une parcelle de découverte. Des milliers d'années, précédées par des milliers d'yeux bridés, nous y ont contemplés (Napoléon n'avait pas du aller en Chine).
Le soir, nous avons diné avec magnificence dans un restaurant traditionnel. Notre table fut couverte d'intestins de porc, d'estomac de marcassins, et, pour les petits-bras comme moi (ahahah) de nourriture plus parlante comme les beignets vapeur, ou le poisson. Les piments conjugués à la bière fine et ambrée nous rend très enjouées, j'avoue sans honte m'être étouffée de rire quand aurelie a croqué dans un oeil de poisson;).Après la soupe à la vraie patte de poulet entière au fond, c'était encore une belle découverte culinaire.Puis visite de la ville de nuit: Xi An est une prefecture, donc c une ville immense, pleine de vie, pleine de monuments anciens et c tt simplement magique de nuit. A faire absolument, surtout avec un chauffeur chef d'entreprise, Mr Ziroui, avec qui la discussion sur les 35 heures francaises a eu bcp de saveur, meme en anglais limité de part et d'autres.
Nuit salutaire a l'hotel, car le matelas y est delicieusement mou comparé a mon lit a Longjian. Le lendemain, visite de l'usine de MrZiroui, puis autre restaurant completement dément, où parmi les aquariums ("kesssskeusssé? un ver marin?")et les vegetations, on deguste le fruit de notre "marché" sur les stands de nourriture. Après ce que l'on a ingurgité la veille, ils sont étonnés de notre mondre appétit. Peut être sont ce les oeufs noirs et pourris en gelée qui nous modèrent? Toni s'improvise notre goûteur, puis, un sourire vaillammant accroché aux lèvres pour faire bonne figue, nous glisse entre ses dents serrées " ah non, ca c pas la peine les filles". Merci. Sincèrement. L'honneur est sauf.
Le voyage du retour fut marqué par les diverses photos d'Aurelie que vs pouvez admirer sur le site (magnifique n'est ce pas). Un gros boum dans mon dos a l'arrivee n'a fait que confirmer qu'elle etait assez distraite pour ne pas remarquer la fin du trottoir roulant. Quelle famille.
Aurelie je t'adore, tu me fais vmt trop marrer ;)
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