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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 07:07

J’ai acquis hier mes lettres de noblesse de Reine de la Nuit du Guangdong. Trois heures à suer sang et eau pour trouver dans la liste de chansons, soi-disant monstres musicaux connus comme le loup blanc dans tous les karaoké du monde – ils n’ont pas l’air de savoir que le karaoké est un martyre tout spécialement chinois, God bless us – un titre qui me dise quelque chose. Au choix :  I believe I can fly, adjoint de High , ce qui nous fait donc  I believe I can fly high . Et ben ça, je connais pas. Ou encore My heart will go die. Dans mes souvenirs scolaires, des adolescentes éplorées (Leonardo pûûrkoa le bouuuuc, t’es déjà pas gâté par la nature alors le bouc !) par le naufrage d’un bateau pas très dégourdi chantaient  My heart will go on … and die, soit, mais ce n’est pas dit dans la chanson. Trop risqué, je passe la lettre M. Je tombe enfin sur Hotel California , sans adjonction de mot incongrue. Mais avant d’avoir pu me dire « ah ben Marie enfin te voilà en terrain connu », suivi de «euh…si tu cliques, tu chantes » , mon regard me trahit : cet infime soupçon de lumière qui crie eurekâ je reconnais cette chanson ! n’est pas capté par l’œil d’un borgne, mais par celui de 30 chinois qui me sautent alors au beignet pour que je les transporte dans les canyons désertiques du désert Eagles…

 Petit flash back, version mise en abyme: Je suis au karaoké sur une aimable invitation d’A Qin, qui fête le National Day avec une trentaine de ses classmates de mid-college qu’elle n’a pas vus depuis 6 ans. Ambiance surréaliste : comme les salons privés sont plongés dans la pénombre et que visiblement, Le Jeune chinois change beaucoup entre son mid-college et ses 20 ans, ça donne des scènes très cocasses de gens qui ouvrent avec appréhension la porte du salon, glissent un œil, essayent de reconnaître des gens, hésitent, repartent et finissent par revenir confus et se terrent dans un coin. Ajoutez à cela que lorsqu’un groupe de chinois décide de se la coller dans un salon privé, ils ne s’informent pas entre eux du numéro du salon, donc ils doivent s’enfiler tous les salons privés sur 3 étages pour retrouver leur tribu. Qui souvent ne l’a pas attendu pour honorer le stock de bière. La tribu de classmates ainsi réunie est assez hétéroclite, mais représentative de la génération chinoise que j’ai connue ici : les filles prostrées dans un coin, l’air ennuyé, ne parlant pas entre elles mais serrées comme des oisillons hors du nid. Les garçons de l’autre hurlent à la mort en se trahissant aux dés, et en prenant leur tour au micro pour s’époumoner d’une voix de fausset sur les plus belles chansons de lover d’un Cabrel sinisant. Remarquable moustache que surplombe un paillasson St Maclou en poil de cheveu, tu me fais réver… Pour ma part, je joue à qui perd boit son verre avec A Qin et un de ses potes, un grand chinois maigre à la coupe longuement effilée, très marrant au demeurant, qui me dépasse d’un centimètre – je sens à son soupir de soulagement qu’il a du parier qu’il mangerait un rat si une fille le dépassait en taille ; la honte. Quand j’apprend qu’il joue de la guitare et de la batterie, et qu’il chante dans un groupe, je tiens ma victime : toi, tu chanteras avec moi Hotel California sinon la prochaine fois je mets des talons. En plus c’est le seul de la bande qui ne chante pas faux, remarquable rareté génétique à exploiter à fond.

 On a passé le reste de la soirée à dénicher les perles de la liste maudite des chansons anglophones. J’ai ainsi appris aux chinois à chanter en miaourt, c’est utile quand on veut chanter anglais mais qu’on ne maîtrise pas la langue. Un nouveau monde s’ouvre à eux, ils vont pouvoir explorer ce répertoire sur lequel leur doigt passait en tremblant, la rubrique « english » attirante et redoutée. On ne va pas mettre de culotte aux mouches, ok on ne comprend rien mais pour toi public tu peux suivre les paroles sur l’écran tandis qu’une chinoise années 80 parcourt le décor en carton pâte en forme de littoral californien. Bref, je suis une reine de la nuit, facon Régine sans les trois poils rouges capillaires, le crayon suboculaire et les lèvres en airbag dégonflé. La classe.

 

 

 

 

 

 

 

 PS : Trent je te préviens d’avance qu’il n’y a pas moyen que j’approche mes lèvres ni même mes omoplates du micro du Curtayn. Si ici le karaoké est une institution, je ne connais rien de plus glauque que le karaoké français où une pauvre âme meure vocalement sur Pretty Woman tandis que Dédé déguste son andouillette rôtie au saindoux ou son nem de poulet en plastique dans la version restaurant chinois.

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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 15:01

            

 

                                                             

 

-          A Qin, je croyais qu’on attendait le bus ?

 

-          Yes.

 

-          Beh, euh, là on attend le euh… rien ? Il va à Gaomin aussi le Rien ?

 

-          No, look, the bus stop is here

 

-          Ah ben oui suis-je greluche… c’est joli cet arrêt dans les buis, comme ça, on dirait que c’est pensé pour, didonc !

 

A ma décharge, en ce vendredi soir, l’air est tellement épais de pollution que le bus aurait pu arriver déguisé en lapinou Playboy, je ne l’aurais pas remarqué. A sa décharge, le bus s’arrête n’importe où. D’ailleurs en rentrant ce soir, il a fait un détour par la guillerette borne SINOPEC, le Total du coin, pour une petite demie heure de plein et de dégustage de griffons de poulet à bouilli l’huile – sous vide. Voilà pourquoi il n’y a pas non plus d’horaires sur les arrêts de bus-buissons, ça servirait à peut près autant qu’une barette fantaisie  sur le crâne de Giscard.

 

 

-          Marie, on prend une moto jusqu’au bus. Tiens celle-là, je prends l’autre.

 

-          Ouaiiis, une moto. Ni Hao monsieur, avance toi que jm’installe derrière. AAAAÏÏÏÏIIIIE mais t’es pas bien sous ton casque toi !!!! (Trop tard, il n’entend plus rien il est déjà branché radio bitume)

 

-          Fais attention c’est peut-être chaud

 

-          Merci du conseil ; on se la refait chronologique façon « le jour sans fin » que je recommence ça bien ? (sous entendu : avec clâsse) 

 

Quand tu enfourches une moto un vendredi soir étouffant de pollution et de lassitude de fin de semaine, tu dois t’attendre à ce que celle-ci ait surchauffé toute la journée, et que par conséquent si tu avances ton frais mollet caramel (jamais réussi à me blanchir les mollets, A Qin ma dit que si , on peut, je demande à voir, y’a peut être un Prix Nobel de Chimie à la clef) près du pot d’échappement, tu auras le du mal à réprimer le cri primal du caniche tatoué aux armes de sa mémé, et l’odeur de cochon grillé qui l’accompagne. Une fois sur la moto je me morigène en mon for intérieur (oui je me parle - mais il n’est pas précisé que je m’écoute). A ma grande honte, j’ai refait la même bourde à la descente, je vous avais dit que j’étais pas finie de ce côté-là ?

 

 

-          Marie, j’ai débranché le frigo au Ming Can Tchang, y’avait rien dedans.

 

-          …… uhhhhhhhhh, si, du comté. Une lichette.

 

-          Ah ben je l’ai pas vu, désolé.

 

-          Rhôô,c’est pas grave, une lichette de comté c’est pas bien méchant, ça va se bonifier.

 

Pour ta gouverne à toi, public, jamais à l’abri d’une inadvertance, une lichette de comté c’est nucléaire. Ca te colonise un papier censé résister au pire fromage - celui qui marche tout seul tellement il refoule (des noms ! des noms ! Livaro ?), ça t’habite le moindre espace d’oxygène du frigo, et quand tu finis par ouvrir celui-ci avec la naïveté d’un âne qui n’a jamais été soumis à la carotte, ça te hurle à la figure « Pourquoi t’as fermé la lumièèèèèèèèèèèèèèèère ? ». Bref, lichette ou pas, n’oublie jamais que le meilleur ami du fromage, c’est le froid. Sur ce, je vais désinfecter l’appartement, et rassurer le voisin qui hurle que, ça y’est, la Corée du Nord maîtrise l’arme bactériologique absolue, je te l’avais dit bobonne, la guerre est déclarée.

 

 

-          Bonjour, je voudrais une pomme s’il vous plaît madââme. Oui, le truc vert là. Oui je SAIS c’est pas une pomme mais bon, mon vocabulaire manuel a du mal à établir un distinguo entre toutes les variétés de pommes des Tropiques. Et du raisin aussi.

 

-          Y’en n’ a plus, je vous le mets ?

 

-           ?? du plus ? allez zou, (et vous me le faites à combien ?).

 

Le Chinois ne perd pas la face, quand y’en a plus, y’en a encore, et quand t’en reveux, ben y’en re-n’a. Alors ne vous aventurez pas à demander quelque chose qui manifestement n’existe pas, là je m’en suis sortie assez rapidement, mais on relate des cas où l’on poussa l’obligeance jusqu’à aller chercher l’article dans la ville voisine. Attendre 1h30 pour une pomme à un comptoir parce que c’est l’heure où les artères bouchonnent, c’est ballot.

 

Sur ce, je m'en vais acheter de la peau de mollet.

 

 

 

 

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 03:34

 

                                                                                                                                                                                                     Je suis maintenant pourvue , grâce à mes 23 années passées sur terre à saouler les gens ... d'un appareil photo bionique et ultra performant (les gens qui ont pensé à "cerveau" ou "gentillesse" après avoir lu le début de ma phrase sont gentils de sortir, en rang, par la porte du fond. C'est pas encore pour cette année, désolée). C'est rentable en fait, quand on y pense. Si je suis encore chiante un peu longtemps, je peux avoir une villa avec piscine vers 40 ans?(Je demande au cas où hein, ce serait bête de louper une occasion pareille).Mais si je vous raconte ma vie technologique - soyons honnêtes, ça n'interesse que les gens en stage à qui on a demandé de "trier la base clients dans l'ordre inverse de l'alphabet, après avoir vidé la corbeille du couloir" - c'est pour expliquer que si il n'y a que 3 photos, c'est pour sauvegarder mes derniers cheveux. Des photos de 1Mo chacune, c'est une voie d'accès rapide vers la folie démente - et la chauve attitude. Donc vous avez là un aperçu rapide de mon 2e anniversaire, avec le hachoir-sabre à lame double de samouraï pour couper le gateau , la dégustation dudit gateau avec des baguettes (un goût incomparable, des miettes partout dans mon noeil) et les piments devant Ellen parce que le gateau n'en contenait pas assez (en fait, pas du tout). Le salon du restaurant s'appelle "France", d'où les ogives arabisantes du décor. Logique géographique chinoise, je sais, je ne veux pas de questions , moi non plus j'ai pas compris. Je ne veux pas non plus de réflexions sur la date des photos, je n'ai pas encore eu de temps de sieste d'usine pour me plonger dans le manouel :) 

Remarques diverses: Peter au fond est debout, pour info, non non il n'est pas assis. Il est juste petit :)

Les chinois ne savent pas dire mirabelles, et comble de l'impudence, pensent que c'est du raisin. Si au 7 rue du lac notre mirabellier se petit-suisside en sautant à l'aveugle dans les thuyas , merci de lui pourvoir une cellule de soutien psychologique. En même temps ils ne savent pas non plus dire Bernard - j'ai jamais essayé bernard l'hermite, mais ce serait peut être le premier cas d'entorse de langue, et la médecine chinoise n'a pas de racine ancestralement amère pour la remettre dans le bon sens.

Voilà.

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 16:43

 

Ddddringggg. Drriinng. Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing (persistance d’un son irritant dans un rêve = oui, oui, ce son existe vraiment). J’ouvre un œil, il est 2h06. Que quelqu’un me téléphone dans ma chambre, en pleine nuit, au sommet de l’hôtel perché sur les hauteurs  de Gaoming n’est PAS répertorié dans les choses censées se produire un dimanche. Je décroche à la millième sonnerie (le Chinois est persévérant), tente un « Weeeeiiiii *? » d’une voix croassante, ce qui déclenche un flot de paroles incompréhensibles, que je clos d’un « Meïo* » ferme et définitif, je raccroche. 2h07 : drrrrrrrinnngggg. Ahem. Quelqu’un se fiche de ma poire. « WEEEIIIII ? » Et là, voix incrédule de Bernard : « Marie ? C’est toi ? J’y crois pas elles ont appelé TA CHAMBRE? ». Oui, et d’ailleurs il est 2h12, et je me rendormirai jamais de ma vie, merci. Les réceptionnistes unilingues de l’hôtel ont enregistré deux occidentaux (record 2006 de fréquentation de géants pâles sudipares), et de leur logique bon enfant de filles qui croient que Condoleeza Rice c’est une marque de riz américain, en ont déduit qu’ils partageaient la même chambre - on n'a pas élevé les brebisss salsakiss ensemble quand même, c'est un comble ça. Bernard a mis 40 min à avoir une chambre, au final, bien fait, c’est le temps que j’ai mis à me rendormir. Lendemain, 9h43 : Ding dong. « Va te faire baptiser chez les mormons j’ai jamais demandé de room service ! ». Ding dong. Lassitude. Je cède. Le groom me présente un bonjour exquis assorti d’une clé d’hôtel pour la 5412. Pas de bol,  moi c’est la 5403, je bouge pas. Le groom repart déconfit, je n’ai rien compris, lui non plus. C’est beau le repos dominical. (En fait c’était re-un coup de La Banane qui avait demandé le transfert de ses valises). Pour me venger j’ai ébouillantifié un moustique dans la douche (uhuhuh).

J’ai un peu le « dimanche matin maudit » ici, jamais réussi à faire la grasse matinée. Un coup c’est China Telecom qui me tire du lit à l’aube « Bonjour, Appartement 19A ? Oui ? Eh ben je suis là dans 5 min ». Un autre c’est la femme de ménage qui veut laver mon balcon. Bref, le Chinois a le dimanche actif, et la Mouette le dimanche résigné. J’ai même établi un parcours jupe-brosse-dentifrice-clef de la porte d’entrée, qui n’excède pas 9 secondes ( record à battre, je m’améliore chaque dimanche).

 

 

 

 

Après avoir tenté toutes les configurations de branchements électriques qui me permettent d’avoir à la fois MTV, mon MSN, mon portable en chargement et la fontaine d’eau chaude pour le thé-qui-va-bien-avec-les-Ban-Bao-fourrés-à-la-pâte-de-haricot-rouge - ce qui donne un peu l’allure d’une planque de KGB à ma magnifique chambre d’hôtel (pauvre groom) – je trouve le réseau parfait, mais bon, il est midi. La mauvaise nouvelle c’est que c’est l’heure du check up, la bonne c’est qu’ils m’ont oublié la connexion dans les charges. Après déjeuner, on crapahute dans tout Gaoming pour trouver qui des chemises blanches, qui des Sony T5 (vous avez dit hétéroclite, bien vu. Vous venez de gagner un autocuiseur portemanteau.) . Bilan de l’exploration : Si la mode chinoise est … particulière, la non-mode des boutiques cachées dans les centres commerciaux est à pleurer de déprimitude: deux chemisettes en moiré fleuri se battent en duel au dessus d’un portant de blouses mémères en synthétique marron et gris, alors que la caissière fabrique en piochant à la pipette dans des fioles de jus troubles de quoi créer des parfums qui tuent (au sens propre). L’absence de goût devrait être passible de prison. Mais bon déjà qu’il n’y a pas grand-monde le dimanche sur la place gallo-romaine à colonnes corinthiennes de Gaoming – bientôt classée au patrimoine mondial des monuments incongrus -, si on emprisonne tous les gens mal-habillés, on va se mettre à parler aux blattes pour meubler les silences. C’est d’ailleurs de cette place qu’on atteint l’hôtel le plus vide du monde, mais qui a l’immense atout d’offrir un bowling, activité de fort bon aloi pour meubler un dimanche finissant. Toutes les entrées mènent à des halls vides et sombres, en explorant les couloirs on réveille une femme de ménage en gants de latex qui ameute un garde, qui nous fourre dans l’ascenseur pour le 3e étage. Les pistes de bowling sont plongées dans la pénombre, et une chinoise en uniforme se fossilise derrière le comptoir. Peu désireux de déclencher un sons et lumière brutal, qui s’avérerait mortel pour la pauvre enfant, nous jetons notre dévolu sur le billard. Durant 2h, au seul étage animé de l’hôtel se déroule un bowling délirant : calculs de cosinus et techniques du dragon, ponctués de verres de thé obligeamment remplis par le groom ravi de servir enfin à quelque chose, c’est un peu la fête des boules. On déplore 45 occasions manquées et coups foireux du côté de La Mouette ; mes 2 collègues sont bien plus doués , mais je parviens à placer la dernière, l’honneur est sauf. La partie terminée, l’hôtel replonge dans sa torpeur. On ressort après des kilomètres de couloirs par une porte dérobée de la façade ouest, on retombe sur le même garde assis qui doit nous prendre pour des fous.

 J’ai mangé au KFC pour la première fois de ma vie, ben ça casse pas 3 pattes à un canard laqué. Mention spéciale à la purée au poivre du Sichuan qui m’a définitivement pyrolysé la luette (violemment, mais toujours dans une dynamique de service, dirait Mr Bonvalet). Dans la voiture qui me ramène à Longjiang, le chauffeur, après avoir vérifié ma clim, reculé mon siège, attaché ma ceinture, me passe les plus belles chansons d’amour de France. C’est la Tour Eiffel qui m’a mise sur la voie, parce que la 1ère chanson, la Vie En Rose, ressemble à peu près à ca : « pou m’emppppooorte si teu m’immmeuuuu, Dou rouniis ceu késséééééEEEEEMMEUUUU ». Déjà qu’en français Edith Piaf me déchausse les dents, làl ’interprète chinoise a réussi l’exploit de déplacer mon cerveau au niveau de mon foie (les parois stomacales sont plus insonorisées que la boîte crânienne paraît-il.) Mais bon, la campagne chinoise de nuit, sur des reprises de classiques français (Dieu nous z’aide), ça vaut son pesant de cacahuètes. L’activité incessante, la route blindée de cyclomotoristes fous, les réunions de chinois accroupis devant les phares de leurs véhicules, les petits bouis-bouis ouverts jusqu’à pas d’heure, c’est là que je réalise que je pars dans moins de 3 semaines et que j’ai intérêt à profiter.

 

 

*Allô ?  * Mais non. (ton lénifiant).

 

 

 

 

 

 

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 04:18

Quand j’attends en Chine – verbe intransitif ici, pas besoin de complément type « le bus », « à la caisse », « Ellen », on attend tout le temps et partout – une colonie de questions existentielles me passe paresseusement dans la tête. Dernière en date : Pourquoi les chinois ont-ils les yeux bridés ? C’est en voyant passer un occidental sur une mototaxi (hein ?? un occidental ? Ca fait… TROIS ! depuis mi juillet c’est un peu l’invasion), la face écrabouillée par le vent, les yeux ex-orbiti tout asséchés par la vitesse et la pollution, crispé en une attitude de j’ai-l’air-ridicule-et-j’assume-pas, que j’ai compris que c’était plus une adaptation pour la survie de l’espèce qu’une simple question d’esthétique – un mec qui se serait dit un jour de solitude et d’ennui : tiens et si j’essayais de me coudre le coin des paupières. Un œil bridé, donc aux trois-quarts fermé ; évite ce genre de scène d’horreur visuelle que constitue un occidental qui tente par tous les moyens de fermer des paupières alors que celles-ci, mues par une force centrifuge, rejoignent qui son cuir chevelu, qui son menton. Atroce. Perso, j’ai adopté les Ray-Ban.

 

Hier nous sommes allés en commando punitif  secouer les pupuces au webmaster, qui ne parle pas anglais mais qui n’a pas l’air de parler chinois non plus. Rappelons anecdotiquement que Gaomin – Canton = 1h15, c’est important pour la suite de l’histoire. Donc à 9h30 passés, tout le monde est arrimé à son siège, prêt à s’en mettre plein les mirettes sur l’autoroute type le Grand Splatch version asphalte. Profitons-en pour exposer la technique de conduite novatrice de notre as de la route, Hua Siji : se maintenir à tout prix sur la file de gauche. Peu importe que sur toute la longueur des 20 bornes entre Gaomin et Longjian 8000 camions utilisent de raison cette file pour tourner à gauche (alors que nous on va tout droit): même s’il est bloqué toutes les 2 minutes, Hua se bute sur ses décisions de pilote, ce sera la file de gauche ou le hara-kiri, déshonneur de n’avoir pas tenu sa décision. De toute façon à chaque fois qu’il sort timidement son nez à droite pour doubler la voiture qui veut tourner, il se prend une rafale de klaxons de la file de droite, se fait tailler un bermuda en feuille de riz, donc on fait la tortue et on reste à gauche. Il est également persuadé qu’il n’y a qu’une place principale à Canton. Le webmaster nous ayant donné rdv sur UNE place de Canton, Hua nous assure qu’il la connaît, nous sommes plus… dubitatifs.C’est qu’on commence à bien le connaître – j’ai pas dit le comprendre. Résultat, on a fait Canton Est, Canton Ouest, Canton Sud, Canton Sud Est ; pas de bol c’était au Nord. 3h après, on arrive légèrement exaspérés chez le webmaster. Réunion au cours de laquelle il nous annonce que : non, on ne peut pas redimensionner les photos, non, on ne peut pas changer la police, non on ne peut pas ajouter un onglet.(Et pour le foutage de gueule* euh…. ça se passe comment ? On peut payer tout de suite ?). On finit par trouver un terrain d’entente, et le webmaster nous invite à déjeuner. Toni, Ellen et moi nous précipitons dans sa voiture, magnifique Odyssée silencieuse et climatisée, en abandonnant le pauvre Hua tout seul dans son cagette verte. Le restaurant est à 3 rues, attention, c’est super loin (ahaha). Ne rigolez pas trop vite, ce n’est pas évident pour tout le monde : en arrivant, je me fais la réflexion qu’il manque quelque chose à mon univers : où est la pétrolette verte ? Et bien oui, vous l’aurez deviné, il s’est encore perdu, le temps d’une rue. Il nous rejoindra une bonne demie heure après, j’ai eu le temps de m’étrangler de rire et, il faut l’avouer, d’effarement. Un cousin caché de Celine et Laura  (rhoo non ca c'est facile. Les filles, speciales cassdédi:-))

Toutes mes confuses, j’ai oublié d’aborder ma vie quotidienne : sinon, on meurt de chaud, Ellen a perdu son talon sur le trottoir donc elle est encore plus basse que d’habitude, j’ai remangé des piments ça s’est bien passé, merci, j’ai même tenté les boulettes gluantes de riz noires fourrées au sucre au petit déjeuner, le moon cake, souvent c’est vraiment digoulasse, et dans la série du soir Johnny a enfin largué Season. Drame au brillant cabinet d’avocat de Hong Kong.

 

Bon, il est temps d'aller me mettre les gambettes en position haute, histoire de redistribuer le sang dans le bon sens et d'essayer de retrouver mes chevilles ou un semblant de forme.

 

 

* oulalala elle est vulgââaaaire…

 

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 06:14

Les photos de mon anniversaire / apocalypse sonore de Gaomin sont en ligne.

Je vous ai manqué hein? Je ne veux pas de réponses, c’était purement rhétorique. Au fait, les photos de Shanghai sont en ligne depuis hier, vous pourrez voir que j’ai les cheveux longs quand je boude l’appareil – en fait j’attendais Ellen disparue dans les limbes du Mc Do, vertuchou, ça fait quand même 23 min… j’appelle FBI portée disparue – que les buildings vus du Bund ont la cuisse avantageuse, et que la pluie ça mouille.

 

 

 

 

Oula, mon calendrier m’indique déjà deux jours depuis cette mémorable soirée du 18 septembre Serait-ce possible que mon neurone de l’éveil, qui vieillit à vue de noeil comme un bulot qui se pyrolyse sous la canicule, ait dormi DEUX JOURS ? J'ai encore la rengaine du général qui me chante la Cucarraça version opéra sur les hauteurs de la Grande Muraille en tête,  j'ai une blatte de plus sous mon oreiller MAIS j'ai avancé dans mon calendrier : on est le 20. Ca passe vite quand même.

 Les festivités commencent le 18 quand les associés m’apportent en procession un énorme paquet, et que je faillu tomber de ma chaise de surprise. Il faut dire que le matin même je ne souvenais plus qu’on était le 18, donc bon, qu’un chinois qui n’habite pas dans ma tête (selon le dernier recensement, mais 300 millions de chinois ne sont pas recensés d’après mes cours d’histoire) s’en souvienne à ma place alors que je ne l’avais pas dit, ça m’a scié le tournesol.  Les hourras des blattes en prosternation sous mon lit auraient du me rappeler que le jour était particulier - sauf que bon, elles faisaient un micron d’épaisseur, une tong indélicate ayant écourté leur destin cette nuit-là  (Une bonne blatte est une blatte collée au parquet)  DONC me voilà agrémentée d’un buste de « Parisienne », une statue européenne façon bois coiffée d’un grand chapeau, style « moi j’ai la classe, j’arriverais même à manger du serpent en tronçon au poivre maléfique sans utiliser les doigts ». Je me confonds en remerciements, j’ai toujours l’impression de ne pas en faire assez dans ces cas-là – et pourtant les chinois ne sont pas les champions du contentement extatique quand ils ouvrent leurs cadeaux. On s’entasse dans les voitures vers Gaomin pour le dîner, aux portes de laquelle nos chemins se séparent momentanément : les coloc et moi-même allons choisir mon gâteau d’anniversaire, tandis que les autres s’en vont commander le menu au resto « le Ravioli qui Rigole » - là où j’emmène mes visiteurs européens, dont le ravioli rigole moins une fois dans leur estomac, chinois depuis quelques heures seulement. Seulement voilà, c’est bon, donc j’y retourne à chaque fois. Choisir son gâteau d’anniversaire en Chine c’est un bonheur régressif : tu jettes ton dévolu sur l’un des 50 montages pâtissiers plus alambiqués que le chapeau de Queen Mum, répertoriés sur une carte genre glacier, et deux heures après, tu l’as, frais et fait sur mesure. Tu as juste peur que l’employée de la pâtisserie en masque antichykungunya, chaussons et charlotte en tissu immaculée qui se saisit de ta commande la traite comme une expérience de laboratoire. Ellen découvre le Bailey’s au restaurant, grâce à l’heureuse initiative de Steeve, à qui on a demandé d’acheter une bouteille d’alcool, qui s’est vu conseiller cet alcool plutôt inhabituel par le vendeur, et si l’œsophage de Peter a crié au meurtre après ingestion du petit verre à shot, celui d’Ellen a crié Hallelujah. « Best taste of alcohol in all my life » : verdict d’une chinoise qui a une descente de Tyrolien à la Fête de la bière. On retiendra de ce repas très animé le visage bigoût de Bernard la Banane qui a l’imprudence de manger du bœuf au piment alors qu’il converse  (vigilance endormie), l’appétit sans limite de Hua notre chauffeur de bolide, Kevin qui lave son bœuf dans son thé pour éviter de se pyrolyser la luette à chaque bouchée. Ave Ellen, restée une fois encore Prêtresse Invaincue du Piment.

 Et des chansons de lover au karaoké, aussi. Et ce n’est pas Peter, déchiré à la bière et aux portes de la mort pour cause d’hilarité incoercible – ses commissures fusionnant avec ses mini paupières - qui va la battre sur ce terrain. L’ambiance était telle que le client qui a eu le malheur de vouloir joindre Toni au moment où je soufflais mes bougies a cru tomber au milieu des Solidays. Le problème du coup de fil au KTV, c’est qu’il n’y a pas trop moyen de s’isoler : dans le salon privé ça s’égosille « MOI  je dis tu BLUFFES, alors tu bois ton verre cul sec et tu fais le tour de l’assiette de cacahuètes ! » - pas très professionnel - et dans le couloir tu entends comme si il était installé dans ton oreille le chinois de la salle à côté, qui pleure son amour perdu dans des envolées vocales à déprimer un buffle – pas très marketing.

 Le lendemain a été difficile, d’ailleurs mon cerveau a dormi

 

 

 

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 03:20

Bon, Lénou, ca va pas du tout, notre horoscope de septembre dans ISA (lecture passionnante s’il en est, mais c’est ça ou le Spiegel sur le 11-septembre) m’offre un entrefilet prometteur pour le signe Vierge : « Problèmes veineux, de transpiration, plaques rouges, picotements et fourmillements dans les mains : vivez le plus souvent à l’ombre ! Jours fastes : le 17 et le 19 septembre ». Bref, on a  tout faux, c’est la fête. Je demande au mec, probablement du signe Vierge, qui a plaqué la chroniqueuse d’ISA un 18 septembre de lui faire ses excuses, sinon la rubrique va bientôt annoncer une calvitie soudaine et l’Apocalypse pour les Vierges.Mais bon, pas besoin d’oiseaux de malheurs pour souhaiter à mon cabillaud préféré un

                                                                  Excellent Anniversaire J

 et encore plein d’années à vivre des trucs fendards à trois avec notre troisième arsouille, à qui on peut aussi souhaiter un bon anniversaire de triplés tellement elle nous ressemble maintenant…

 

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17 septembre 2006 7 17 /09 /septembre /2006 16:59

J’écoute la radio, une Française appelle pour se plaindre qu’aujourd’hui Jean-Pierre Pernaud articule son édition du JT autour des bas de contention, l’évolution de leur texture dans le temps et leur répartition par couches de population active.  Encore une bonne raison de se fendre le pamplemousse hors de France en ce dimanche 13h. J’enverrai cependant à la rédaction du JT cette info de très haute répercussion qu’ici Mr Hua, détenteur et habile pilote d’une cage à poule vert pomme sans suspensions, a recouvert ses sièges d’une housse rubis et jaune canari thème Winnie the Pooh. Choisies en bonne intelligence avec le vert pomme. Merci de me prendre rendez vous avec l’ophtalmo, j’ai les yeux qui papillotent.

 

 

Samedi Ellen passe devant mon bureau en boitillant, bon je dis rien peut être se muscle t’elle le mollet, c’est pas poli de demander. Je tourne mes yeux 40 secondes vers mon écran, et quand je me retourne un pied dodu me fait coucou sur mon bureau (Ellen, 1m23, table 1m… Notez l’effort). Ellen me montre incrédule une ampoule nichée à l’extrême Cap Horn de son orteil, récoltée après avoir arpenté Shanghai à bord de nouvelles chaussures en damassé vert.. Je n’arrive pas à croire qu’elle n’en ait jamais eu. Mais bon, à la réflexion, son rythme quotidien de marche ne les favorise guère. Pernicieusement je commence à chauffer à blanc une aiguille, mais ses yeux épouvantés m’indiquent que celle-ci ne s’approchera pas moins d’un mètre de son orteil sans qu’elle ne défaille. J’abandonne. Je voulais juste me venger du délicat masseur de Shanghai qui m’a fait des bleus gros comme un billet d’un yuan sur le mollet, mais je vais choisir un défouloir autrement moins sympa. Comme c’est samedi, fin de la journée off. Petit crochet par Mc Dono pour aller chercher des glaces que Bernard s’est trouvé dans l’obligation de nous offrir après s’être vu affublé du surnom de Banana, bien plus facile à retenir pour notre ami Chinois du Quotidien. Oui, c’est un peu la fête de Bernard, effectivement. Ellen se charge de prendre les commandes, pour pouvoir être aux premières loges à la réception des glaces et choisir celle dont le topping est le plus abondant – elle m’a prévenu – effectivement, sa confiture me déborde sur le jean. Il faut dire qu’elle est assise sur mes genoux, eux mêmes encastrés dans A Qin qui est couchée sur Bernard. Nous sommes 6 dans une pétrolette de capacité ternaire. Puis le rendez vous est pris pour le dîner, 1heure après. Ellen doit nous y rejoindre avec son boyfriend en scooter, pour des présentations officielles. Ellen sur la moto, c’est une toile de Dali : une apparition surréaliste dans un décor ordinaire. Le scooter couvert de boue (la méthode du lavage à la brosse à dents maintes fois usitée sur ses chaussures n’a pas encore fait des émules du coté de son chéri) est chevauché à l’avant par un cure-dents aux yeux plus bridés ça s’appelle du cousu main, auquel se cramponne un petit bout de bonne femme mort de rire sous un casque de la Grande Vadrouille. C’est la Ellenmobile, c’est fendard. On finit tous la soirée au New Face, en mode film muet sur une techno poussée à son maximum pour encourager des drags queens bon enfant se déhanchent mal à l’aise sur le bar. Les 12 escaliers pour rejoindre  tardivement ma chambre-suite dans les hauteurs de l’hôtel Ming Yuan me paraissent moins longs, mue comme de juste par la Dragon Beer. Rien de bien grave, j’ai juste croisé un warrior de la dynastie Ming sur le palier du second, et un rhinocéros à lunettes au 5e. Bernard vous dites ? Ah oui, possible.

 

 

Le lendemain, départ pour une virée shopping à Canton vers 10h. Etat des lieux  dans le hall: Toni en avance, lesté d’un petit déjeuner Mc Dono, persuadé d’être à l’heure (moi je dis 15 min avant ça s’appelle en avance ;) ), moi, lestée d’un Figolu – ration de survie, merci Mamie – persuadée d’avoir entendu 10h15 par langage des signes hier entre deux verres de bière et Bernard, lesté de rien, persuadé d’avoir été évincé d’un petit déjeuner communautaire au Mc Dono. Mais tous guillerets d’affronter courageusement la mort pendant les 2h qui viennent sur l’autoroute – chicane à gauche, un bus déboîte, looping à droite, un conduit en zinc nous coupe sympathiquement la voie, accélération, deux containers veulent se faire des mamours et on est maladroitement placés au milieu. Au diable les marques d’affection, rétablissez le chaperon pour les véhicules de plus de 3 tonnes (oui,  la greluche est vieux jeu). Alors du coup je me dis : soit tu gardes les yeux ouverts au cas où ce serait poilant de voir les voitures faire touche-touche, parce que bon l’adrénaline c’est un peu excitant quand même les yeux ; Soit tu fermes très fort les nyeux et tu repenses à tous les reportages de Béatrice Schönberg type «  une Twingo prise en sandwich entre deux poids lourds, on déplore un conducteur sans-tête » ou encore «  Too fast too curious sur l’A13, une voiture a été vue en side-car sur un 15 tonnes ». Finalement j’ai préféré me concentrer sur mon envie de rendre mon Figolu.

 Canton est égale à elle-même, bruyante, polluée, chaude, animée. Les Chinois sont champions de la non galanterie. Rien à cirer que mademoiselle veuille sortir dignement du métro, ou qu’une petite maman essaye de descendre, avec bébé les membres dans le bon sens, parce que bon il peut encore servir. La station c’est la station, je te marche dessus si je veux sortir plus vite.  Le marathon des Converse initié par Banana ne fait pas perdre de vue à A qin son but principal : dénicher LE teeshirt spécial qui fera qu’elle ne ressemble à rien d’autre (à rien, en fait). Well, qu’avons-nous en rayon ? Un top en dentelle moiré qui s’avère être une jupe - la honte, un pantalon parme qui, de fatigue, stoppe sa fanfreluche à mi-mollet pour finir sur du tulle, un bombers fendu dans le dos pour laisser apparaître « I love U » en lettres dorées. Vraiment, j’hésite. Ou alors ce jean slim en denim vert ? Rappelons que jean slim = jean qui moule au postérieur, aux mollets, aux genoux, aux chevilles, donc au cerveau féminin. C’est pour ça que  "slim" c'est pas mal, ça a le mérite d'être court comme description. Au menu des achats du jour côté chinois : un haut violet foncé, surimpression noire, et manches rajoutées à rayures grises et noires. Hallelujah la journée est sauvée, A Qin a trouvé un sens à sa semaine. On fuit assez tôt cette bourgade surpeuplée, pour atterir après un délicieux  thé à l'ancienne siroté dans les balancelles du Ming Chang Café dans ce qui ressemble à un restaurant au milieu d’un no man’s land mais qui est en fait un délicieux repaire de fondues chinoise (Merci le chauffeur, j’ai pas vomi t’as vu tu peux me réinviter quand tu veux à jouer à « Mourira - mourira pas »). Même Banana, au début un peu rétif car sans lunettes donc à la merci de la blague du « devine ce qui gigote dans ton asiette- eh mais reviens je t’avais ébouillanté » a apprécié ce dîner à l’aveugle, c'est dire.

 

 

PS : Il est 22h50, Ellen regarde un film d’horreur, surveillez vos poules, il se peut que demain elles aient des dents.

 

 

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 05:39

Shanghaï 2e partie

Jeudi matin, il pleut toujours – mais personne n’a séché depuis hier, la moisitude nous guette de son petit coton verdâtre. Kevin et Peter ne nous accompagnent pas à l’expo, leurs badges vont servir à Toni et Bernard. Pas fous les scarabés, ça leur permet de plus de regarder depuis leur lit la télé à travers leurs orteils fraîchement massés de la veille, on ne va pas les plaindre. Nous leur laissons nos bagages, la valise d’Ellen lestée de toutes les commodités de la chambre d’hôtel : brosse à dent, peigne, bath foam, et charlotte de douche, puisque Ellen cuisine avec à la maison, ça lui évite d’avoir les cheveux gras – et moi la vision réjouit mes soirées. Finalement l’expo sera faite en visite-résumé, quatre/cinq visites plus précises ça et là, un coup d’œil rapide aux autres et nous voilà en route pour la gare routière : 11h de trajet ne s’entreprennent pas le soir après bronzette, il faut de la marge. Plates excuses et cendres sur la tête aux deux messieurs qui viennent de nous rejoindre, qu’on a juste pas pensé à prévenir de l’ampleur de la tâche à accomplir. A leur décharge, après avoir fait Paris Shanghaï en 10h, on a du mal à réaliser que faire Shanghaï-Canton, c’est plus long .On déjeune dans un restaurant de la gare, dont l’entrée a été baptisée par les estomacs fragiles des voyageurs juste arrivés d’un long périple en car ; Kevin a commandé à manger pour 12 personnes en grève de la faim depuis 1 semaine… je crains que nous n’ayons pas suffisamment fait honneur à cette gastronomie fine qu’est le ravioli fourre-tout et la soupe d’intestin de porc. A ce stade j’en profite pour rappeler que 1 – JM, je sais garder la culture qui est mienne sans toutefois faire précieuse ridicule, donc je ne laperai pas ma soupe et je ne cracherai pas par terre à mon retour. 2 – les estomacs fragiles qui peuvent regarder Koh Lanta mais pas lire mon blog n’y sont en rien contraints, et mon blog n’a jamais eu pour vocation de mettre en appétit les gens :p .

 

 

Le car s’ébranle pour la énième fois, vers Hangzhou cette fois, pas de film mais toujours cette impression délirante de faire partie d’un convoi de viande en chambre froide, une pluie fine qui se transforme en déluge de Noé, la Chine quoi. Question bêteà l’arrivée : prendre un taxi ? un bus ? On attend la décision de Kevin au son de « parapluie ! 10 yuans ! » scandé indéfiniment de manière lancinante par une cassette voilée ( on peut tuer une cassette ? C’est possible ?); la décision tombe : le minibus !! Un genre Van Woodstock en miniature avec des housses pied de poule et des suspensions en os de rhinocéros. Le genre de voiture que j'ai toujours comtemplé d'un oeil rigolard sur l'autoroute, qui fume à soixante à l'heure et qui a une forme de suppo en zinc va donc nous convoyer à 7 sur une autoroute très fréquentée par temps de déluge. Tout va bien.Comment on  a réussi à se caler à 7 dedans reste de l’ordre du voeu pieux, toujours est-il qu’après une belle poussée d’accélération du mini minibus, le coffre s’ouvre et largue la valise de Toni sur la route trempée. Je bénis le ciel de n’avoir placé aucun cycliste frêle et rêveur derrière nous, il n’aurait pas survécu à 40 kilos de Samsonite en plein élan. Je vous ferai grâce du reste du voyage c’est long, humide et très peu intéressant.

 

 

Notons juste qu’à l’aéroport ça a un peu été la fête de Bernard : Faute d’orthographe sur le nom, de frappe sur le passeport; forcément c’est lui qui sonne sous le portique pire qu’un arbre de Noël, c’est à lui qu’on demande d’ouvrir sa valise, de repasser sous le portique, de trouver une montre imaginaire qui s’avère être un ... décapsuleur ( NB : revoir la définition en pixel des écrans de surveillance des aéroports chinois)… peut être est ce aussi grâce à lui que nous sommes à la rangée 24, la dernière qui jouxte les toilettes et la cuisine de l’appareil (j’ai eu du mal à discerner les odeurs spécifiques à chacune). La dernière heure et demie de voiture est apathique, mais si moi je rêve déjà de mon lit, je sais qu’ellen passera une bonne partie de la nuit à laver ses chaussures neuves souillées par l’immôônde boue de Shanghaï.

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 04:22

Cette remarque triomphante n’a aucun rapport avec mon three-day-trip à Shanghai, mais c’est un peu comme un sourire sur le museau de fouine de Victoria Beckham  c’est suffisamment rare pour être célébré.

 

 

Shanghaï partie 1

 

 

Je ne suis pas morte à mon lever à 4h30. C’est dommage pour vous, mais je suis dure à cuire en ce qui concerne les levers tôtifs, et j’ai de l’énergie à revendre dans la voiture – trop silencieuse - vers l’aéroport de Canton : en ce petit matin pas encore tout à fait levé, la radio passe pour une fois autre chose que Nana Mouskouri chante Mao, et j’ai la patate. Qui va, je vous rassure, être écrasée d’un grand coup de massue par les 11h de transport jusqu’à Shanghai. Mais ça, La Mouette ne le sait pas encore, sinon  c’est pas marrant. Première halte en banlieue de Canton pour déposer la voiture chez la fiancée de Kevin, puis car jusqu’à l’aéroport. Si je résume le trajet : Voiture (1h) – taxi – car (30mn) – avion (1h30) – car (1h) – car ( 3h) – taxi (30mn) – hôtel : ça y’est je chante plus. Du tout. Par souci d’économie, on a atterri à Hangzhou, petite bourgade située au bord de Shanghai, et confiante je me dis : allez dans 30 min on est a Shanghai. Ce qui me permettrait de trouver rapidement un magasin où acheter une veste, puisqu’on a royalement perdu 20 degrés depuis Gaomin, et que voir Ellen partir en Tee shirt ne m’a pas trop incitée à prendre plus de 2 sweats – sweat que j’ai du lui filer quand j’ai vu qu’elle se cryogénisait sur son siège à l’aéroport. La mise en route d’une cassette vidéo dans le car pour Shanghaï fait planer un odieux doute dans mon cerveau de légume surgelé Picard (comme le ticket de car ne l’indique pas, on a choisi l’option frigo) : Va-t-on vraiment passer 30 min max dans ce car ? Trois heures plus tard, contemplant la vidéo qui a changé de film d’un œil où la mornitude bataille la mort par hypothermie, je bâille. Arrivés à l’hôtel à 16h, hop une petite virée mouillée d’achat de veste pour se réchauffer le corps, une brochette de poulpe grillé au sésame pour se réchauffer l’esprit, resto et dodo ? Non ! Petit soldat Ellen ressort acheter au bout de la rue un billet d’avion pour Toni et Bernard qui rentrent avec nous jeudi, et 2h après, il faut sauver le soldat Ellen qui n’est pas rentrée et que je ne peux pas contacter. J’imagine le pire - glissade sur une anguille dans le caniveau, kidnapping par une mafia shangaïenne qui me demanderait une rançon en sièges Creaform ; en fait ça va, elle a fini par rentrer – c’était l’heure de la série de CCTV5.

 

 

Ce n’est donc que le lendemain que la vraie fête du siège commence, des millions de sièges parqués comme des bêtes dans 3 halls d’expo, mais que fait la police, c’est traumatisant. Notre mission : récupérer catalogues, infos et prix des différentes sociétés et usines, et chercher des sièges qui potentiellement intéressent nos clients. Un catalogue, c’est lourd, 40 catalogues, c’est du culturisme, surtout quand on entame par la même occasion le marathon du bonbon et de la bouteille d’eau, sport national des chinois. En arpentant les stands, à deux reprises s’élèvent des clameurs énervées, des cris et des bruits de lutte, qui provoquent des attroupements de curieux. Un Chinois a osé prendre une photo d’un stand, d’où empoignade, colère, intervention de la police. Les esprits s’échauffent, les voisins aussi puisque la police sur le stand voisin, c’est pas top pour appâter le chaland. Ellen me quitte instantanément pour être aux premières loges, me laissant papoter avec le monsieur-qui-croit-que-la-France-veut-son-siège. Je m’en sors pas mal vu que depuis le début je suis l’alibi d’Ellen : pour entrer ils m’ont tous poussée vers le guichet VIP pour que j’essaye d’avoir des entrées gratuites, et dans les stands c’est moi qui entame la conversation : les Chinois ne veulent pas parler aux Chinois, ils veulent de l’ETRANGER. J’ai à la fois l’impression d’être un gros mensonge, et de tirer parti d’une position imaginaire et délirante de « l’étranger mieux que le Chinois » et que ça leur fait quand même plaisir. Alors je joue le jeu. En fin d’aprem on visite Shanghai, j’adore la ville, vraiment. Des clients de Kevin nous invitent à manger coréen, puis massage de jambes par des demoiselles pour les 4 messieurs, par des demoiseaux pour nous 2. Ouf ma dernière épilation n’est pas trop loin lol.  Mon délicat masseur ressemble moins à Brutus le Butcher que celui d’Ellen, à qui je n’aurais pas aimé confier mes chevilles, c’est certain. Je m’endors un peu meurtrie, la prochaine fois je demande le massage pour « os en verre » ;)

C'est loin d'être fini pour "Martine à Shanghaï", attendez les aventures de Bernard au pays des gens qui veulent du mal à sa valise...

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