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11 septembre 2006 1 11 /09 /septembre /2006 11:49

Demain je pars à Shanghai pour faire risette aux fauteuils et sièges divers de la Foire Internationale. Si le lever à 4h30 ne me tue pas dans l'oeuf, je succomberai peut être aux spécialités de la région *(enfin pas avant d'avoir eu l'occasion de profiter de la douche de mon hotel, j'espère bien)

 

               *EXEMPLE: attention  ca brûûûle c'est de la Soupe de Fiente d'Oie Bienheureuse

DONC pas de post durant les prochains jours, maman, sois gentille, ne déclenche pas le plan Orsec (On Recherche Sans Espoir CalamityJane) :)

 

 

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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 05:55

En ce radieux dimanche de septembre, je me réveille au rocailleux son d’un raclement épais et poussé de gorge masculine, expectoré avec une bruyante satisfaction – sur ma vitre ? Précisons que la fenêtre de la salle de bain de ma chambre donne sur la fenêtre de celle d’un voisin, heureux de vivre dans son corps dès le matin. Visiblement ça ne vient pas, il doit s’y reprendre à trois fois. J’ai moyennement envie de me rendormir, j’ai peur de rêver qu’ en 2058, des huîtres d’Oléron géantes se rebellent et prennent le pouvoir. Mon imagination onirique est très perméable au contexte du réveil. Rapidement je m’aperçois aussi que le temps n’est pas radieux, suite logique de cette nuit où les 23 étages de mon immeuble ont été secoués par des pluies battantes et un vent à décorner la vachette d’Interville – même si tout le monde sait que c’est Philippe Risoli, dans la vachette. La rivière disparaît sous un houmous jaunâtre et les cieux sont déchaînés. Il fait presque frais, c’est un comble. Etouffant et frais, je m’habille comment ?

 

 

 

L’assaut sonore du voisin m’oblige à aborder le thème de l’hygiène en Chine. De plus la jolie Romaine du fond de la classe – oui Mélanie, je suis sûre que tout comme à l’âge d’or de Cuculière, tu tiens encore la jambe au radiateur – me questionne sur les cosmétiques pour homme dans les pays relais de croissance – mmmmmmmmh ca sent le sujet choisi sous la pression des « 5 minutes restantes pour choisir son sujet de mémoire avant de remettre à l’administration ».  ;)  .Voici donc un petit lexique à l’usage de ceux qui ont déjà pris leur petit déjeuner ou/et qui ont l’estomac solide.

 

 §         Ongles : Ce qu’on en sait : fierté nationale. L’individu masculin se laisse parfois pousser jusqu’à une machette au bout du petit doigt. On me dit que c’est « pratique ». Là je m’interroge : ils arrivent à décapoter un pousse-pousse en de deux temps trois mouvements? à trancher une pastèque en 24 pour toute la famille au mariage du neveu ? A crocheter la serrure du musée de Mao? Pas sûr, d'autant que ledit ongle ne se nourrit pas de ginseng pour fortifier son petit corps. Par contre, à noter, on peut atteindre le vrai fond de l’oreille - que le commun des mortels peut à peine rêver toucher une fois dans sa vie. Peut-être que c’est là que se niche la Voie dont Lao Tseu nous parle dans Tintin. Action L’Oréal : commercialiser un vernis deux embouts, un normal - au poulet - pour les 8 doigts restants, et un spécial, déperlant et antiseptique, qui assainirait et parfumerait les surfaces atteintes par cet ongle bionique. Les femmes se contenteront d’un vernis normal, il faut simplement penser à un réservoir plus grand, parce que les manucures d’ici vous font des serres recourbées dont la taille suffirait à faire fantasmer Edward aux mains d’Argent.

 

 §         Déodorant : Ce qu’on en sait  Notion plus impalpable encore que la notion du Vent divin. Vu les cas d’école sur les déo que j’ai eus dans mes cours marketing, je ne peux pas penser que l’artillerie lourde déployée par les marques de cosmétiques pour envahir jusqu’aux minivillages du Botswana n’ait pas tenté par tous les moyens de se glisser jusque sous les aisselles asiatiques. Peut être la sudation est elle sacrée, et qu’un homme qui puissament « émane » a un sex appeal ravageur dans le coin. Action L’Oréal : Démocratiser dans la province du Guangdong l’usage d’un déodorant de transition à odeur « familière », type pâte de haricot rouge, soja fermenté, ou poulet boucané – euh, non, mauvaise idée le poulet boucané, c’est pestilentiel - pour une transition en douceur jusqu’au déodorant classique aux perles qui te rend bonne des dessous de bras – je ne m’en lasse pas. NB : le soja c’est pas une bonne idée non plus, sachant qu’ assez fade à la base, il prend l’arôme de ce avec quoi on le cuisine (ou les bons arômes du frigo, au choix). Donc risque élevé de se retrouver avec du tofu sous les aisselles, attention.

 

 §         Mouchoir : Ce qu’on en sait : Inexistants dans l’usage bien que distribués dans tous les restos pour pouvoir cracher sur une surface propre les cartilages des pattes de poulet à vocation apéritive.  Il faut quand même prendre le coup de main du mouchage « à vide » pour s’en passer. Exemple : tu te balades, hétéroclite, sur un trottoir écrasé de chaleur, quand un mec se plante face la rue, se pince la narine gauche et essaye de se retourner de l’intérieur pour éjecter son petit peuple nasal sur ce même trottoir par le canal droit. 1, 2, 3 essais, et on change de narine. Après, on se secoue les mains, et on repart vers de nouvelles aventures. Et toi, tu cherches un taxi pour rentrer très vite te mettre la tête sous la couette. Action L’Oréal : Un mouchoir en forme de main ? Je ne vois que ça.

 

 §         Flacons de shampooing : Ce qu’on en sait : Marketeux n’est pas chinois. Certains produits se commercialisent sous forme de 8 flacons énormes, type communistes, de couleur unie pastel mais différente selon que c’est le 100, le 200, le 300… esthétique suicidaire. On est loin du flacon orgasmique d’Herbal Essence, qui sert aussi de vase à orchidées une fois fini. Action L’Oréal : S’inspirer des flacons de sauce soja, qui se dénombrent par centaines suivant que le poisson que tu cuisines a des poils, une robe rose ou des dents saveur cacahuète. Noter que les Chinois adorent les couleurs pastel, et l’odeur du graillon. On devrait pouvoir s’entendre sur une formule produit sympa.

 

 En fait, j’ai un peu faim, donc je vais arrêter là pour cuisiner mon riz. Vous m’excuserez de ne pas relire le début de ce post, j’ai envie de garder mon appétit.

 

 

 

 

 

 

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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 05:47

Ce matin mon trajet  « lit – lieu de travail » s’est résumé à  six pas, et encore j’ai fait un détour par la salle de bain. Enfin salle d’eau carrelée. Ou piscine, quand A Qin a fait sa lessive, ou pris sa douche avant moi - ah bon tu t’es juste lavé les dents ? Ou encore terrain de thèque pour les blattes aquaphiles. (Je sens que je suis pas claire… bon je vais mettre une photo, ne cherchez pas la bac de douche. Il n’y en a pas. L’architecte pensait benoîtement que par la seule force de Saint Mao - Père de tous les peuples, donc par extension du peuple des douches - le jet émanant du tuyau de plastique allait contourner le meuble, créer un canal le long du mur, et se jeter glorieusement dans le mini trou d’évacuation. Un visionnaire de génie, cet architecte). Bref, un vrai lieu de vie. Je me suis perdue. Ah non, oui, donc, aujourd’hui on travaille à l’appart parce qu’à la factory on attend incessamment sous pneu (les blagues de Papa me manquent) la visite de Caïus Pupus, le contrôleur fiscal de la taxe professionnelle. Et d’après ce que j’ai compris, ils ne sont que deux à être déclarés at the office, donc nous, travailleurs de l’ombre, on a le choix soit de se déguiser en siège Creaform et prendre la pose dans le Showroom, soit de disparaître de la circulation quelques jours. L’option choisie a été celle de disparaître, parce qu’on ne trouvait pas de déguisement de siège assez ressemblant pour Ellen, et l'appuie-tete cuir ne voulait pas tenir sur ma nuque. 

 

 

Là je me dis, mortecouille mais c’est trop top ! aujourd’hui, on va échapper au courant une minute sur 2 qui m’oblige habituellement à respirer en deux temps, 1 : j’inspire quand le ventilateur marche, 2 : j’expire quand le courant saute. Donc on embarque le modem, les câbles, une table, les piments à l’huile, et hop, on transforme l’appart en centre de commandement de la CTU. Mon seul regret, c’est de ne plus avoir en face de mon bureau vue sur la revue des troupes du lycée local, en rang d’oignon, à 8h30. Le prof qui éructe le dicton du jour à des ados plus apathiques qu’exaltés finit toujours par un hululement qui marque le début d’une petite course piétinée le long des bâtiments pour rejoindre les classes. Ce petit cross bon esprit et marqué, il faut le dire, par un enthousiasme débordant de la part du Chinois Ado, me fait un peu penser au CIIBB - Cross des Ingénieurs Informaticiens au Bois de Boulogne , vaste fête annuelle au cours de laquelle des ingénieurs informaticiens qui se sentent un peu déprimés par un travail routinier et autiste, et déçus par une offre trop peu étendue de la part d’Afflelou en matière de montures fantaisie en PVC, se retrouvent pour chasser le mal-être par la semelle de leur Nike. Enfin si le concept te tente, chausse tes Reebook à bulles et viens fêter le sport avec les ingénieurs. Tu seras chaleureusement accueilli - mais faut pas avoir peur de la solitude pour venir.

 

 

 

J’ai vérifié ce matin que les billets d’avion pour Shanghai mardi n’étaient pas en crépon, ça a l’air d’aller. Je me prépare psychologiquement à expliquer au mec de la sécurité que « ceci n’est pas une arme biologique mais une bombe de déo ». En fait, je vais AUSSI être obligée d’expliquer ce qu’est du déodorant. Pas sûre d’y arriver.

 

 

 

 

(pff, cherche pas le bac à douche sur la photo de gauche, eh greluche)

 

 

 

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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 02:58

Et BIENVENUE à tous ceux qui ont cliqué sur le lien de Fix « Marie, ma cousine en Chine »,  qui pensent que je suis effectivement bridée mais blanchie à la soude, avec ombrelle et protège-bras,  et qui espéraient par là-même m’extorquer la recette du canard laqué. Passe ton chemin, maraud, je ne mange pas de ce pain là!!!

 

 

 

 

 

(Bienvenue à Las Chinas Parano, le pays qui te bouffe le cerveau avec de l’acide de poulpe)

 

 

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6 septembre 2006 3 06 /09 /septembre /2006 07:05

La télé chinoise est vraiment pleine de surprises. Prenez la Starac version bridée : l’essentiel du Prime Time est centrée sur l’élimination du candidat et ses adieux à la scène. Le générique de début, le rappel de qui reste, et l’élimination, prennent 10 minutes. Pendant les 40 min suivantes, on a droit à « dommage pour toi », «  va embrasser ta maman dans le public, elle vient de te renier », « oui tu peux dire au revoir à tes camarades», « merci à tous, à mon agent qui vient de perdre son avenir professionnel, à mon nounours qui a recueilli mes impressions, à Nixos Aliaxas, au public qui a voté contre moi regardez je vais chanter une dernière fois pour vous non  bon c pas grave ok je sors ». Un PEU cynique, mais tellement marrant. Moins marrant ceci dit que l’émission cuculinaire du dimanche soir, appelée  Cooking beauty : sur le plateau, trois plans de travail de cuisine impeccablement équipés façon « Cuisinella, la cuisine qui ne veut que toi », et trois nénettes choisies, soyons honnêtes, pour leur physique. Au top, elles se précipitent pour découvrir l’ingrédient mystère – dimanche, un énorme poulpe glaireux qui s’agrippe à leur bras dès qu’elle veulent le tronçonner – choisissent sur un étal de marché de quoi réaliser leur recettes et 10 min plus tard, au top, doivent lâcher leur truelle – ici , cuiller en bois. Un jury et un vrai chef cuisinier goûtent alors les merveilles, et notent. Notons au passage le gros usage qui est fait de la poubelle derrière les sièges. J’ai adoré le poulpe qui s’est mis à bouger au moment ou le mec du jury l’a saisi avec ses baguettes. J’en pleure encore.

 

Mais si la télé devient soir après soir le dernier coloc’ de l’appart  - je pense que le jour où le poste tombe en panne, deux chinoises meurent d’ennui subit à Longjiang – il y a une raison pour laquelle je n’accepterai jamais sa candidature : les chinois condensent à l'envi et sans aucun respect logique les saisons des meilleures séries américaines. Exemple, l’excellent Prison Break  - que j’ai déjà vu 3 fois mais c’est pas une raison pour le bouder en chinois  – est diffusé tous les mardis pendant 40 min, sur 2 mois. La série fait 24 épisodes de 40 min, soit normalement 6 mois de diffusion au bas mot. Le « mais comment font ils, quel est votre secret? » est mourrû sur mes lèvres quand j’ai regardé le (soit-disant) premier épisode, qui a concentré les 5 premiers en un amas de péripéties incohérentes  et simplifiées à l'extrême, dont A Qing ahurie n’a rien suivi, et pour cause : l’histoire aurait pu être la retransmission des réflexions d'un schizophrène en manque d'acide.  Sacrilège immoral, foudre, cendres sur ma tête, CCTV9 je te hais. Le truc épuisant aussi c’est la session de 10 min de pub tous les 1/4h, qui coupe impitoyablement n'importequel programme : journal TV, série, générique, émission, météo. La même séquence de pub, parfois répétée pour deux fois plus de plaisir, 12, 15 fois par soirée, c’est urticant. Mais bon, le jour où j’ai proposé un jeu de cartes, ca a été comme si j’avais peint un Mao beatnik en sauce soja sur le mur du salon : inepte.

 

 

Pour que ce soit un peu Noêl ce bête et méchant 4 septembre, j’ai décidé de faire la fameuse recette gateau-au chocolat-au-micro-onde-avec-huile-de cacahuète-en-guise-de-matière-grasse. Le tout petit sample que j’ai cuit en premier pour test a failli coûter la vie aux 1000 innocents de mon immeuble : le ding (micro onde chinois, ainsi baptisé pour son sympathique message « c’est cûiiit ») s’est mis à mousser, puis à fumer, puis à puer. J’ai sorti du MO une brique ISO 9001 qui sentait le vautour, et les baguettes utilisées pour désincarcérer l’ovni du bol ont fini au Paradis des Baguettes. Le 2e essai : bien mieux réussi. Même si perso je l’ai trouvé infect (vive le vieux goût de cachuète rance), les filles ont tellement aimé qu’elles m’ont demandé d’en refaire un dès le lendemain. Je décline toute responsabilité dans un hypothétique futur dysfonctionnement de leur système nerveux.

 

 

Petite note sur le concept de « couple tapi dans le noir » : si tu te promènes la nuit dans les rues ou les parcs, en bus ou à pied, tu verras partout des petits tas informes souvent au plus profond de l’ombre noire de la nuit déjà elle-même bien noire, dans un recoin de porte, derrière un escalier. Ne prends pas peur, c’est un « couple tapi dans le noir ». Il ne parle pas, ne se parle pas, parfois ne se regarde même pas. En fait parfois je suis même pas sûre qu’ils se connaissent uhuhu. Mais bon ça a l’air bien :  y’en a partout ...

 

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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 03:46

J’ai toujours dit que j’avais ici proportionnellement plus de chances de périr dans un accident de bus que de croiser le crâne d’un occidental. Et bien la proportion se précise : j’ai 12 000 fois plus de chances de mourir dans un bus, c’est dit.

 

Hier, c’était la sortie la plus attendue et la plus redoutée de l’année : Shopping Day in Guangzhou. Redoutée par moi pour le trajet – Gaomin-Guangzhou, j’ai déjà pas mal donné, xiexie - et le monde - la Chinoise la plus squelettique du monde m’a prévenu que les magasins étaient bondés, et je suis shoppingfoulophobe. Redoutée par A Qin, parce qu’elle se jure de rester dormir dans les rues commerçantes si elle ne trouve rien – ce qui, en général, lui met bien la pression, et elle ne trouve rien. Donc, hier, parées pour le grand saut (ombrelle ? j’ai ! Portefeuille ? J’ai ! Patience… on verra !), on prend deux bus pour rejoindre la Cité des Merveilles. Premier bus, je suis debout entre deux déménagements dans l’allée, le nez à hauteur d’aisselle de la communauté ; deuxième, je suis assise mais un sale gosse fait un morpion avec des morceaux de prune sur mes cheveux fraîchement lavés. Au bout de 30 min où il perd systématiquement contre lui même, je craque. Je me retourne avec mon plus beau et carnassier sourire, et annonce un souriant mais ferme « Pu iao » (Stop). Le gamin me montre ses molaires du fond, je me rassois, rebelote, une demie-prune – il se trimballe avec son prunier ou quoi -  entre en contact direct avec ma tempe. Une fois, deux fois. Là y’en a un peu super marre, la mère dort avec la gougoutte au coin du bec, je me retourne pour être bien comme il faut en face du monstre, et je lui assène un sonore «  Mais va te faire baptiser chez les Mormons !! ». J’ai pas souri, j’ai bien froncé les sourcils dans le bon sens. Et ben, les Mormons, ça marche. Par contre j’ai eu du mal à traduire à A qin écroulée – parce qu’épargnée par l’odieuse attaque de la moussaka géante.

 

 

Les courses en elles mêmes, c’était, comment dire, spécial. Je fais en général les miennes seule, ça épargne aux gens mes états d’âme et l’attente aux cabines, et je vais où je veux. A Qin a un magasin fétiche, dont elle connaît la liste des succursales par cœur, dans toutes les villes du Guangdong. Et hors de ce magasin fashieun, Ebase, point de salut, c’est la honte, trop ringard. Donc après avoir fait les 3 premiers de Guangzhou sur 5, et n’avoir pas trouvé les vêtements de ses rêves (elle a un goût très …spécial, additionné d’une impossibilité de prendre une décision et d’un besoin d’être confirmée avec enthousiasme dans ses choix. Quand le choix s’avère être un sweat-shirt oversize moutarde avec une collerette rembourrée et un motif vert – je n’invente rien – j’ai du mal à être enthousiaste), j’ai fini par, sacrilège, rentrer dans un autre magasin ; elle m’a tiré en arrière et fait « no, pas là, c’est nul ». Bouin, cça avait l’air bien. La séance Shopping Day s’est finalement avérée être «  visite de tous les Ebase du coin », de fond en comble,  ponctuée de lamentations « je trouve rien, je vais mourir, je vous préviens je reste là ce soir ». Ceci dit j’admire sa constance, parce que les demies heures de métro entre chaque Ebase, elle se les farcit tous les mois, et moi rien qu’une fois dans mon séjour, ça m’a tapé sur le haricot.

 

J’ai quand même remporté une minivictoire (youhouu) en entrant dans un magasin qui jouxtait un E base – paye ta ruse de Sioux – et miracle j’ai trouvé un truc dans lequel investir. Même si j’ai failli énucléer la vendeuse qui me suivait collée à mon ombre entre tous les portants, j’ai fini par acheter. Et là, Festival des Mille Flowers, c’est comme si j’avais gagné au Loto. Je n’ai pas acheté le plus cher du magasin, mais arrivée à la caisse la fille me dit d’un air désolé «  on ne fait pas de discount sur celui là, alors choisissez ce qui vous plaît dans les accessoires du comptoir ». Uéééééé. J’ai filé un parfum à Aqin, j’ai pris une ceinture, et je m’éloigne quand elle me dit « Vous avez aussi le droit à un bouquet gratuit dans le salon VIP là haut ». Là un doute s’insinue en moi, je ressors discrètement mon ticket de caisse en priant très fort de ne pas m’être gourée d’un ou deux  zéros dans la conversion, mais non, c’est bien ça. Et nous voilà en train de composer un bouquet avec des lis et des orchidées dans un boudoir feutré.Pour avoir acheté un article je ressors avec 10 sacs et les larmes émues de la vendeuse. Avis : Je cherche encore le magasin qui offrirait des pâtisseries pour tout montant supérieur à 20 euros.

 

Dans le bus du retour, sous un paysage lunaire, A Qin et moi  chantant à tue tête du Jack Johnson et du Jenifer (elle adore), essayons de couvrir les aventures de Jackie Chan contre le méchant allemand, doublé en chinois, terrible. Y’a vraiment des choses qui vont me manquer à mon retour.

 

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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 04:41

                  Hier à la télé : campagne de pub ‘achement sérieuse pour “Five Day  Week for Government". La pub, débitée par une voix off transie de gravitude dure une demie douzaine de minutes, et explique que bon, le gouvernement va prendre congé 5 jours, que les bureaux vont être fermés, mais ne vous inquiétez pas, ils assureront les urgences (si mémé m’envoie une carte postale, c’est une urgence ?). Là où c’est un peu abusé, c’est que ce même gouvernement ne travaille déjà pas le samedi après midi, et en plus se permet de prendre 5 jours de vacances !! (Je vois des fonctionnaires français qui rigolent… non les 35h c’est pas pour bientôt ici. Refusez votre mutation en Chine si vous avez demandé des charentaises pour Noël). Bref, les fonctionnaires partent en vacances, ne perdez pas votre passeport.

 

 

                    J’ai failli finir à l’hôpital ce matin, le feu rouge a duré un peu longtemps. Feu rouge qui dure = odeur de mûre, ça n’est vrai que dans les coins où Yves Rocher a implanté sa franchise. Ici,  foule compacte  = deep impact. L’asphyxie. L’empoisonnement par les airs. Le déo n’est pas encore un achat cosmétique jugé utile par les consommateurs chinois. Ceci dit c’est un créneau à saisir, avec une bonne campagne de pub entre la dernière scène et la générique de la série de 20h00 - créneau idéal mais profondément irritant - on peut sensibiliser un max de chinois. Bon, je n’ai pas dit des pubs ridicules comme le déo Nivéa aux extraits de perles, LE déo magique qui promet me rendre bonne des dessous de bras. Les chinois sont abrutis par la pub, mais de là à gober cette ineptie, il n’y a guère que les français sur qui ça marche ;). La peau de poulet, c'est irréversible.

 

                    Et sinon, je suis hyper vexée. Hier Ellen allait conduire by herself, A Qin allait prendre un pot (de nouilles) avec ses amis à LeCong , bref, ma première soirée tranquillou à l’appart se profilait sur fonds de grands projets comme « je vais en profiter pour laver mes draps, me laver les cheveux, ranger le salon, danser sur la table on the vibe of mes tubes américano-capitalistes  », bref, une soirée tranquille quoi. Sur ce, je bataille tout l’aprem pour convaincre Ellen que je n’ai pas besoin d’aller chez sa sœur pour m’alimenter ce soir, je peux me débrouiller toute seule, je ne vais pas mourir de faim. C’est vrai quoi, j’ai du fromage, du riz, de la brioche, du nutella et du chocolat, ok ce n’est ni du poisson FMort (fort ET mort) ni du concombre harissé, mais si si ça nourrit bien quand même. Ellen part, et une heure après c’est A Qin qui prend le relais : «  wait for me tonight I will come back at 8, I will cook your dinner » là, j’ai vraiment l’impression d’être une assistée, c’est horrible. Je lui assure que je ne vais pas me pendre de solitude, et que, poil de gnou ! je suis capable de me faire à manger ! (Ma réputation en prend un sale coup là, je vous assure je sais cuisiner), C’est alors qu’elle me sort « Nan mais j’ai peur que tu fasse tout exploser ». Ok, c’est donc avéré, aux yeux des chinois,  je suis débile. Je suis HYPER vexée ! Je lui intime l’ordre de profiter de ses amis et que si elle revient trop tôt je bloque la porte. Bilan : j’ai passé une bonne petite soirée, mais j’ai pas échappé au « je vais te cuisiner qqchose » quand AQin est rentrée à 21h, et au « tiens je t’aifait du riz » à 23h par Ellen. Gavée je vous dis.

 

 

Je sais pas mais là j’irais bien bouder.

 

 

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31 août 2006 4 31 /08 /août /2006 04:04

 Il est 15h37, l’heure légitime de la léthargie cérébrale la plus profonde ; le soleil darde insidieusement ses petits rayons UVA sur la peau de Ellen qui dort – c’est sournois.  J’ai eu beau lui expliquer à l’aide de mes principes de physique qu’a travers une vitre, elle pouvait pas noircir, il n’ y a guère que quand elle dort qu’elle ne défaille pas au moindre rayon de lumière sur sa divine peau (pas blanche). Soudain coup de fil, Ellen saute comme une flèche, descend et me remonte…. un colis de 6 kilos (j’ai essayé de calculer par rapport à sa vitesse de montée des marches, sa taille, son poids, tout ça). C’est l’effervescence, déjà moi je suis trop contente, Emeric m’avait dit qu’il arriverait dans ces eaux-là, mais bon je me rappelais plus (mémoire de bulot s’aggravant avec la chaleur), mais alors le staff entier veut être là au moment de l’explosion du colis piégé. Au final, rien de tel, mais mes carambars ne font pas long feu l’apres midi, et ma tablette de chocolat non plus ;) En revanche pas MOYEN que j’ouvre mon Nutella, je veux le manger religieusement.

 Je pense , contrairement à ce que j’ai dit, que mon colis a été « visité » par mesure de sécurité sans doute ? Disons que certes, il était scotché plus-serré-ca-s’appelle-une-momie, mais allez expliquez pourquoi des bouteilles et conserves en bocaux théoriquement hermétiquement fermées fuient…. Même la farine a été ouverte, ca doit ressembler un-peu-trop-j’aime-très-pas-beaucoup-ça à de la drogue pour bison.

 Le soir, hop, petit crochet vers la « boulangerie » pour acheter une brioche – fourrée à la pâte de haricot rouge, bon, ça va, je ne l’ai vu qu’après !! – et pouvoir initier a Qin au tartinage généreux de la brioche fraîche avec du Nutella fondu. Elle a aimé mais elle a embrayé sur le poisson de l’avant-veille, et ça, ce n’est pas bien. On respecte le Nutella. Moi j’ai fini la brioche, le poisson merci j’ai déjà donné dans le coup de cœur sacrificiel. Pas de nut pour Ellen, elle avait qu’a pas aller conduire ( je suis un tyran).

  Humm mais qu’est ce que c’est ??

 

   Vais-je reconnaître le gûûtt ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ouiiiiiiiiiiii c’est du Nuuuuutt (mais Marie c marqué dessus…)

 

 

 

 

 

  Merci Emeric!!!!!!!

 

PS : les photos du WE sont en ligne. Et j'ai lutté.

 

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30 août 2006 3 30 /08 /août /2006 04:33

Je commencerais juste par une aparté «  Gra-no-la, président !! » . Voilà, c'était juste pour dire ça.

 

 

« Tadam tadammm » La sono à fond entrecoupée de baragouinage qui ressemble à du chinois, le Larsen en plus, rythme ma journée depuis 2 jours. Les joueurs olympiques s’entraînent en face de mon usine, sur le stade d’un grand bâtiment, avec des fanions rouges de bienvenue et de les choeurs de l’armée Jaune, exhortés par le flot oral ininterrompu du Tiewi Woland de Longjiang. A la fois ça ressemble à une compète, avec des sportifs habillés en rouge sautant par petits groupes en petite foulées comme si leur vie dépendait de l’uniformité de leurs sauts de cabri, et à la fois on dirait des étudiants ... en fait je crois que c’est juste la rentrée. Buahahahaha.  Ma foi si j’avais eu des rentrées comme ça sur trame de fête nationale maoïste, avec défilés, sport et musique, peut être que j’aurais oublié moins souvent  ma liste de fourniture le premier jour. Les chinois savent comment motiver les foules c’est certain... ils peuvent pas donner des cours de motivation à Ellen ? lol non c pas gentil.

  

 

 

 

Ellen prend des cours de conduite tous les soirs, 2h à arpenter un circuit sur une jeep toute seule. Pas assez de profs, donc c’est son frère qui vient lui apprendre parfois (il était chauffeur de camion l’année dernière. Bientôt dans vos kiosques,  « Ellen chez les Routiers »). Elle paye donc vachement cher un permis qu’elle pourrait passer toute seule, c’est bien, ya pas que l’ECF qui entube ses élèves. Du coup A Qin est une nouvelle fois promue cuisinière du soir ; elle apporte toujours les repas avec un sourire d’excuse genre «  si tu meurs j’ai pas fait exprès ». Ceci dit, je lui ai dit que c’était pas la peine qu’elle fasse des repas de restaurant, il suffit qu’elle prépare un plat avec tout ce qu’elle a acheté et qui lui tombe sous la main, (à l'exception d'un poulet vert ou d'un poulpe cru non nettoyé, réfléchissez un peu tout de même...) , et c’est toujours très bon.

 

Je préfère ça aux surprises d’Ellen. Hier , elle m’amène avec empressement au bureau un sac plastique humide contenant une masse grise et odorante, qu’elle pose sur mon clavier l’air gourmand. Bonne nouvelle, le chauffeur de taxi en a ras la pastèque que son grand père passe ses journées à pécher et nous refile l’air de rien la production du jour (euh, de la veille, vu le poisson.) Elle me dit « Yeah, I like it !!! I will share with my brother » Nous voilà en train de trier les poissons (que j’ai décalés de mon clavier, le E menaçant d’être noyé sous le jus de mer - mais trop tard la touch   st  d c d  , hum, mort . ) .Les sacs triés,un pour sa belle soeur, un pour nous,  on les pose sur le bureau, et pendant les 6h du travail de l’après midi, ils sèchent, doucement sous la chaleur estivale.  Les remugles de marée me transportent sur les marchés de poisson, à ceci près qu'il fait 20 degres de plus. Je me dis, euh, peut être ce soir moi je vais finir le concombre d’hier, hein ? J’ai pas tant besoin de protéines que ca finalement…. Quand tout d’un coup Ellen me balance « ce soir on mange chez ma belle sœur, tu viens ? » - vous vous souvenez celle qui habite un 2m² sans frigo avec le frère d’Ellen. Oh ben oui, je viens, je prends mon petit Smecta d’abord hein ?

 

J’apprécie quand même les invitations de son frère et de sa belle sœur, qui me témoignent une grande gentillesse. A 18h donc, on se dirige vers le 2m², forcément on attend ds le couloir pendant qu’elle prépare à manger (pas de place). Le logement est vraiment d’une indigence rare, j’ai beau savoir que c’est temporaire ca me sert un peu le cœur de voir que les tabourets sont des bobines usagées de fil de fer clouées les unes aux autres et recouvertes de papier journal, et qu’ils n’ont même pas l’eau courante… Mais trêve de réflexions, le poisson est prêt... J’ai un peu de mal a trouver le poisson sous les piments, mais au moins le goût est puissamment dissimulé sous la brûlure du piment et l’étranglage des arrêtes (ici on fait cuire le poisson non vidé avec la tête et les nageoires, en fait ils tronçonnent juste le pauvre animal avant de lui faire danser la Cucarraça dans le Wok. Et puis ils viennent tous les 3 du Hunan, où les bébés reçoivent un œsophage en Kevlar pour leur premier Noël, donc ca ne dérange personne d’avoir plus de piments que de poisson entre ses baguettes. Des grands malades je vous dis. C’est peut petre pour ça que Ellen rote autant ? (mouhahaha. Coup bas.)

 

 

 

 

 

 

PS : oui, 2 articles en une même matinée. N’y prenez pas goût, c’est juste que je fais mon testament et que je me débarrasse de mon stock d’anecdotes… on sait jamais peut être demain je mangerai du ver.

PS 2 : PO, tu fais une seule réflexion sur le sujet de mes articles, je te fais avaler tes sourciles par les oreilles. ;))

 

 

 

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30 août 2006 3 30 /08 /août /2006 04:15

 

 

On prend les repas devant la télé, divertissement de masse oblige. Et hier, sans rire, ça a été festival, j’ai cru que c’était le 1er avril chinois. Ca commence gentiment par le journal people des stars locales (90% de HK). Et là, plutôt que d’avoir les 20 reportages habituels sur qui confectionne le décor du plateau de Miss HK, le concours de cuisine organisé par la radio machin, le chanteur à la mode qui, sous l’excitation provoquée par l’adulation d’une foule féminine en délire, balance une Nike dans la tronche de la fan la plus hystérique – et maintenant la plus humiliée –, on tombe sur une assemblée de stars de HK (chanteurs, acteurs, etc…) réunies sur une estrade, certains pleurant, tous l’air malheureux, la gougoutte au noeil, tandis que successivement  Chow li, ou  Jackie Chan –oui OUI, le Jacky – prennent le micro pour s’adresser gravement à la presse massée en face. Bêtement, je fais « Uh, ya quelqu’un qu’est môôort ? ». A Qin me répond sérieusement «  No , look at this girl in the middle – une fille mimi mais lambda, qui elle a l’air d’avoir perdu tortue et poisson chat – she was changing her clothes at the back of a stage between two press shots, and a paparazzi shot her naked – comprenez en culotte et soutif »; elle ajoute:  “And the stars are asking the press not to buy the picture or to sell the article” . HEIN?!?? QUOI???? Les 50 stars sont réellement malheureuses que Machine ses soit fait attraper floue en culotte ?? Je suis médusée, avec une hallu teintée de désespoir: si cette solidarité arrive en France, mais qu’est ce que je vais retrouver comme photo dans Voici ?? T’imagines Cécile du Minibus faisant une conférence de presse pour que Kamel Ouali et Stéphanie de Monaco persuadent la presse de pas vendre les photos d’elle buvant nue un Sprite sur une plage du Cap D’Agde ? Mais où sommes t’on ?

 

 

Le lendemain rebelote, toujours la même assemblée (en 20 min d’émission ils n’avaient pas eu le temps de passer l’intégralité des pleurs de mademoiselle). Je rigole toujours autant, même si A Qin me dit que c’est pas drôle.

 

 

 

 

Autre blague télévisuelle, le « Bachelor ». Je resitue la version française pour ceux qui auraient oublié : un bellâtre souvent moche entouré dans sa villa de 20 greluches récoltées au hasard des  (de la ) rues (place principale) de France ( de Nice), doit choisir toutes les semaines ses élues en leur refilant une rose rouge qui pique ? La dernière se marie télévisuellement avec lui pour gagner de quoi se refaire les seins ;

 

 

En Chine, le concept a été tourné en série. C’est-à-dire que l’histoire, c’est celles des acteurs et des producteurs de l’émission, qui tournent « the Bachelor ». On est à la fois dans et derrière la caméra, quoi. Là où c’est énorme, c’est que ça se passe dans le Paris version chinoise : c’est théoriquement à Paris (illustré à grands renforts de Paaarriisss sur les savons, les rideaux, les roses, les boîtes de gâteaux), mais le château est genre de la Loire, il neige souvent quand les gens sont tristes, et quand ils sortent pour arpenter le bord de mer (le QUOI ?), c’est une plage de Normandie. Mais tout ça  à Paris hein ? Pas de blague. Les filles sont également bien plus kitschement cruches que bimbos, et le Bachelor ressemble à un héros de « autant en emporte le vent à Malibu », avec une mèche romantique et des favoris du XIXe, en plus jaune et plus bridé.

 

 

Bref, si un jour ils adaptent Koh Lanta (ah non ca ce serait le Loft chinois, c’est un peu leur vie de tous les jours qu’ils filmeraient), on va dire, euh, « l’ïle de la tentation », on risque de se retrouver avec 4 filles en maillot de laine ultra couvrant en train d’essayer de se faire prendre la main par un tentateur. Hautement sensuel, le prenage de main. Si si.

 

 

 

 

 

 

 

 

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