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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 10:58

Bonne annéeeee les gennnssss!!

La Mouette is back, reviendue de ses pérégrinations fin 2006esques, forcément francofrançaise, et donc nettement moins tordues qu'au sein du vaste empire du Milieu-pas-très-au-milieu-vu-de-France. Mais bon, la fin de l'année a eu son lot de surprises du chef : un poste de perdage de doigt sous zéro absolu dans le Picard de mon coin, surnommé: le Surgelé de la Mauvaise Humeur, une tonne de billets de 200 et 500 euros pour payer trois haricots (jaunes, pas verts, c'est d'un commun le haricot vert...), du vol à l'arrache de myrtilles de Mauritanie (ils ne savent plus quoi inventer pour faire vendre des produits de base... le premier qui voit une myrtille en Mauritanie l'envoie au Musee des Arts Decoratifs, ca relève de la prouesse artistique), du ronchonnage de manteau en rat misqué - ci di rat misquéééé ? - parce que son Picard quotidien ferme le 1er janvier "alors comment je vais faire pour nourrir Zezette mon bichon maltaisde brocolis Weight Watchers"?

Donc, en fait , vive 2007. vive 2007 parce que je retourne à Canton-les-zoies en mars si mon administration daigne revenir à l'école AVANT mars, parce que ma PRO (petite réserve d'organes - Ln, en fait) investit HK vers avril mai, donc ca fait encore plus d'occasions de revenir ingurgiter ma dose de bacteries macrobiotiques, et distribuer de la charlotte de douche à tout va.

Pour bien faire, faisons nos voeux et résolutions: 

- Des cheveux qui se lavent et se coiffent tous seuls au son du réveil, genre c'est 6h, ça zouk, tu poses la droite a terre en pumping up the volume, à peine t'es devant la glace que t'es la fille capillaro-spirituelle de John Frieda et de Fabio Salsa. La classe absolue, et gain de temps non négligeable. Merci la Vilaine.

- Retenir autre chose que "Bon anniversaire" en chinois. Je vous jure, c'est la seule que j'ai retenue, et ca fait euh... un peu cheap. et c'est surtout moyen recasable à la Foire Internationale du Cuir Repoussé de Canton." On peut en mettre combien dans un container? Ah, bien, 280. C'est très bon anniversaire tout ça." Voyez vous mêmes.

- Arrêter d'être grande. Si. Je peux.

Et puis bon, ca suffit, déjà avec ça je sens que je vais pas perdre une gougoutte de sueur dans l'effort. si c'est pas beau la vie, on peut s'autopromettre des choses et pas les tenir sans crainte d'être foudroyée en barbecue géant par une instance omnipotente.uhuhuh.

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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 00:03

Je n'avais jamais employé le verbe clore à l'impératif avant, mais bon, c'est comme l'oeil de poisson, il faut bien une première fois. La Mouette a fini de décrire des cercles concentriques autour de Longjiang, maintenant elle va essayer de délimiter les limites de son cerveau; après avoir défini les tentaculaires limites de gaomin, ca devrait le faire.

Afin de passer la barre des 12 000 pages visualisées, je vais m'adonner à la technique ancestrale du Remerciement . (ahah oui, public, tu as bien lu, 12000 pages lues, il paraît même qu'ils vont rebaptiser le rond point des Champs Elysees à mon nom, la classe) 

Merci à Toni pour avoir eu un jour la bonne idée de se dire que le siège sur lequel il était assis pourrait avoir les yeux bridés, ca n'enleverait rien à son charme. Et pour m'avoir fourni un stage expérimental et extraordinaire, au delà de mes attentes et de mon imagination (et pourtant Dieu sait si cette greluche est debridée).

Merci à Ellen et A Qin pour avoir été simultanément mon cerveau à l'heure chinoise, mon bouclier devant le soleil pernicieux de la Chine, mes gardes du corps sur les passages cloutés, mes traductrices des Feux de l'Amûr à la Banque d'Assurances entre 20h et 22h chaque soir, mes initiatrices de gelee de tortue et de piments sous riz (avatar  culinaire de baleine sous gravillon), bref, mes portes d'entrées indispensables et inestimables vers cet Empire du Milieu de Nulle Part si bizarre mais si attractif. Speciale Dedicasse à la terrifiante reprise chinoise d'Hotel California par  tous les KTV, qui a marqué mon passage du statut d'occidentale muette à "elle est des nooootreu, elle a gagné son micro comme les auutreuu".

Xie xie au chauffeur qui jusqu'au bout aura tenté de me refiler les classiques romantiques de Paris en 2CD. Pas folle la guêpe, je lui ai refourré dans sa boîte à gants à l'occasion d'un péage. Sa maitrise du bitume et sa sollicitude obsessionnelle envers ma ceinture de securité et ma vitre méritent la palme d'or du mec qui survit le mieux aux situations mortelles.

Merci à Maman, Rita, la petite Marie, et surtout mon inénarrable famille qui, outre le support d'une cellule psychologique à distance, ont prêté une oreille attentive à mon incessante activité de déblatération cynique, à laquelle je n'ai pu renoncer même en l'absence de mon meilleur tandem du genre (Drin,au hasard. lol). Merci de tous vos petits mots. Je n'oublie pas le pôle "commentaire qui sert à rien, mais qui fait bien", incarné par son secretaire général  Tibo.

Et puis tous les autres. Il fallait bien en oublier qquns, sinon ca fait pas professionnel.

A bientôt ..en Bolivie (Ah Maman je t'avais pas dit?)...

 

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 07:46

La mode à Longjiang, en ce moment, c’est chaleur chaleur . Un peu le tue-l'amour des catwalks. Si vous êtes un homme, on se refroidit le nombril en coinçant le bas de son T-shirt sous les aisselles, et on déambule en canard les bras le long du corps, bedaine en avant – le Chinois n’est certes pas gros, mais victime de la Tsing Tao. Si vous êtes une femme : petit pull en crochet émaillé de perlouzes qui ne couvre que les épaules et s’arrête aux aisselles. (Le nombril, cela vient d’être prouvé, constitue la centrale de refroidissement de nos amis les Chinois).

Bon les enfants on passe aux choses sérieuses : je m’en vais après demain matin. Je ne pense pas que l’inspiration ira me soulever le coude cette nuit, vu que ledit coude est calé contre la télécommande de la clim, quelquefois qu’on prendrait des dizaines de degrés en une nuit sur Longjiang – c’est Monsieur Al Gore qui m’a dit – donc je ne lâche pas la télécommande. Donc ceci est mon dernier post uhuhuh. Bon ceci dit, on ne s’emballe pas. Tant que je n’ai pas passé l’épreuve décoiffante de l’autoroute tôt-le-matin, dans une pétrolette verte qui joue à saute-mouton avec un du 15t hurlant  entre deux files, puis celle du comptoir de l’aéroport qui pratique le plein emploi mais pas la politique de l’efficacité, puis celle de ma valise qui, à vue de noeil, doit contenir un chargement tentaculaire pesant un buffle (DOIT c’est une obligation). J’ai déjà pensé à ce que j’allais offrir aux gens de l’aéroport si d’aventure ma valise dépassait 30 kilos : mes dix bouquins de greluche ; mon shampooing reflets cuivrés – sur un chinois ébène coiffé des ailettes de Mao, ca va taper sa mère-grand ; mon paquet de gelée aux algues, tant pis, je pourrai pas faire de blague dans le café de maman le matin ; mon panier en osier autocuiseur de Ban Bao – nan papa là je déconne, promis l’escale ne sera pas obligée de me débarquer comme une réfugiée Tibétaine. Bref, j’ai de la ressource. Enfin, si je mets autant de temps à passer les formalités que dimanche dernier, mon visa va être périmé. Donc, c’est pas gagné, mon prochain post pourra très bien être rédigé de la geôle de l’aéroport de Canton, entourée d’un sac de riz gluglu et d’un congénère d’Ellen qui se sera fait avoir en achetant un billet d’avion en papier toilette imprimé .

 

 En guise de bilan, une ou deux découvertes qui ont ensoleillé ma fin de séjour :

  §          L’appartement de Gaoming donnait en fait sur la salle de bains d’un client assidu du karaoké du 2e etage. D’où vomissements dès 21h, rendage d’œsophage dès 6h, répercutés sur toute la hauteur des 19 étages du Ming Can Tchang.  Je suis rassurée, je me demandais pourquoi chaque dimanche un ragondin grimpait sur la façade extérieure de l’immeuble pour venir fredonner du Joey Starr avant de mourir juste sous ma fenêtre d’une combustion subite de la tête (attention délicate, mais difficilement appréciable)  

 §          Le chinois est rétroactif. Lorsque tu croises un chinois, tu peux compter un, dos, tres, chanter un cantique maoïste, refaire ton lacet et enfin, faire coucou au même chinois qui vient d’imprimer que tu n’étais pas bridé, et de se retourner, 20 mètres plus loin, sur ton passage. Ceci explique l’absence de platanes sur la route, trop de collisions. Ca marche aussi pour le hello, qui arrive 1min34 en moyenne après impact.

 §          Je viens de réaliser que la musique militaire du lycée en face, qui rythme matins et soirs les moulinets du bras des étudiants en survêt mou, est en fait la MEME que l’hymne accueillant le régiment de l’adjudant Pernouille, détaché de Trifouillis les Moules au jour du 14 juillet, sous les commentaires avisés du sémillant Jean-Claude Narcy. Larmichette d’émotion : c’est aussi insupportable, mais c’est tous les jours

 Voilà, à samedi J

 

 Ah oui, pour finir, une nouvelle mode pour éviter que mon chat conceptuel, Belle Nouille, se gèle la gougoutte à l'heure des premiers frimas

 

 

  

 

 

 

 PS : ah si, je ferai un poste remerciements. Il le faut uhuhuh. Du style "Merci à ma Maman qui a beurré mes tartines, pour qu'elles finissent un jour au vide-ordure et moi sur les routes de Chine, merci à mon agent sans qui je ne serais pas ce volatile méchant et pernicieux qui ricane quand un chinois se vautre sur une peau de pastèque au sortir du karaoké, etc".... bref, un post bien de chez nous.

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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 08:17

A l'aide d'un ciseau découpe Bip dans le titre et remplace le par "Overblog, mon serveur  de blog" . Rajoute "préféré", ça passera mieux - mon blog ne se retrouvera pas dans la demie seconde dans les cachots sombres-et-humides-qui-sentent-le-soufre de l'Antre Infernalement Pernicieuse du Cimetière des Blogs Bannis. N'hésite pas à demander à ta maman si tu as du mal dans la partie difficile (le découpage).

Donc Goulag, mon nouvel ami, est une entité super sympa qui interdit de mettre plus de 5 albums en ligne. Sur 3 mois, c'est un peu short, surtout que pour mettre une photo en ligne il faut le faire image par image, c'est long, fastidieux, et on ne peut même pas aller se taper une soupe de riz gluglu entre-temps par crainte de s'apercevoir en revenant une heure après que le chargement est bloqué à la PREMIERE photo. Auquel cas, oui, tu craques. Tu as le droit.

Donc les dernières photos de mon séjour, je vous les mets dans les posts. Au menu aujourd'hui, une photo qui résume mon WE à HK avec Papa - rigolage, soif (car crapahutage), et bonne humeur -, et Ellen avec sa charlotte car je ne compte plus les gens qui demandent une photo, je devrais faire monter les enchères - non par humanisme mais par crainte de me faire avoir une enième fois: je refuse.

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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 16:38

Prologue : si vous petit déjeunez, merci de prendre connoissance de la note de bas de page, dont le rôle est d'éviter toute réclamation future.

Allo oui ? Comment ça, la SPA des blogs ? Oui je sais, j’ai le blog terne ces jours ci, il croupit un peu dans sa moisitude. MAIS j’ai fait une découverte qui pourrait sans rougir grappiller un 7 sur l’échelle de Richter des blagues du jour (auto évaluée à 8, on se distrait comme on peut dans un ferry). Vous aurez remarqué que dans tous les hôtels du monde les problèmes de douche tournent autour de « j’ai voulu prendre une douche réconfortante et je me suis pris la banquise en hallebardes sur la tronche ; est ce normal que l’eau chaude ne fonctionne pas ? ». Et bien vous serez heureux d’apprendre que dans les hôtels estampillés 5 étoiles de Hong Kong, ce n’est pas l’eau chaude qui fait défaut, mais l’eau froide. Question de standing. Donc, vendredi soir au Harbour Plaza Hôtel, alors que la réception baignée d’un halo plafonnier passe du mauve au violet en donnant l’impression aux clients du hall que la Fête des Loges a élu domicile sur nos têtes, nous commettons l’erreur de débutants de poser cette question d’une banalité renversante: la douche est-elle réparée ? Une demi-heure plus tard, on ne sait toujours pas, mais la chinoise a perdu 12 ans de vie (c’est ça ou se ronger les ongles, mais si c’est pour se pourrir une manucure de griffon qui coûte un bras, l’option don de sa vie est hautement conseillée), regrettable perte due au stress de ne pas connaître la santé de la douche de la suite 4716. Je peux presque entendre son mantra culturel : On ne perd pas la face, on ne dit pas non. Moralité : Ne posez jamais de questions, allez vérifier par vous-même. Pour info, je me suis ébouillantée l’épithélium, mais il aurait fallu me payer pour redescendre à la réception. Sinon, hôtel somptueux, climatisation à 8°C pour confire bonnes manières et ficus du hall. (Petit plan de notre appartement ici). Pour arriver jusqu’à ce havre de luxe, il a fallu que je prenne cet inénarrable ferry qui relie le bas de mon immeuble au centre de HongKong – plus pratique ça s’appelle de la télé transportation – dont l’enregistrement des 300 passagers apathiques mais animés d’une belle HQA (Hargne dans la Queue d’Attente) a débuté 13 minutes avant le départ (frayeur); Que je survive à la congélation Findus de la classe VIP du ferry (lutte à mort); Que je décline poliment une patte de poulet bouillie de la part d’un voisin bienveillant (sourire urbain); Que je retrouve la belle chevelure argentée de mon papa au coin Nord Est du Peninsula à l’heure convenue – Pas dur, vous voyez un sequoia dans une forêt de bonzaïs ? Ma mission de combat a trouvé son apogée dans le meilleur restaurant de sushis de Kow Loon, au son des bonjours et au-revoirs psalmodiés avec un enthousiasme las par l’équipe de cuisiniers à chaque fois qu’un être vivant (chinois, étranger, chien, poulpe frais) passe le seuil de la porte.                  Le lendemain, on opte pour l’activité « ça passe ou ça casse dans le bus à impériale ». Les hauts de HK sont des petites routes sinueuses bordées d’une végétation dense et dotés de bras qui font la holà en  longeant la baie en lacets. Le chauffeur de la ligne 6X se targue de détenir un chrono imbattable sur le tronçon centre ville/Stanley Market, fierté traduite en langage carrosserie par « étoile dans le parebrise de l’impériale ». Il fait, aujourd’hui encore, honneur à sa réputation, et chaque virage est un quitte ou double, formule à laquelle j’ai souscrit pour 3 mois mi-juillet, rappelez-vous. Puis j’ai faillu perdre un membre quand j’ai voulu céder aux sirènes de la fashionitude en achetant un jean slim. Je suis officiellement maintenant dotée de l’accessoire tendance genre je suis un bête de la meûde, et privée de l’usage de mes cuisses, restées en apnée trop longtemps. Trop fashion la greluche. Mais c’est chacun avec deux bras et deux jambes au bon endroit que l’on assiste le soir-même au mirifique feu d’artifice du Mid Autum Day dans la baie de HK. Un sons et lumières inoubliable, secondé par les néons des innombrables buildings qui bordent la baie, sur une orchestration au poil distribuée par des hauts parleurs discrets - Karayan, sors de ce pylone. Je suis fascinée, au point d’oublier que le papi à côté de moi me crache les reliefs de son œsophage sur le coin des sandales (Tudieu, ca colle au palais, l’amidon ! C’est qu’il faut cracher fort* !). Dans la foulée, dîner indo-thaïlandais dans le quartier hyper grouillant d’happy hours peuplés d’expatriés, dîner clos par une glace d’une taille indécente, où se terrent des morceaux de pâte à cookies crue - une tuerie – que l’on déguste sous la pleine lune sur le ferry qui traverse la baie. Hong Kong est bluffante.

Coté Gaoming, la vie suit son cours. Les Chinois ont des occupations ...uhm ...intéressantes. Dans le ferry du retour, j’ai droit à un compagnon de salon privé parlant anglais – glop – décidé à me convaincre des bienfaits de la bigamie dans la société chinoise - moins glop: visiblement il a trouvé la première, et part en quête de la 2. Volontairement, je m’isole ostensiblement dans mes activités de greluche futile qui lit Cosmo, m'excluant par là de la liste officielle des concubines en lice. Puis je croise sur les routes poussiéreuses un garçon qui porte des légumes verts dans un sac en plastique - mon cerveau bugue comme si j’avais croisé la duchesse d’York en goguette sur un mototaxi. Garçon de 20 ans + légumes verts = équation inconnue lorsque la variable X prend la valeur d’un occidental moyen. Il va falloir que j’explore plus avant la génétique asiatique, et peut être un jour « beuah, un cordon bleu c’est un plat complet, le fromage c’est du légume » disparaîtra de la conception masculine de la nutrition. Le gardien de ma porte d’immeuble s’ennuie, il exploite à fond son gène humour quand je me pointe à la caméra les bras chargés de paquets et qu’il feinte par deux fois l’ouverture de la porte. Je ne lui en veux (presque) pas (à mort), je n’ai aucune légitimité question humour depuis que j’ai du tenter d’expliquer à A Qin sa blague Carambar. Pour faire court, voici ce que nous proposait Guillaume 44 ans : « c’est quoi le pire : avoir du chewing-gum entre les doigts de pied ou de la mayonnaise entre les fesses ». Je me suis sentue pathétiquement short of words pour éluder la traduction et sauver la réputation du savoir-penser français.

 

 

Bien, il est l’heure d’aller avancer de quelques chapitres le marque-page du livre intelligent (i.e. The Devil wears Prada). L’incurable greluche vous salue bien bas.

 

 

 

 

PS : je promets d’ouvrir un vrai livre intelligent si d’ici là mes deux hémisphères cérébraux ne s’auto-attaquent pas d’exaspération d’avoir une barque de pécheur dotée d’un moteur de Soyouz qui fait des A/R depuis plus de 2h, sous mes fenêtres, sur le fleuve. Je vous jure j’ai envie de lutter avec un ours tant ça me porte sur les nerfs. Des propositions?

* Je ne veux plus de commentaires sur le caractère ragoûtant ou nom de cette coutume qu’est le crachat ici. On le sait, c’est dégueu, on n’y peut rien, je ne vais pas lui fourrer sa langue au fond de sa gorge pour que ça suinte par les zoreilles :))

 

 

 

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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 09:05

Vous vous êtes sûrement déjà retrouvés dans cette situation bizarre: vous SENTEZ qu’il y a quelque chose qui cloche, mais comme ça, d’office, vous ne voyez pas quoi. Ca peut durer longtemps, c’est peu gênant quand vous avez un caillou dans la Converse, ça l’est bien plus quand vous arborez un grain de maïs collé entre vos sourcils fraîchement épilés en réunion de direction. Mais je m’égare. Donc hier, je suis en train de pianoter sur internet pour trouver des éléments de réponse sur le fourrage immonde des mooncakes, quand j’entends trèèèès très loin (dans les limbes de mon cerveau ?) un appel insistant. Maaaarie. Maaaaaaaaaaaaaaarie. Marie !! Je ne savais pas que Jeanne D’Arc cherchait des émules parmi les étudiants ?!?? Je m’apprête donc à me tondre la tête en soucoupe capillaire et à me tailler une robe de bure dans mon dessus de lit, lorsque la topographie  de mon appartement me sauve la vie : pour atteindre la salle de bain, je dois passer devant le balcon, et là j’aperçois au sommet du building d’en face 4 ou 5 têtes d’épingles qui agitent leurs petits bras en criant Marie. Sacrebleu, Dieu me laisse un répit pour bouter les Allemands hors de Majorque, c’est fort urbain, j’ai un stage à finir. Passé un sursaut de surprise – je vous rappelle que je ne connais PERSONNE dans ce building, ni dans cette ville - et après avoir constaté que mon ouiiiiiiiii ? n’était pas capté par les oreilles de mes fans (lol), je décide de quitter le balcon et que l’option robe de bure peut être une activité sympa de lundi après-midi. Un coup frappé à ma porte interrompt ma créativité. Simone, la Chinoise la plus cure-dent de Chine, est porteuse d’une invitation à aller prendre le café chez un Français qui habite dans cet immeuble depuis 10 ans – la stature du Géant Vert avec la tête de Robert Hue, vous visualisez ? Bon, let’s go Simone (elle a les joues bien rouges, le déjeuner a dû être bien arrosé uhuh. D’ailleurs on s’est trompés deux fois d’étage). On entre chez Jacques pour y trouver 6 ou 7 expatriés, espagnol, italien, anglais, indien du Chiapas et un petit français en stage dans l’usine de Jacques. Le café est très sympa – oui, un café peut être buvable ET sympa - ça parle dans toutes les langues, même celle du baby teckel que j’avais pris pour une saucisse échappée du plat. Jacques est un personnage hors du commun, en tant que premier occidental à avoir pénétré la région, il connaît le district de Gaoming comme sa poche – district qui couvre une superficie de la taille de la région parisienne jusqu’en Seine et Marne – et d’ailleurs cherche à convaincre les autorités du coin de sauvegarder le patrimoine notamment par la construction d’un musée de la vie quotidienne du siècle dernier. Petit cours pratique : on se balade tout l’aprem entre expo de photos de Gaoming, atelier de peintre calligraphe, fouilles archéologiques découvertes sur le tracé d’une autoroute hors de la ville. J’apprends également des choses surprenantes, au hasard : il y a un village dans le centre de la Chine dont les villageois sont persuadés d’être les descendants de guerriers gallo- romains. Certains enfants naissent encore blonds, ils n’ont pas le faciès chinois, c’est vrai que ça prête à confusion dans un pays où pour devenir blond, il faut rester 12 semaines dans de l’eau oxygénée. (Après analyse de l’ADN, il se trouve que ce sont plutôt des gènes turcs qui coulent dans les veines de ces villageois – un turc en visite dans les anciens temps a certainement voulu poursuivre plus avant ses études anthropologiques et se .. hum.. développer localement. Bouh le turc qui a fauté !) Sinon, il y aurait 200 à 250 prostituées dans mon immeuble. Autrement folklorique comme nouvelle, mais ceci explique pourquoi quand je sors après 19h30, j’ai l’impression d’évoluer dans une boîte à StripTease des bas-fonds de Shanghai. Bref, une journée riche en enseignement.

 Je crois qu'A Qin est persuadée que je parle aux animaux; c’est gênant. Dans le bus qui nous amène à Longjiang, j’avise une poule qui me regarde d’un œil torve. Ladite poule se trouve la tête à l’envers, portée dans un sac plastique à anses dont on troué le fond pour laisser passer la tête. En fait elle se mange les pavés à chaque fois que sa propriétaire fait un pas – la chinoise n’est pas grande. D’où, aigritude de la poule.  Donc je lui fais coucou pour la dérider, et je dis à A Qin d’un air pénétré «  ca fait 5h qu’elle est dans se sac, elle dit que ça lui pompe le sot-l’y-laisse de voyager la tête en bas ». « Ah parce que tu parles aux poules toi ? » ; Moi, bêtement, je continue à plaisanter «  yes, j’ai même réussi à faire comprendre aux blattes de mon armoire que je préférais qu’elles colonisent l’étagère des chaussures que celle des T-shirts. » Et là elle me regarde bizarrement et elle fait « wow ». Puis elle regarde la poule, et lui demande si « ca va ». Là, j’ai eu une goutte de sueur dans le dos.

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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 07:07

J’ai acquis hier mes lettres de noblesse de Reine de la Nuit du Guangdong. Trois heures à suer sang et eau pour trouver dans la liste de chansons, soi-disant monstres musicaux connus comme le loup blanc dans tous les karaoké du monde – ils n’ont pas l’air de savoir que le karaoké est un martyre tout spécialement chinois, God bless us – un titre qui me dise quelque chose. Au choix :  I believe I can fly, adjoint de High , ce qui nous fait donc  I believe I can fly high . Et ben ça, je connais pas. Ou encore My heart will go die. Dans mes souvenirs scolaires, des adolescentes éplorées (Leonardo pûûrkoa le bouuuuc, t’es déjà pas gâté par la nature alors le bouc !) par le naufrage d’un bateau pas très dégourdi chantaient  My heart will go on … and die, soit, mais ce n’est pas dit dans la chanson. Trop risqué, je passe la lettre M. Je tombe enfin sur Hotel California , sans adjonction de mot incongrue. Mais avant d’avoir pu me dire « ah ben Marie enfin te voilà en terrain connu », suivi de «euh…si tu cliques, tu chantes » , mon regard me trahit : cet infime soupçon de lumière qui crie eurekâ je reconnais cette chanson ! n’est pas capté par l’œil d’un borgne, mais par celui de 30 chinois qui me sautent alors au beignet pour que je les transporte dans les canyons désertiques du désert Eagles…

 Petit flash back, version mise en abyme: Je suis au karaoké sur une aimable invitation d’A Qin, qui fête le National Day avec une trentaine de ses classmates de mid-college qu’elle n’a pas vus depuis 6 ans. Ambiance surréaliste : comme les salons privés sont plongés dans la pénombre et que visiblement, Le Jeune chinois change beaucoup entre son mid-college et ses 20 ans, ça donne des scènes très cocasses de gens qui ouvrent avec appréhension la porte du salon, glissent un œil, essayent de reconnaître des gens, hésitent, repartent et finissent par revenir confus et se terrent dans un coin. Ajoutez à cela que lorsqu’un groupe de chinois décide de se la coller dans un salon privé, ils ne s’informent pas entre eux du numéro du salon, donc ils doivent s’enfiler tous les salons privés sur 3 étages pour retrouver leur tribu. Qui souvent ne l’a pas attendu pour honorer le stock de bière. La tribu de classmates ainsi réunie est assez hétéroclite, mais représentative de la génération chinoise que j’ai connue ici : les filles prostrées dans un coin, l’air ennuyé, ne parlant pas entre elles mais serrées comme des oisillons hors du nid. Les garçons de l’autre hurlent à la mort en se trahissant aux dés, et en prenant leur tour au micro pour s’époumoner d’une voix de fausset sur les plus belles chansons de lover d’un Cabrel sinisant. Remarquable moustache que surplombe un paillasson St Maclou en poil de cheveu, tu me fais réver… Pour ma part, je joue à qui perd boit son verre avec A Qin et un de ses potes, un grand chinois maigre à la coupe longuement effilée, très marrant au demeurant, qui me dépasse d’un centimètre – je sens à son soupir de soulagement qu’il a du parier qu’il mangerait un rat si une fille le dépassait en taille ; la honte. Quand j’apprend qu’il joue de la guitare et de la batterie, et qu’il chante dans un groupe, je tiens ma victime : toi, tu chanteras avec moi Hotel California sinon la prochaine fois je mets des talons. En plus c’est le seul de la bande qui ne chante pas faux, remarquable rareté génétique à exploiter à fond.

 On a passé le reste de la soirée à dénicher les perles de la liste maudite des chansons anglophones. J’ai ainsi appris aux chinois à chanter en miaourt, c’est utile quand on veut chanter anglais mais qu’on ne maîtrise pas la langue. Un nouveau monde s’ouvre à eux, ils vont pouvoir explorer ce répertoire sur lequel leur doigt passait en tremblant, la rubrique « english » attirante et redoutée. On ne va pas mettre de culotte aux mouches, ok on ne comprend rien mais pour toi public tu peux suivre les paroles sur l’écran tandis qu’une chinoise années 80 parcourt le décor en carton pâte en forme de littoral californien. Bref, je suis une reine de la nuit, facon Régine sans les trois poils rouges capillaires, le crayon suboculaire et les lèvres en airbag dégonflé. La classe.

 

 

 

 

 

 

 

 PS : Trent je te préviens d’avance qu’il n’y a pas moyen que j’approche mes lèvres ni même mes omoplates du micro du Curtayn. Si ici le karaoké est une institution, je ne connais rien de plus glauque que le karaoké français où une pauvre âme meure vocalement sur Pretty Woman tandis que Dédé déguste son andouillette rôtie au saindoux ou son nem de poulet en plastique dans la version restaurant chinois.

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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 15:01

            

 

                                                             

 

-          A Qin, je croyais qu’on attendait le bus ?

 

-          Yes.

 

-          Beh, euh, là on attend le euh… rien ? Il va à Gaomin aussi le Rien ?

 

-          No, look, the bus stop is here

 

-          Ah ben oui suis-je greluche… c’est joli cet arrêt dans les buis, comme ça, on dirait que c’est pensé pour, didonc !

 

A ma décharge, en ce vendredi soir, l’air est tellement épais de pollution que le bus aurait pu arriver déguisé en lapinou Playboy, je ne l’aurais pas remarqué. A sa décharge, le bus s’arrête n’importe où. D’ailleurs en rentrant ce soir, il a fait un détour par la guillerette borne SINOPEC, le Total du coin, pour une petite demie heure de plein et de dégustage de griffons de poulet à bouilli l’huile – sous vide. Voilà pourquoi il n’y a pas non plus d’horaires sur les arrêts de bus-buissons, ça servirait à peut près autant qu’une barette fantaisie  sur le crâne de Giscard.

 

 

-          Marie, on prend une moto jusqu’au bus. Tiens celle-là, je prends l’autre.

 

-          Ouaiiis, une moto. Ni Hao monsieur, avance toi que jm’installe derrière. AAAAÏÏÏÏIIIIE mais t’es pas bien sous ton casque toi !!!! (Trop tard, il n’entend plus rien il est déjà branché radio bitume)

 

-          Fais attention c’est peut-être chaud

 

-          Merci du conseil ; on se la refait chronologique façon « le jour sans fin » que je recommence ça bien ? (sous entendu : avec clâsse) 

 

Quand tu enfourches une moto un vendredi soir étouffant de pollution et de lassitude de fin de semaine, tu dois t’attendre à ce que celle-ci ait surchauffé toute la journée, et que par conséquent si tu avances ton frais mollet caramel (jamais réussi à me blanchir les mollets, A Qin ma dit que si , on peut, je demande à voir, y’a peut être un Prix Nobel de Chimie à la clef) près du pot d’échappement, tu auras le du mal à réprimer le cri primal du caniche tatoué aux armes de sa mémé, et l’odeur de cochon grillé qui l’accompagne. Une fois sur la moto je me morigène en mon for intérieur (oui je me parle - mais il n’est pas précisé que je m’écoute). A ma grande honte, j’ai refait la même bourde à la descente, je vous avais dit que j’étais pas finie de ce côté-là ?

 

 

-          Marie, j’ai débranché le frigo au Ming Can Tchang, y’avait rien dedans.

 

-          …… uhhhhhhhhh, si, du comté. Une lichette.

 

-          Ah ben je l’ai pas vu, désolé.

 

-          Rhôô,c’est pas grave, une lichette de comté c’est pas bien méchant, ça va se bonifier.

 

Pour ta gouverne à toi, public, jamais à l’abri d’une inadvertance, une lichette de comté c’est nucléaire. Ca te colonise un papier censé résister au pire fromage - celui qui marche tout seul tellement il refoule (des noms ! des noms ! Livaro ?), ça t’habite le moindre espace d’oxygène du frigo, et quand tu finis par ouvrir celui-ci avec la naïveté d’un âne qui n’a jamais été soumis à la carotte, ça te hurle à la figure « Pourquoi t’as fermé la lumièèèèèèèèèèèèèèèère ? ». Bref, lichette ou pas, n’oublie jamais que le meilleur ami du fromage, c’est le froid. Sur ce, je vais désinfecter l’appartement, et rassurer le voisin qui hurle que, ça y’est, la Corée du Nord maîtrise l’arme bactériologique absolue, je te l’avais dit bobonne, la guerre est déclarée.

 

 

-          Bonjour, je voudrais une pomme s’il vous plaît madââme. Oui, le truc vert là. Oui je SAIS c’est pas une pomme mais bon, mon vocabulaire manuel a du mal à établir un distinguo entre toutes les variétés de pommes des Tropiques. Et du raisin aussi.

 

-          Y’en n’ a plus, je vous le mets ?

 

-           ?? du plus ? allez zou, (et vous me le faites à combien ?).

 

Le Chinois ne perd pas la face, quand y’en a plus, y’en a encore, et quand t’en reveux, ben y’en re-n’a. Alors ne vous aventurez pas à demander quelque chose qui manifestement n’existe pas, là je m’en suis sortie assez rapidement, mais on relate des cas où l’on poussa l’obligeance jusqu’à aller chercher l’article dans la ville voisine. Attendre 1h30 pour une pomme à un comptoir parce que c’est l’heure où les artères bouchonnent, c’est ballot.

 

Sur ce, je m'en vais acheter de la peau de mollet.

 

 

 

 

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 03:34

 

                                                                                                                                                                                                     Je suis maintenant pourvue , grâce à mes 23 années passées sur terre à saouler les gens ... d'un appareil photo bionique et ultra performant (les gens qui ont pensé à "cerveau" ou "gentillesse" après avoir lu le début de ma phrase sont gentils de sortir, en rang, par la porte du fond. C'est pas encore pour cette année, désolée). C'est rentable en fait, quand on y pense. Si je suis encore chiante un peu longtemps, je peux avoir une villa avec piscine vers 40 ans?(Je demande au cas où hein, ce serait bête de louper une occasion pareille).Mais si je vous raconte ma vie technologique - soyons honnêtes, ça n'interesse que les gens en stage à qui on a demandé de "trier la base clients dans l'ordre inverse de l'alphabet, après avoir vidé la corbeille du couloir" - c'est pour expliquer que si il n'y a que 3 photos, c'est pour sauvegarder mes derniers cheveux. Des photos de 1Mo chacune, c'est une voie d'accès rapide vers la folie démente - et la chauve attitude. Donc vous avez là un aperçu rapide de mon 2e anniversaire, avec le hachoir-sabre à lame double de samouraï pour couper le gateau , la dégustation dudit gateau avec des baguettes (un goût incomparable, des miettes partout dans mon noeil) et les piments devant Ellen parce que le gateau n'en contenait pas assez (en fait, pas du tout). Le salon du restaurant s'appelle "France", d'où les ogives arabisantes du décor. Logique géographique chinoise, je sais, je ne veux pas de questions , moi non plus j'ai pas compris. Je ne veux pas non plus de réflexions sur la date des photos, je n'ai pas encore eu de temps de sieste d'usine pour me plonger dans le manouel :) 

Remarques diverses: Peter au fond est debout, pour info, non non il n'est pas assis. Il est juste petit :)

Les chinois ne savent pas dire mirabelles, et comble de l'impudence, pensent que c'est du raisin. Si au 7 rue du lac notre mirabellier se petit-suisside en sautant à l'aveugle dans les thuyas , merci de lui pourvoir une cellule de soutien psychologique. En même temps ils ne savent pas non plus dire Bernard - j'ai jamais essayé bernard l'hermite, mais ce serait peut être le premier cas d'entorse de langue, et la médecine chinoise n'a pas de racine ancestralement amère pour la remettre dans le bon sens.

Voilà.

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 16:43

 

Ddddringggg. Drriinng. Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing (persistance d’un son irritant dans un rêve = oui, oui, ce son existe vraiment). J’ouvre un œil, il est 2h06. Que quelqu’un me téléphone dans ma chambre, en pleine nuit, au sommet de l’hôtel perché sur les hauteurs  de Gaoming n’est PAS répertorié dans les choses censées se produire un dimanche. Je décroche à la millième sonnerie (le Chinois est persévérant), tente un « Weeeeiiiii *? » d’une voix croassante, ce qui déclenche un flot de paroles incompréhensibles, que je clos d’un « Meïo* » ferme et définitif, je raccroche. 2h07 : drrrrrrrinnngggg. Ahem. Quelqu’un se fiche de ma poire. « WEEEIIIII ? » Et là, voix incrédule de Bernard : « Marie ? C’est toi ? J’y crois pas elles ont appelé TA CHAMBRE? ». Oui, et d’ailleurs il est 2h12, et je me rendormirai jamais de ma vie, merci. Les réceptionnistes unilingues de l’hôtel ont enregistré deux occidentaux (record 2006 de fréquentation de géants pâles sudipares), et de leur logique bon enfant de filles qui croient que Condoleeza Rice c’est une marque de riz américain, en ont déduit qu’ils partageaient la même chambre - on n'a pas élevé les brebisss salsakiss ensemble quand même, c'est un comble ça. Bernard a mis 40 min à avoir une chambre, au final, bien fait, c’est le temps que j’ai mis à me rendormir. Lendemain, 9h43 : Ding dong. « Va te faire baptiser chez les mormons j’ai jamais demandé de room service ! ». Ding dong. Lassitude. Je cède. Le groom me présente un bonjour exquis assorti d’une clé d’hôtel pour la 5412. Pas de bol,  moi c’est la 5403, je bouge pas. Le groom repart déconfit, je n’ai rien compris, lui non plus. C’est beau le repos dominical. (En fait c’était re-un coup de La Banane qui avait demandé le transfert de ses valises). Pour me venger j’ai ébouillantifié un moustique dans la douche (uhuhuh).

J’ai un peu le « dimanche matin maudit » ici, jamais réussi à faire la grasse matinée. Un coup c’est China Telecom qui me tire du lit à l’aube « Bonjour, Appartement 19A ? Oui ? Eh ben je suis là dans 5 min ». Un autre c’est la femme de ménage qui veut laver mon balcon. Bref, le Chinois a le dimanche actif, et la Mouette le dimanche résigné. J’ai même établi un parcours jupe-brosse-dentifrice-clef de la porte d’entrée, qui n’excède pas 9 secondes ( record à battre, je m’améliore chaque dimanche).

 

 

 

 

Après avoir tenté toutes les configurations de branchements électriques qui me permettent d’avoir à la fois MTV, mon MSN, mon portable en chargement et la fontaine d’eau chaude pour le thé-qui-va-bien-avec-les-Ban-Bao-fourrés-à-la-pâte-de-haricot-rouge - ce qui donne un peu l’allure d’une planque de KGB à ma magnifique chambre d’hôtel (pauvre groom) – je trouve le réseau parfait, mais bon, il est midi. La mauvaise nouvelle c’est que c’est l’heure du check up, la bonne c’est qu’ils m’ont oublié la connexion dans les charges. Après déjeuner, on crapahute dans tout Gaoming pour trouver qui des chemises blanches, qui des Sony T5 (vous avez dit hétéroclite, bien vu. Vous venez de gagner un autocuiseur portemanteau.) . Bilan de l’exploration : Si la mode chinoise est … particulière, la non-mode des boutiques cachées dans les centres commerciaux est à pleurer de déprimitude: deux chemisettes en moiré fleuri se battent en duel au dessus d’un portant de blouses mémères en synthétique marron et gris, alors que la caissière fabrique en piochant à la pipette dans des fioles de jus troubles de quoi créer des parfums qui tuent (au sens propre). L’absence de goût devrait être passible de prison. Mais bon déjà qu’il n’y a pas grand-monde le dimanche sur la place gallo-romaine à colonnes corinthiennes de Gaoming – bientôt classée au patrimoine mondial des monuments incongrus -, si on emprisonne tous les gens mal-habillés, on va se mettre à parler aux blattes pour meubler les silences. C’est d’ailleurs de cette place qu’on atteint l’hôtel le plus vide du monde, mais qui a l’immense atout d’offrir un bowling, activité de fort bon aloi pour meubler un dimanche finissant. Toutes les entrées mènent à des halls vides et sombres, en explorant les couloirs on réveille une femme de ménage en gants de latex qui ameute un garde, qui nous fourre dans l’ascenseur pour le 3e étage. Les pistes de bowling sont plongées dans la pénombre, et une chinoise en uniforme se fossilise derrière le comptoir. Peu désireux de déclencher un sons et lumière brutal, qui s’avérerait mortel pour la pauvre enfant, nous jetons notre dévolu sur le billard. Durant 2h, au seul étage animé de l’hôtel se déroule un bowling délirant : calculs de cosinus et techniques du dragon, ponctués de verres de thé obligeamment remplis par le groom ravi de servir enfin à quelque chose, c’est un peu la fête des boules. On déplore 45 occasions manquées et coups foireux du côté de La Mouette ; mes 2 collègues sont bien plus doués , mais je parviens à placer la dernière, l’honneur est sauf. La partie terminée, l’hôtel replonge dans sa torpeur. On ressort après des kilomètres de couloirs par une porte dérobée de la façade ouest, on retombe sur le même garde assis qui doit nous prendre pour des fous.

 J’ai mangé au KFC pour la première fois de ma vie, ben ça casse pas 3 pattes à un canard laqué. Mention spéciale à la purée au poivre du Sichuan qui m’a définitivement pyrolysé la luette (violemment, mais toujours dans une dynamique de service, dirait Mr Bonvalet). Dans la voiture qui me ramène à Longjiang, le chauffeur, après avoir vérifié ma clim, reculé mon siège, attaché ma ceinture, me passe les plus belles chansons d’amour de France. C’est la Tour Eiffel qui m’a mise sur la voie, parce que la 1ère chanson, la Vie En Rose, ressemble à peu près à ca : « pou m’emppppooorte si teu m’immmeuuuu, Dou rouniis ceu késséééééEEEEEMMEUUUU ». Déjà qu’en français Edith Piaf me déchausse les dents, làl ’interprète chinoise a réussi l’exploit de déplacer mon cerveau au niveau de mon foie (les parois stomacales sont plus insonorisées que la boîte crânienne paraît-il.) Mais bon, la campagne chinoise de nuit, sur des reprises de classiques français (Dieu nous z’aide), ça vaut son pesant de cacahuètes. L’activité incessante, la route blindée de cyclomotoristes fous, les réunions de chinois accroupis devant les phares de leurs véhicules, les petits bouis-bouis ouverts jusqu’à pas d’heure, c’est là que je réalise que je pars dans moins de 3 semaines et que j’ai intérêt à profiter.

 

 

*Allô ?  * Mais non. (ton lénifiant).

 

 

 

 

 

 

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